Coco Beach : amende de 50 000 dinars et six mois de prison
Près de 1000 infractions sont enregistrées chaque année sur le littoral tunisien, menaçant l’équilibre environnemental et le droit des citoyens à un accès libre aux plages, selon l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral. La commission spécialisée de l’Agence a refusé d’examiner les dossiers de régularisation des projets « Coco Beach », exigeant d’abord la suppression des constructions existantes.
Le littoral tunisien subit une forte pression, avec près de 1000 infractions signalées chaque année, mettant en danger l’équilibre environnemental et le droit des citoyens à un accès libre aux plages, selon l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral.
« Les infractions se multiplient, et certaines constructions s’implantent illégalement sur le domaine public maritime », a alerté Mohamed Lassaad Doufani, directeur de la Gestion du Domaine Public Maritime à l’Agence, lors d’un entretien avec l’Agence Tunis Afrique Presse.
Les gouvernorats de Nabeul et Bizerte sont parmi les plus affectés. La disponibilité de terrains vacants près des côtes incite certains à s’approprier des portions du domaine public pour les convertir en propriétés privées, profitant des retards dans l’élaboration des plans d’aménagement urbain de certaines municipalités, a précisé Doufani.
Les infractions se présentent sous deux formes : les violations graves, qui consistent en la construction de murs, de rampes et d’extensions en béton sur le domaine public maritime, et les infractions ponctuelles, souvent estivales, telles que l’installation anarchique de parasols, l’occupation illégale des plages ou l’exercice temporaire d’activités commerciales sans autorisation.
L’Agence insiste sur le fait que les projets actuellement présents sur les plages, appelés « Coco Beach », n’ont obtenu aucun permis légal.
La commission spécialisée de l’Agence a refusé d’examiner les dossiers de régularisation, exigeant au préalable la destruction des constructions existantes.
Bien que la législation tunisienne prévoit des sanctions allant de l’amende (jusqu’à 50 000 dinars) aux peines de prison (jusqu’à six mois), ainsi que des décisions administratives de démolition, son application présente parfois des difficultés, souligne Doufani.
Selon lui, « la prise en compte excessive des conditions sociales ou économiques de certains exploitants a contribué à la prolifération de ces pratiques ».
L’Agence met désormais l’accent sur une intervention ferme. Pour Mohamed Lassaad Doufani, « la protection du domaine public maritime et l’intérêt des estivants doivent primer sur toute autre considération ».

