Belgique

Accord de gouvernement bruxellois : « l’urgence » reconnue par Georges-Louis Bouchez

Georges-Louis Bouchez (MR) a déclaré : « Tout le monde s’est rendu compte de l’urgence, Bruxelles était au bord du gouffre » en évoquant la fin de plus de 600 jours de crise durant le conclave. L’accord de gouvernement bruxellois prévoit « de voir comment empêcher institutionnellement ce genre de situations de se reproduire ».

« Toutes les parties ont compris l’urgence, Bruxelles était au bord du gouffre », a déclaré Georges-Louis Bouchez (MR), le formateur, en évoquant la conclusion, en trois jours, des négociations de la nouvelle majorité bruxelloise, mettant fin à plus de 600 jours de crise. Il évoque un sursaut de responsabilité des partis impliqués. Si l’atmosphère était légère à l’extérieur de la Fondation universitaire où se tenait le conclave, il souligne toutefois qu’« il n’y a pas de quoi se réjouir d’avoir connu une crise aussi longue » et qu’un des objectifs de l’accord gouvernemental est de trouver des solutions pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir.

Selon le président du MR, l’accord renferme beaucoup de propositions innovantes qui répondent aux attentes des citoyens. Il mentionne un nouveau plan de mobilité pour remplacer Good Move, ainsi qu’un tax shift avec le doublement de la prime Be Home, ce qui permettra de réduire le précompte immobilier, un retour à l’équilibre budgétaire prévu pour 2029, et une attention particulière portée à la propreté et à la sécurité à Bruxelles.

Le formateur a donné davantage de détails sur l’accord lors de l’émission Jeudi en Prime.

Jeudi en Prime – Georges-Louis Bouchez, formateur du Gouvernement bruxellois

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« Un projet ambitieux »

Yvan Verougstraete (Les Engagés) évoque un accord « sur un projet ambitieux que les Bruxellois attendaient depuis longtemps« . Il souligne également le sens des responsabilités des différents acteurs impliqués. « Ce n’est pas avec fierté, mais avec soulagement que je termine la journée« , a-t-il déclaré sur le plateau du Journal Télévisé. Il y a quelques semaines, le président des Engagés avait tenté de sortir de l’impasse sans le MR. « Cela a peut-être contribué à faire réaliser à chacun la gravité de la situation« , suppose-t-il dans son analyse. « Le MR a repris l’initiative à un moment donné, donc je les remercie. Je pense que c’est un travail de qualité qui nous a permis de nous unir« , a ajouté Yvan Verougstraete.

Cet accord va permettre à la Région bruxelloise d’établir un budget et de sortir des douzièmes provisoires. C’est également crucial pour plusieurs associations qui attendent des subsides. « Nous allons pouvoir créer de la stabilité, de la crédibilité et des perspectives. Quand vous ne savez pas si demain il y aura de nouveaux douzièmes provisoires, c’est insoutenable pour une association« , a-t-il insisté. En ce qui concerne les économies, elles seront réalisées par une restructuration de l’administration bruxelloise. « Certaines antennes vont fusionner car nous avons multiplié ces structures« , a-t-il précisé, tout en assurant qu »il n’y aura pas de licenciements« .

« Il y aura des efforts à faire »

Pour Ahmed Laaouej, le négociateur du PS, l’accord est « un projet ambitieux pour Bruxelles », qui est aussi « responsable » compte tenu de la conjoncture budgétaire difficile de la Région. « Des efforts devront être fournis. Nous avons souhaité que ces efforts soient équitablement répartis, sans nuire au tissu social et économique de Bruxelles, tout en tenant compte du secteur associatif et de la nécessité de maintenir des services publics répondant aux besoins de la population », a-t-il expliqué. « Ce n’était pas facile », a-t-il ajouté. C’est une « coalition de personnes de bonne volonté », a reconnu le négociateur socialiste.

L’exécution de la coalition proposée aujourd’hui avait déjà été envisagée auparavant. « Nous devons tirer les leçons de ce qui s’est passé. La situation était nouvelle, avec une fragmentation du résultat électoral, ce qui a rendu les choses complexes, surtout du côté néerlandophone. Cela pose évidemment question sur le mode de scrutin et l’organisation à Bruxelles », a admis Ahmed Laaouej.

Dans l’accord, il met en avant le financement des logements, le maintien des tarifs préférentiels de la Stib pour les jeunes et les seniors, ainsi que le maintien des allocations familiales et le doublement de la prime Be Home.

L’équilibre budgétaire en 2029

Du côté flamand, les libéraux d’Anders (ex-Open VLD), qui ont finalement accepté de se joindre à la majorité dans les derniers jours de négociations, expriment leur satisfaction. « L’équilibre (budgétaire) sera atteint en 2029 », se réjouit Frédéric De Gucht, le chef de file d’Anders. « Cinq points que nous avions avancés sont intégralement satisfaits », se félicite-t-il.

Ce dernier précise qu’il ne résume pas le travail réalisé en trois jours de conclave. « Il est crucial de reconnaître l’engagement de tous ceux qui ont œuvré durant ces 613 jours », souligne-t-il. « Au cours des trois derniers jours, nous avons conclu un accord ambitieux, favorable non seulement pour les Bruxellois, mais aussi pour les navetteurs qui se rendent à Bruxelles chaque jour ».

« Nous avons analysé les institutions et différents départements pour évaluer leur efficacité et comment remettre cette région sur les rails, que ce soit en termes d’organisation, de finances, de sécurité ou de propreté », a résumé Frédéric De Gucht. Concernant les économies à réaliser dans l’administration bruxelloise, il a également affirmé que « les licenciements ne sont pas envisagés ».

« Apaiser les rues, verduriser, mettre des pistes cyclables… »

Du côté du parti Groen, qui fait partie de la majorité flamande, un sentiment de soulagement se fait également sentir. Le formateur ayant précisé que le plan Goodmove serait remplacé, la responsable bruxelloise de Groen, Elke Vandenbrande, a mis en avant l’aspect écologique de l’accord. « Nous allons continuer à transformer cette ville. Après un long combat, nous avons obtenu de nombreuses avancées et j’en suis très fière. Nous allons continuer d’apaiser les rues, de verdir, d’installer des pistes cyclables et de veiller à ce que notre ville soit accueillante pour tous », a-t-elle déclaré à la sortie du conclave.

Le CD&V ne fournira aucun ministre ni secrétaire d’état

Le CD&V ne fournira aucun ministre ni secrétaire d’État au sein du nouveau gouvernement bruxellois. Cependant, Benjamin Dalle, qui a négocié pour le CD&V, affirme que son parti a eu une influence significative sur l’accord final.

« Je suivrai la mise en œuvre de cet accord depuis le Parlement bruxellois. En période d’austérité, il ne serait pas judicieux de créer des mandats politiques supplémentaires. »

Benjamin Dalle (CD&V) s’est dit « satisfait de cet accord solide ».

« Nous aurons un gouvernement énergique avec un accord solide. Une majorité a enfin été trouvée dans chaque groupe linguistique. Le sentiment d’urgence a été suffisant, et les deux plus grands partis, le MR et le PS, se sont mis d’accord. Nous avons conclu des accords pour une Bruxelles plus propre, pour lutter contre la crise de la drogue avec un nouveau commissaire régional. Nous devons nous attaquer sans délai aux préoccupations des Bruxellois. »