Belgique

Plus de 200.000 Belges ont eu recours à une banque alimentaire en 2025.

La Fédération Belge des Banques Alimentaires regroupe 688 associations locales, réparties sur tout le pays. Selon le rapport 2025, le nombre de bénéficiaires a triplé en trente ans, passant de 69.938 en 1995 à 204.791 en 2025.


La Fédération Belge des Banques Alimentaires regroupe 688 associations locales à travers le pays. Dans son rapport pour 2025, elle indique que 10 associations ont dû cesser leurs activités faute de ressources, d’infrastructures ou de bénévoles.

Cependant, Marc Mertens, administrateur délégué de la Fédération, assure que ce rapport 2025 est globalement positif. « Au total, 27.985 tonnes de denrées alimentaires ont été distribuées, soit une augmentation de 8% par rapport à l’année dernière. Cela représente 5,2 équivalents repas par personne et par semaine. »

Ce nouvel record s’explique notamment par une contribution accrue du secteur de la distribution, une quantité plus importante de fruits et légumes provenant des criées, ainsi que par le soutien sans précédent des Banques Alimentaires françaises et néerlandaises. L’action de Waste Warriors, une association qui transforme les déchets de fruits et légumes en aliments ayant une durée de conservation plus longue, a également eu un impact significatif.

« Nous regardons avec beaucoup d’anxiété l’année 2026, » déclare Marc Mertens. Si 2025 a permis à la Fédération de continuer à aider de nombreux foyers, l’année 2026 et même celle qui suivra risquent d’être désastreuses pour les bénéficiaires, car le secteur se retrouvera coincé dans un mécanisme d’étau.

« Le nombre de personnes qui dépendent de l’aide alimentaire va monter en flèche, » affirme Marc Mertens. « C’est à cause des nouvelles mesures politiques concernant le chômage. Le nombre de chômeurs qui perdra leurs allocations pour passer au CPAS ne fera qu’augmenter. Ils auront encore moins d’argent pour se nourrir. »

Sans ces changements drastiques en matière de chômage, les banques alimentaires ont déjà constaté que leur nombre de bénéficiaires avait triplé en trente ans, passant de 69.938 en 1995 à 204.791 en 2025, selon le rapport récent.

**Moins d’aides du fédéral**

Parallèlement à l’augmentation attendue d’usagers dans les deux années à venir, les aides fédérales aux banques alimentaires seront également considérablement réduites.

Le Fédéral allouera 10 millions d’euros en moins l’an prochain aux banques alimentaires, ce qui équivaut à environ 5000 tonnes de nourriture, soit 20% de ce que les banques alimentaires distribuent. « Nous sommes indirectement subsidiés par le Fonds Social Européen sous forme d’aliments. Et le gouvernement fédéral joue un rôle important dans ce fonds, » précise Mertens. Près de 40% des sources d’approvisionnement des banques alimentaires proviennent actuellement du Fédéral.

**Il est essentiel pour les banques alimentaires de diversifier leurs sources d’approvisionnement et de financement**

Dans les années à venir, les banques alimentaires devront nourrir un plus grand nombre de personnes avec moins de moyens. Elles devront donc mettre en place de nouvelles stratégies. « Il faudra que nous réduisions notre dépendance au financement public, devenu trop incertain en période de contraintes budgétaires, » souligne Piet Vanthemsche, président de la Fédération Belge des Banques Alimentaires.

Parmi les initiatives de la Fédération figure la création d’un fonds dédié à l’achat de nourriture, aussi alimenté par des entreprises non alimentaires. La Fédération y contribue elle-même à hauteur d’un million d’euros, grâce à des dons privés.

Pour favoriser les dons, la Fédération mise sur les assouplissements en matière de TVA intervenus à la fin de l’année dernière. Avant ces changements, il était parfois plus avantageux pour des entreprises de détruire des excédents alimentaires que de les donner.

La Fédération espère également que les accises sur les boissons non alcoolisées subiront des modifications similaires, car il est actuellement plus coûteux pour une entreprise de détruire ces boissons plutôt que de les donner. La Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire belge, plaide en ce sens.