« Une famille franco-canadienne séquestrée à Zanzibar : soulagement d’être en vie »
Arnaud et Andréa, un couple franco-canadien originaires du Sud Gironde, ont été victimes d’une violente agression à Zanzibar le 13 novembre. Le préjudice subi par le couple, incluant le vol de téléphones et de matériel électronique, est évalué à environ 13.000 euros.
L’île de Zanzibar est une destination prisée qui n’est pas considérée comme à risque pour les touristes. C’est pourquoi Arnaud et Andréa, un couple franco-canadien, ont décidé de témoigner publiquement de la violente agression dont ils ont été victimes sur place. Originaires du Sud de la Gironde et résidant au Canada, ils ont quitté Montréal en juillet dernier pour entreprendre un tour du monde avec leurs enfants, âgés de 7 et 9 ans.
Initialement intéressée par l’Afrique du Sud pour y réaliser un safari, la famille change de destination pour Zanzibar, en raison de préoccupations liées à la sécurité. Ils passent deux semaines « idylliques » sur l’île, profitant des plages et des petits villages, d’après Arnaud, et sont bien accueillis par la population. Le couple se lie d’amitié avec un chauffeur de taxi qui leur propose un tarif intéressant. « Il est courant d’aller à la rencontre des touristes pour leur proposer des activités et des courses en taxi », précise Arnaud, qui a précédemment voyagé en famille en Égypte et au Maroc.
Le 13 novembre, lors de leur transfert entre deux hébergements, leur contact se présente avec un autre homme dans un « taxi blanc officiel, typique de Zanzibar », précisant Arnaud. Bien qu’il ne soit pas inquiet, il prend la précaution de vérifier en temps réel la direction sur son téléphone. Pendant le trajet, le chauffeur leur annonce qu’il va récupérer deux collègues avant de les déposer à l’agence de voyages où ils travaillent. Arnaud ne s’inquiète pas, considérant cela comme une pratique habituelle en Afrique. Cependant, la situation se complique lorsque le taxi change de direction en prétextant vouloir éviter le trafic et s’arrête dans un petit chemin boisé.
« J’avais un homme de chaque côté et ils m’ont pris par les bras. Notre contact, le seul qui parlait et semblait être le chef, nous a dit qu’il était de la mafia et que tout se passerait bien si nous cooperions », raconte Arnaud. Ils réclament de l’argent, et le couple ne résiste pas, leur fournissant tout ce qu’ils veulent. « Je n’allais pas essayer de faire le héros », estime Arnaud. Les agresseurs prennent alors toutes leurs cartes de crédit et « le chef » se rend retirer de l’argent dans le village le plus proche.
« Ça a duré très longtemps, c’était très angoissant », se remémore le père de famille. À l’intérieur du taxi aux vitres teintées, leurs agresseurs mettent le volume de la musique à fond pour étouffer d’éventuels cris et placent leurs gros sacs à dos devant eux lorsqu’un passant se présente. « C’était très organisé », souligne Arnaud. En incluant le vol de leurs téléphones et de leur matériel électronique, le préjudice s’élève à environ 13.000 euros.
Après avoir laissé la famille au milieu des bois, six heures après le départ de l’hôtel, c’est un « gros soulagement d’être encore en vie », souffle Arnaud. Sous le choc, ils font du stop jusqu’au village le plus proche et renoncent à l’étape initialement prévue, connue de leurs agresseurs, préférant retourner au premier hôtel où ils avaient séjourné. Heureusement, ils conservent leurs passeports et leurs cartes de crédit canadiennes (mais pas leurs cartes de débit) et organisent rapidement leur retour en France, le 16 novembre, en contactant leurs familles.
Ils ont déposé une plainte à distance en décembre. Trois mois après cette violente agression, la famille est toujours traumatisée et prend du temps pour poursuivre son tour du monde avant de rentrer à Montréal en juin. Elle ne souhaite pas que cet épisode vienne ternir son projet longuement mûri et se prépare à partir en Asie. « Le premier taxi qu’on va prendre, il y aura forcément une appréhension », confie Arnaud.

