Maroc

Lancement à Taounate d’un projet pilote de généralisation du compost.

Un projet pilote de généralisation de la pratique du compost a été lancé mercredi à Taounate, dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Compostons ensemble ! », porté par le consortium TARGA–AIDE, en partenariat avec l’ONG italienne CEFA et l’Agence de développement agricole (ADA). Ce projet couvre 22 communes rurales dans les cercles de Taounate et Ghafssay et prévoit notamment la production annuelle de près de 120 tonnes de compost de haute qualité et l’intégration de 20 coopératives agricoles dans la chaîne de valeur.


Un projet pilote visant à généraliser la pratique du compost a été lancé mercredi à Taounate. L’objectif est d’assurer une meilleure conservation du sol et de l’eau tout en promouvant l’emploi en milieu rural. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Compostons ensemble ! », qui est porté par le consortium TARGA–AIDE, en partenariat avec l’ONG italienne CEFA et l’Agence de développement agricole (ADA), avec le soutien financier de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (AFD).

Ce projet s’inscrit dans une dynamique de promotion de l’agroécologie, de gestion durable des ressources naturelles et de développement d’opportunités économiques et d’emplois verts en milieu rural à travers la valorisation du compost. Lors de l’atelier de lancement, l’accent a été mis sur l’importance de l’implication et de l’adhésion des acteurs institutionnels, techniques et territoriaux impliqués, ainsi que sur l’amélioration de la communication et la compréhension commune des diverses composantes du projet. La création de synergies, de complémentarités et de mécanismes de coordination territoriale entre les parties prenantes a également été soulignée.

Les partenaires ont insisté sur l’importance d’une meilleure appropriation du projet par les acteurs locaux et institutionnels, ainsi que sur la nécessité d’une vision claire et partagée des actions similaires ou complémentaires menées dans la zone d’intervention par les différents acteurs, qu’ils soient publics, associatifs ou coopératifs. Pour Hassan Bourarach, du consortium Targa, ce projet couvre 22 communes rurales dans les cercles de Taounate et Ghafssay. Il favorise la participation des femmes et des jeunes dans le développement de l’agroécologie et la transformation des déchets en fertilisants biologiques.

« A travers une série d’activités, notamment des agroécoles dans les champs, nous proposons un accompagnement des agriculteurs pour promouvoir l’agriculture écologique, en veillant à la fois à la préservation de l’environnement et des moyens économiques des agriculteurs, tout en prenant en compte leurs besoins », a-t-il déclaré à la MAP. Il a également indiqué que, parmi les autres actions, le projet prévoit le développement d’une station de traitement des déchets pour produits des biofertilisants, l’amélioration des pratiques écologiques et le financement d’une dizaine de projets portés par des jeunes de la province.

« Cette expérience pilote implique la société civile dans l’agroécologie et favorise des pratiques innovantes et durables de préservation du sol et de l’eau », a ajouté Mustapha Mghari, chef de service de la valorisation des chaînes alimentaires à la Direction régionale de l’agriculture Fès-Meknès. Il a noté que l’objectif est de préserver à la fois les ressources naturelles et la diversité biologique, tout en améliorant le revenu des agriculteurs et en renforçant la sécurité alimentaire de la région.

Selon lui, le choix de l’agriculture écologique est stratégique, surtout dans le contexte des changements climatiques, car il répond aux défis environnementaux et économiques actuels. Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Génération Green sur les plans régional et provincial, en renforçant la structure de commercialisation des produits agricoles et en promouvant le leadership des affaires dans le monde rural ainsi que des initiatives économiques locales.

Concrètement, le projet vise à produire près de 120 tonnes de compost de haute qualité par an, à créer des micro-unités de valorisation du compost dans chaque collectivité territoriale ciblée, à adopter des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l’environnement et à renforcer les capacités locales, notamment par la pérennisation des formations et la mise en œuvre de pratiques agricoles écologiques.

Parmi les résultats attendus, on compte également la réduction de l’utilisation d’engrais chimiques et d’irrigation au profit de solutions biologiques alternatives, la sensibilisation des acteurs locaux à l’importance de la gestion durable des sols et des ressources naturelles, l’intégration de 20 coopératives agricoles dans la chaîne de valeur, le développement de partenariats stratégiques pour la distribution et la commercialisation du compost, l’amélioration des revenus des femmes et des jeunes en situation de précarité, et la création d’un système local intégré autour de la production et de la distribution du compost. Des recommandations opérationnelles ont aussi été formulées pour renforcer l’impact territorial, environnemental et socio-économique du projet et stimuler des dynamiques locales de coopération autour de l’agroécologie, du compostage et de l’économie verte.