Sophie Adenot vers l’ISS : 16 couchers de soleil par jour.
Sophie Adenot, la deuxième astronaute française à rejoindre l’ISS, a exprimé être « sereine » avant le décollage, après trois années d’entraînement intensif. Parmi les plus de 200 expériences qu’elle mènera, plusieurs portent la signature belge et incluent une étude sur la condensation en microgravité, qui a des implications sur la gestion de l’humidité dans l’ISS et sur le fonctionnement des appareils sur Terre.
À quelques heures de son décollage, Sophie Adenot se dit « sereine » après trois années d’entraînement intensif. Deuxième astronaute française à rejoindre l’ISS, après Claudie Haigneré, elle réalise un « rêve de petite fille » qui l’accompagne depuis ses 14 ans, date à laquelle elle avait assisté au départ de sa compatriote en 1996.
## Un laboratoire orbital unique
La Station spatiale internationale, située à 400 kilomètres d’altitude, tourne autour de la Terre à 27.700 km/h, réalisant 16 révolutions par jour. Cette vitesse incroyable permettra à Sophie Adenot d’observer 16 couchers de soleil chaque jour, un spectacle exceptionnel qui témoigne de l’unicité de ce laboratoire spatial.
L’ISS n’est pas construite « pour le fun ou pour l’exploit », explique Maxime Deschamps de la politique scientifique belge. Elle constitue une plateforme d’expérimentations unique grâce à la microgravité, qui agit comme un « bruit de fond » sur Terre. En supprimant cette interférence gravitationnelle, les scientifiques obtiennent des observations plus pures et peuvent faire avancer la recherche de manière impraticable au sol.
## Cinq expériences belges dans l’espace
Parmi les plus de 200 expériences que mènera Sophie Adenot, plusieurs sont belges et illustrent parfaitement les retombées concrètes de la recherche spatiale.
**La condensation sans gravité**
La première expérience étudie la condensation en microgravité. Sur Terre, les gouttes de condensation tombent sous l’effet de la gravité, mais ce phénomène est absent dans l’espace. Cette recherche est importante car elle aide à gérer l’humidité à l’intérieur de l’ISS et améliore le fonctionnement des radiateurs de voiture, des climatiseurs et des pompes à chaleur sur Terre, selon Maxime Deschamps.
**Le cerveau en apesanteur**
Une expérience de l’Université d’Anvers, en collaboration avec l’ESA, la NASA et l’agence spatiale russe Roscosmos, analysera les modifications cérébrales de Sophie Adenot. Maxime Deschamps explique l’expérience : « En microgravité, le corps subit des changements similaires à ceux d’une personne dans le coma : les muscles s’atrophient, obligeant les astronautes à faire beaucoup de sport. Ces modifications physiques, combinées à l’isolement, induisent un ‘recâblage’ du cerveau que les scientifiques étudient afin de mieux comprendre ces adaptations neurologiques. »
**De l’espace aux nourrissons**
Une troisième expérience de l’ULB, déjà testée, met en lumière les retombées inattendues de la recherche spatiale. L’observation des fonctions cardiaques en microgravité a permis de développer un appareil capable de détecter des malformations chez les nourrissons sur Terre. Un exemple concret de la façon dont « la médecine spatiale a aidé la médecine sur Terre », explique Maxime Deschamps.
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## L’après ISS
Alors que l’ISS doit être démantelée vers 2030-2031, plusieurs pistes se dessinent pour l’avenir. Les projets lunaires du programme Artemis, les initiatives du secteur privé et d’éventuelles nouvelles stations spatiales annoncent un avenir spatial « très excitant », bien que les contours demeurent flous.
La mission de Sophie Adenot rappelle que l’exploration spatiale n’est plus seulement une aventure humaine extraordinaire, mais un outil scientifique indispensable dont les retombées bénéficient directement à notre vie quotidienne sur Terre.

