600 chefs d’entreprises à Anvers alertent sur le déclin industriel européen.
La plupart des indicateurs-clés de performance, soit 83%, n’ont enregistré aucune amélioration ou se sont détériorés depuis la « déclaration d’Anvers ». En 2024, le prix du gaz pour les utilisateurs industriels dans l’UE était 4,6 fois plus élevé qu’aux États-Unis, tandis que l’électricité était 2,4 fois plus chère qu’en Chine, aux États-Unis et en Inde.
L’industrie de l’Union européenne est en déclin sur presque tous les fronts face aux États-Unis et à la Chine, selon un rapport publié mercredi par le cabinet Deloitte, commandé par le Conseil européen de l’industrie chimique Cefic.
Les faiblesses européennes, notamment les prix élevés de l’énergie, mettent en péril la stabilité économique de l’UE et représentent une menace directe pour le secteur industriel en Belgique, souligne le document.
Ce rapport évalue la position mondiale de l’industrie européenne deux ans après la signature de la « déclaration d’Anvers » en février 2024. Lors de cet évènement, environ soixante-dix PDG de grandes entreprises industrielles avaient présenté dix mesures urgentes pour restaurer la compétitivité en Europe. Les conclusions révèlent cependant un « net déclin » de la compétitivité industrielle de l’Union européenne.
En tout, 83 % des indicateurs-clés de performance n’ont montré aucune amélioration depuis la « déclaration d’Anvers » ou se sont détériorés.
L’UE ne possède un avantage concurrentiel clair que dans trois des 22 domaines évalués à l’échelle internationale : l’utilisation de la biomasse pour les biomatériaux et la bioénergie, l’utilisation circulaire des matériaux et les « bacs à sable réglementaires ». « Ces quelques atouts sont insuffisants pour rétablir la position concurrentielle globale de l’UE, menant à une désindustrialisation de son économie ouverte », avertit Deloitte.
Les concurrents internationaux tels que la Chine et les États-Unis sont systématiquement mieux placés et affichent souvent des progrès plus rapides.
Le rapport souligne en particulier la persistance des prix élevés de l’énergie.
En 2024, le prix du gaz pour les utilisateurs industriels dans l’UE était 4,6 fois plus élevé qu’aux États-Unis, tandis que le prix de l’électricité était 2,4 fois plus cher qu’en Chine, aux États-Unis et en Inde.
Cette problématique est particulièrement marquée en Belgique, où les prix de l’électricité pour l’industrie sont de 12 % à 23 % supérieurs à ceux des pays voisins.
Le rapport identifie d’autres obstacles, notamment la complexité du cadre réglementaire de l’UE, un déploiement des infrastructures qui ne répond pas aux besoins de l’industrie, et la fragmentation du financement.
Ce document sert d' »appel au réveil » alors que les dirigeants européens se réunissent cette semaine en Belgique, au château limbourgeois d’Alden Biesen, pour le sommet de l’industrie européenne.

