Un jour, une carte : Moldavie et Roumanie fusionneront-elles ?
La présidente moldave, Maia Sandu, a affirmé qu’elle voterait personnellement pour un rattachement de son pays à la Roumanie si un référendum avait lieu, tout en précisant que cela n’était pas à l’ordre du jour. Actuellement, dans les sondages, seulement un tiers de la population moldave adhère à l’idée d’une fusion avec la Roumanie, tandis que plus de 60% soutiennent l’adhésion à l’Union européenne.
C’est une déclaration qui a été quelque peu ignorée. Il y a quelques jours, la présidente moldave, Maia Sandu, a affirmé qu’elle voterait personnellement pour un rattachement de son pays à la Roumanie, si un référendum avait lieu. Elle a rapidement précisé que cette option n’était pas à l’ordre du jour. Le simple fait de l’exprimer publiquement est cependant sans précédent. Jusqu’à présent, aucun dirigeant moldave n’avait osé évoquer cette possibilité aussi clairement.
Dit ainsi, on pourrait penser que la présidente moldave souhaite effacer son pays de la carte. Toutefois, derrière cette provocation, il y a avant tout un message politique.
La Moldavie est un petit pays d’Europe de l’Est, situé entre la Roumanie et l’Ukraine, sans accès à la mer et comptant à peine 2,5 millions d’habitants. Bien qu’il soit peu visible sur la carte, le pays se trouve sur une ligne de fracture majeure : d’un côté, l’Union européenne, de l’autre, une Russie qui multiplie les ingérences. Moscou soutient les partis prorusses moldaves et tente régulièrement d’influencer les élections. De plus, environ 1.500 soldats russes sont stationnés en Transnistrie, une région séparatiste à l’est du pays.
Pour Maia Sandu, le principal enjeu est la sécurité. La Roumanie étant membre de l’Union européenne et de l’OTAN, un rattachement offrirait une protection plus robuste face à la Russie.
L’idée de fusion entre la Moldavie et la Roumanie n’est pas si extravagante. Historiquement, les deux pays ont des liens étroits. Pendant des siècles, ils n’étaient qu’un seul État : la principauté de Moldavie, dont une partie se trouve aujourd’hui en Roumanie.
Au fil des ans, le territoire a changé de mains à plusieurs reprises. L’est a été annexé par la Russie au XIXe siècle, redevenu roumain entre les deux guerres, avant d’être repris par l’Union soviétique en 1940. La Moldavie a obtenu son indépendance totale en 1991, à la chute de l’URSS.
Cependant, aujourd’hui, l’idée d’une fusion ne fait pas consensus en Moldavie. Dans les sondages, environ un tiers de la population y est favorable. En revanche, plus de 60 % soutiennent l’adhésion à l’Union européenne. Beaucoup de Moldaves souhaitent l’Europe sans renoncer à leur État.
Cela dit, les relations actuelles entre la Moldavie et la Roumanie sont déjà très proches. La langue est identique et plus d’un quart des Moldaves détiennent déjà un passeport roumain, leur permettant de circuler librement et même de voter dans l’Union européenne.
Du côté roumain, l’idée d’un rattachement séduit davantage, avec plus d’une personne sur deux en faveur. Le Premier ministre a même déclaré qu’il voterait « oui » en cas de référendum.
Néanmoins, une fusion reste très hypothétique. Maia Sandu, malgré ses déclarations, se montre prudente. Pour de nombreux analystes, sa prise de position récente vise surtout à exercer des pressions sur l’Union européenne pour accélérer le processus d’adhésion de son pays.
Une fusion entre la Moldavie et la Roumanie n’est donc pas à l’ordre du jour… peut-être jamais. Toutefois, le simple fait d’en parler rappelle que dans cette région d’Europe, les frontières ne sont jamais totalement fixes.

