Belgique

Gouvernement bruxellois : qui sera présent, Bouchez, Lalieux, Kazadi, Van den Brandt ?

Le gouvernement bruxellois est composé d’un ministre-président, qui revient au premier parti, le MR, et de quatre ministres : deux francophones et deux néerlandophones. La loi impose que les ministres soient domiciliés en région bruxelloise au moment de l’installation de ce gouvernement.

Structure du gouvernement bruxellois

Le gouvernement bruxellois est constitué d’un ministre-président issu du premier parti, le MR, et de quatre ministres répartis entre deux francophones et deux néerlandophones, en fonction des résultats électoraux. Le PS et Les Engagés pour le camp francophone, et Groen et Anders pour le néerlandophone, disposeront chacun de leur propre ministère.

En outre, trois secrétaires d’État seront nommés par leurs partis : deux francophones, un représentant du MR et un du PS, ainsi qu’un néerlandophone de Vooruit. Il est important de noter que le gouvernement doit respecter la parité, garantissant qu’au moins un tiers de ses membres soient de chaque sexe, tant globalement que dans chaque groupe linguistique.

Concernant la distribution des compétences qui se déroulera ce vendredi matin, chaque parti sélectionnera à tour de rôle un ensemble de compétences, en commençant par celui ayant obtenu le meilleur résultat lors des élections régionales de juin 2024. Ainsi, l’ordre devrait être : MR, PS, Les Engagés, Groen, Anders et Vooruit, avec un second tour pour le MR et le PS qui peuvent chacun obtenir une deuxième fonction. Toutefois, cette tradition peut parfois être ajustée selon les désirs des partenaires.

Au MR : à la recherche de la personnalité surprise

Le MR, comme à son habitude, est le lieu de suspense et d’incertitude. David Leisterh ne prendra pas le poste de ministre-président qui lui avait été promis pendant plusieurs mois, suite à son retrait de la politique régionale et nationale, malgré les récentes sollicitations de son président. Qui le remplacera alors ?

Plusieurs hypothèses émergent. Bernard Quintin, ministre de l’Intérieur, qui pourrait quitter le fédéral pour céder sa place à Georges-Louis Bouchez ? Bien qu’il se dise « flatté« , il ne serait pas nécessairement candidat. Éléonore Simonet, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME au niveau fédéral, pourrait également devenir la ministre présidente à 28 ans, devenant ainsi la première femme à ce poste, et ce, 22 ans après son père qui fut également ministre-président de la région bruxelloise pour le mouvement libéral ? Ce scénario, qui plaît à Georges-Louis Bouchez, devrait au moins retenir son attention.

Une autre option serait que Georges-Louis Bouchez, chargé de former ce gouvernement, prenne les choses en main lui-même ? La loi stipule que les ministres doivent résider dans la région bruxelloise lors de l’installation du gouvernement. Une rumeur court que Bouchez aurait déjà commencé les démarches pour déménager dans une commune bruxelloise, mais établir sa résidence dans une nouvelle commune ne s’opère pas du jour au lendemain…

D’autres noms circulent également : Valérie Glatigny, habitante d’Auderghem, actuelle ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, pourrait être envisagée, tout comme Yassine Rafik, un homme de l’ombre mais influent au sein du MR bruxellois sous David Leisterh, qui a été présent lors du conclave après avoir récemment intégré l’organigramme du mouvement réformateur.

Georges-Louis Bouchez a déclaré jeudi soir sur Jeudi en Prime : « Tout est possible, je n’ai pas encore pris ma décision ni pour le ministre-président ni pour le secrétaire d’État, car je dois observer l’évolution des événements. Tant que je ne vous l’ai pas communiqué, vous pouvez écrire tout ce que vous voulez, imaginer tous les scénarios, parfois, cela m’inspire. » Il est prudent de parier qu’il passera en revue ces suggestions avant de trancher.

En ce qui concerne les compétences, le MR aspirera, tout comme au fédéral et en Wallonie, à obtenir les portefeuilles clés de l’économie et de l’emploi, précédemment occupés par Bernard Clerfayt (Défi) dans le gouvernement précédent.

Au PS : Ridouane Chahid et Karine Lalieux ?

Pour le PS, cinq noms sont sur la table pour deux postes, avec une certitude : Karine Lalieux. Résidente de Bruxelles-Ville, âgée de 61 ans, elle est une figure de proue du PS bruxellois, connue pour sa proximité avec Philippe Close. Forte d’une expérience ministérielle en tant que ministre des Pensions de la coalition Vivaldi (2021-2024) sous Alexander De Croo, elle est attendue au gouvernement depuis les élections.

Posée en tant que ministre ou secrétaire d’État ? Ce choix dépendra d’Ahmed Laaouej, le chef des socialistes bruxellois, qui pourrait décider de faire le saut et occuper le poste de ministre. Ce scénario semble le plus probable.

Les compétences visées par le PS incluraient les Pouvoirs locaux et le Logement.

Aux Engagés, tout dépend d’Yvan Verougstraete

Yvan Verougstraete, ancien formateur et président des Engagés, est-il en lice pour devenir ministre ? Sa passion pour la politique bruxelloise est indéniable, mais d’autres considérations entrent en jeu. En particulier, son mandat de président de parti qu’il devrait abandonner pour assumer une fonction ministérielle. Ce serait le deuxième changement de présidence en un an aux Engagés, suite au départ de Maxime Prévot vers le ministère des Affaires étrangères.

Une alternative sérieuse pourrait être celle de Gladys Kazadi, figure éminente du mouvement centriste, députée bruxelloise depuis 2019, et élue dans le nord-ouest de la capitale où Les Engagés ont plusieurs bourgmestres et échevins. À 31 ans, cette ancienne championne d’athlétisme deviendrait la plus jeune ministre bruxelloise de l’histoire, un choix qui semblerait pertinent étant donné sa participation à l’intégralité du conclave.

Peu de suspense côté flamand

Du côté néerlandophone du gouvernement, le choix des candidats devrait être plus aisé. Elke Van den Brandt (Groen) a confirmé ce vendredi matin sur RTBF – La Première qu’elle se présentait pour le poste de ministre de la Mobilité, qu’elle occupe déjà depuis 2019.

Du côté d’Anders, Dirk De Smedt, ministre des Finances depuis octobre dernier et acteur clé de l’accord gouvernemental de ce jeudi, devrait également rester à son poste.

Quant à Ans Persoons (Vooruit), actuelle secrétaire d’État en charge de l’Urbanisme et du Patrimoine dans le gouvernement Vervoort, elle continuera dans ses fonctions. Ses compétences en urbanisme sont néanmoins contestées par d’autres partis.

Le cd&v, qui a participé aux négociations et a fait approuver l’accord par ses instances, n’obtiendra pas de poste ministériel ou de secrétaire d’État, mais son représentant Benjamin Dalle sera tout de même « régulièrement invité au gouvernement », sans précisions quant aux modalités. En contrepartie, le cd&v pourrait hériter d’une position importante comme la vice-présidence du parlement bruxellois ou la présidence de la commission communautaire flamande (VGC).