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Vélos électriques : Boston veut interdire leur usage aux livreurs

À Boston, le conseiller municipal Ed Flynn a déposé un projet d’ordonnance visant à interdire aux livreurs opérant via des applications tierces de livraison d’utiliser des vélos électriques, des cyclomoteurs ou d’autres scooters motorisés. La proposition de Boston s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement réglementaire autour des vélos électriques dans plusieurs États américains.


À Boston, un projet d’ordonnance, porté par le conseiller municipal Ed Flynn, vise à interdire aux livreurs utilisant des applications de livraison d’employer des vélos électriques ou autres véhicules motorisés. Cette initiative est motivée par des préoccupations liées à la sécurité dans un contexte national de durcissement réglementaire.

Selon la chaîne locale WCVB-TV, relayée par Electrek, cette proposition fait suite à plusieurs mois de signalements de résidents concernant des comportements jugés dangereux sur la voie publique.

Le texte de l’ordonnance affirme : « Presque quotidiennement, des habitants de la ville nous ont signalé que ces véhicules motorisés, capables de dépasser les 30 km/h, ne respectent pas le code de la route : ils circulent à contresens sur nos chaussées et nos trottoirs, roulent à vive allure, grillent les feux rouges et les panneaux d’arrêt, zigzaguent entre les véhicules aux feux rouges et représentent un danger imprévisible pour la sécurité des piétons. »

Ed Flynn critique également le modèle économique des plateformes de livraison, estimant que les entreprises « incitent les travailleurs à bas salaire à privilégier la rapidité à la sécurité afin de recevoir davantage de commandes ».

Cependant, le périmètre de cette mesure soulève des questions. L’interdiction ne s’appliquerait qu’aux livreurs utilisant des applications, tandis que d’autres résidents de Boston pourraient continuer à emprunter des vélos électriques. Les comportements évoqués dans l’ordonnance, comme le non-respect des règles de circulation ou les excès de vitesse, ne sont pas uniques aux livreurs, ce qui soulève des inquiétudes quant au ciblage spécifique de cette catégorie d’usagers.

Cette initiative suscite également des réticences auprès de certains habitants, car une part des livreurs ne pourrait pas se permettre d’acquérir une voiture, limitant ainsi leurs opportunités professionnelles si l’ordonnance était adoptée.

La proposition à Boston s’inscrit dans une tendance plus large de durcissement des réglementations concernant les vélos électriques dans divers États américains. Par exemple, en janvier 2026, le New Jersey a voté une loi modifiant radicalement le cadre légal des vélos électriques, obligeant les utilisateurs à immatriculer leur véhicule, à prendre une assurance et à posséder un permis de conduire.

De plus, au New Hampshire, un projet de loi est actuellement à l’étude, prévoyant d’imposer aux propriétaires de vélos, qu’ils soient électriques ou non, un enregistrement annuel pour pouvoir circuler sur les routes, chemins et sentiers publics, assorti d’une redevance de 50 dollars.