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Saint-Valentin : D’où proviennent les roses achetées le 14 février ?

En France, plus de la moitié des fleurs coupées vendues au moment de la Saint-Valentin sont des roses, représentant 57 % des achats en 2025. Selon un rapport FranceAgriMer publié en 2019, les roses importées en France s’élèvent à plus de 466 millions de tiges, dont 84 % proviennent des Pays-Bas.


On apprécie les roses à différents degrés : un peu, beaucoup, passionnément, voire pas du tout. Certaines personnes les jugent kitsch, tandis que d’autres attendent avec impatience un bouquet de leur partenaire. En France, plus de la moitié des fleurs coupées vendues à l’occasion de la Saint-Valentin sont des roses.

Symbole d’amour et de passion, ce bouquet traditionnel du 14 février représente un caprice occidental, empreint d’une forte empreinte carbone. Explications.

**Pays-Bas, Kenya, Colombie…**

D’après une étude Kantar réalisée par FranceAgriMer et Valhor (Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage), 1,3 million de foyers ont acheté des fleurs ou des plantes pour la Saint-Valentin en 2025. À cette date, bien qu’elles ne soient pas de saison, les roses représentent 57 % des achats. Pour satisfaire cette demande, des cargaisons de roses sont envoyées de l’étranger.

Un rapport de FranceAgriMer publié en 2019 indique que le nombre de roses importées en France dépasse « 466 millions de tiges ». 84 % de ces importations proviennent des Pays-Bas, 11 % des roses sont achetées au Kenya, tandis que « les importations de l’Équateur et d’Éthiopie représentent respectivement 2,4 % et 1 % » des ventes. Cette même année, les roses ont constitué 43,5 % des importations françaises de fleurs coupées pour des bouquets ou des ornements.

**Du transport, et encore du transport**

Bien que les fleurs hollandaises soient transportées par camions, leur impact environnemental est loin d’être idéal. En Europe, « il faut illuminer et chauffer les serres pour faire pousser les roses dans des conditions optimales », précise Farell Legendre, président de la Fédération française des artisans fleuristes. À l’inverse, des pays comme la Colombie, l’Équateur, le Kenya et l’Éthiopie exportent leurs fleurs par voie aérienne, mais « bénéficient de conditions optimales pour la croissance naturelle des fleurs », ajoute-t-il.

Certaines serres néerlandaises utilisent des panneaux photovoltaïques et un système géothermique pour réduire leur consommation d’énergie, mais la plupart de leurs fleurs sont « elle(s)-même(s) importée(s) d’Afrique et d’Amérique du Sud », selon un article du Monde à ce sujet.

**Choix commercial**

En France, ce sont les fleuristes qui choisissent de vendre ou non des roses en provenance de l’étranger au mois de février. Ils peuvent « refuser de commercialiser des roses à la Saint-Valentin. Mais dans ce cas, ils se coupent d’une clientèle très attachée à sa symbolique », souligne Farell Legendre. Dans sa boutique située dans le 15e arrondissement de Paris, ce fleuriste ne se prive pas de proposer la rose rouge durant cette période, tout en favorisant une origine européenne : « C’est un choix. D’autres offriront des roses du Kenya, car ce sont les plus belles ». Il insiste sur la nécessité pour les professionnels de répondre aux questions des clients sur les conditions de production et l’origine de leurs fleurs.

La rose française, quant à elle, est cultivée de début avril jusqu’à mi-octobre, principalement sous serres. « Les premières zones de production se trouvent dans le Sud, avant de s’étendre progressivement en Dordogne et autour de Bordeaux » avec l’arrivée des beaux jours, constate le président de la Fédération. Quelques roses peuvent également être cultivées « en Bretagne et en Île-de-France ».

Loin des attentes de la Saint-Valentin, les Français commencent à opter pour des bouquets plus respectueux de l’environnement, composés de fleurs cultivées localement. Parmi les fleurs de saison, on retrouve des lys, des renoncules ou des tulipes, majoritairement cultivées en région PACA.