Maroc

Le dérèglement climatique pourrait diviser par deux les pâturages d’ici 2100.

De 36% à 50% des terres présentant aujourd’hui des conditions favorables aux pâturages perdront leur viabilité d’ici 2100, selon une étude de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK). D’après les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 26% de la superficie terrestre mondiale et 70% de la superficie agricole mondiale sont couverts de prairies, qui contribuent à la subsistance de plus de 800 millions de personnes.


De 36% à 50% des terres aujourd’hui propices au pâturage perdront leur viabilité d’ici 2100 en raison de l’augmentation des températures mondiales, selon une étude de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK). Cette pratique agricole, qui consiste à élever des animaux tels que des vaches, des chèvres ou des moutons sur des espaces naturels, principalement des prairies, couvre actuellement un tiers de la surface terrestre.

Jusqu’à présent, ces systèmes agricoles ont prospéré grâce à des plages optimales de température (de -3 à 29°C), de précipitations (de 50 à 2.627 millimètres par an), d’humidité (de 39 à 67%) et de vitesse du vent (entre 1 et 6 mètres par seconde). Ce cadre est désigné par l’étude, publiée lundi dans la revue scientifique américaine PNAS, comme un « espace climatique sûr ». Cependant, avec le changement climatique, ces paramètres risquent de changer, rendant certaines zones de pâturage inadaptées.

Maximilian Kotz, coauteur de l’étude et chercheur au PIK et au Barcelona Supercomputing Center, a déclaré : « Le changement climatique va réduire les espaces où le pâturage peut prospérer, mettant fondamentalement au défi des pratiques agricoles qui existent depuis des siècles. » Selon le scénario exploré, l’étude estime que de 100 à 140 millions de bergers et d’éleveurs pourraient être affectés, tout comme jusqu’à 1,6 milliard d’animaux. Entre 51% et 81% des populations touchées résideraient dans des pays à faible revenu.

Chaohui Li, l’auteur principal et chercheur au PIK à l’époque de l’étude, aujourd’hui au Barcelona Supercomputing Center, a souligné l’importance de ces changements dans des régions déjà marquées par la faim, l’instabilité économique et politique, ainsi que des inégalités de genre. L’Afrique, en particulier, pourrait subir de 16% à 65% de pertes de prairies, en fonction de la gravité du scénario.

Les températures sur ce continent sont déjà proches de la limite de « l’espace climatique sûr ». Ces conclusions, qui prévoient parfois la disparition totale de certains pâturages, remettent en question « l’efficacité des stratégies d’adaptation […] telles que le changement d’espèces ou la migration des troupeaux », a affirmé Prajal Pradhan, professeur assistant à l’Université de Groningue et chercheur au PIK.

Chaohui Li a également conclu : « Réduire les émissions en s’éloignant rapidement des combustibles fossiles est la meilleure stratégie dont nous disposons pour minimiser ces dommages potentiellement existentiels pour l’élevage. » Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 26% de la superficie terrestre mondiale et 70% de la superficie agricole mondiale sont occupés par des prairies, qui soutiennent plus de 800 millions de personnes.