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« Vos critiques sur les nouvelles conditions de voyage : terminés les USA ! »

Les voyageurs de 38 pays, dont la France, devront communiquer aux autorités étasuniennes cinq ans d’historique de leurs réseaux sociaux, leurs numéros de téléphone et leurs adresses mails utilisées au cours des dix dernières années. Selon une étude du World Travel and Tourism Council (WTTC) publiée le 28 janvier, « les Etats-Unis pourraient enregistrer environ 4,7 millions d’arrivées internationales en moins, soit une baisse de 23,7 % des arrivées en provenance des pays éligibles à l’Esta en 2026 ».


Les voyageurs originaires de 38 pays, y compris la France, qui souhaitent se rendre aux États-Unis devront prochainement fournir aux autorités américaines cinq ans d’historique de leurs réseaux sociaux, ainsi que leurs numéros de téléphone et adresses e-mail utilisés dans les dix dernières années. Cette mesure, qui devait être mise en œuvre dès le 8 février par l’administration Donald Trump, n’est pas encore approuvée, mais cela devrait se faire très bientôt.

D’après une étude du World Travel and Tourism Council (WTTC) publiée le 28 janvier, « les États-Unis pourraient connaître environ 4,7 millions d’arrivées internationales en moins, soit une diminution de 23,7 % des arrivées en provenance des pays éligibles à l’Esta en 2026 ». Avec ces nouvelles normes, 34 % des personnes interrogées dans cette étude affirment qu’elles seraient « moins susceptibles, voire beaucoup moins susceptibles, de se rendre aux États-Unis au cours des deux ou trois prochaines années ». 20 Minutes a interrogé ses lecteurs à ce sujet.

### « Perquisition » informatique

« Comment vais-je faire pour y aller sans devoir me « déshabiller » totalement ? », s’indigne Anne, dont une partie de la famille vit aux États-Unis. Avec ce nouveau système d’exonération de visa, cette habituée des voyages transatlantiques se dit « effrayée ». Étant absente des réseaux sociaux, ce sont principalement les données relatives à son adresse e-mail qui l’inquiètent : « Malheureusement, avec toutes ces nouvelles mesures, je ne pense plus y aller. C’est dommage ! »

Michele, de son côté, avait prévu un voyage à Seattle en juin, mais « découragée » par le nouveau protocole, elle a annulé ses vacances. Corinne partage le même sentiment. Après un premier voyage réussi à New York, elle souhaitait faire découvrir la ville à son compagnon. « Terminé les USA ! […] Tant que Trump est au pouvoir, c’est hors de question, et encore plus s’il faut désormais se « faire perquisitionner » informatiquement ! », affirme-t-elle, déclarant avoir désormais rayé le pays de ses destinations de vacances.

### Une politique sauce trumpienne qui ne passe pas

Si nombre d’entre eux considèrent cela comme une intrusion dans leur vie personnelle et numérique, d’autres sont tout simplement découragés par la politique dans son ensemble menée par le président des États-Unis. Lucien se dit « totalement opposé à l’administration Trump et ses pratiques », qu’il juge « totalitaires ». Employé dans une entreprise américaine, il refuse tout déplacement professionnel vers les États-Unis. Actif sur X et d’autres réseaux sociaux, il craint que son activité ne suffise pour l’empêcher d’entrer dans le pays. « Je ne veux pas tenter le diable », déclare-t-il. Une autre lectrice, Marie, abonde dans ce sens : « si le but c’est de vérifier que je ne like pas des contenus humoristiques qui se moquent de Trump, je serai refusée d’Esta quoi qu’il arrive. »

En douze ans, Julien a fait six demandes d’Esta. Marié à une Américaine, il rend régulièrement visite à sa belle-famille. « Pour ces raisons familiales […] je vais continuer d’essayer d’aller aux États-Unis. Mais je ressens incontestablement moins d’enthousiasme d’y aller dans le contexte actuel. » Ce quarantenaire qualifie cette collecte d’informations de « injustifiée » et « douteuse, compte tenu des liens de l’administration actuelle avec les réseaux sociaux et de sa relation à l’information en général. »

Si cette nouvelle mesure est mise en place, elle entraînerait également une hausse du coût de l’Esta, passant de 21 à 40 dollars, ce qui risque d’éloigner davantage les voyageurs. Selon l’étude du WTTC, « les pertes correspondantes en matière de dépenses touristiques sont estimées à 15,7 milliards de dollars » pour les États-Unis.