Tunisie

Classement de la Tunisie comme “pays d’origine sûr” par l’Union européenne

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui mardi 10 février 2026 une réforme majeure du système d’asile de l’Union européenne. Cette liste, qui sera applicable à partir du 12 juin 2026, comprend la Tunisie parmi sept pays tiers considérés comme sûrs pour l’examen des demandes d’asile.


Le Parlement européen a adopté ce mardi 10 février 2026 une réforme significative du système d’asile de l’Union européenne, introduisant, pour la première fois, une liste commune de “pays d’origine sûrs” au niveau de l’UE, dans le cadre du Pacte sur la migration et l’asile.

Cette liste, qui entrera en vigueur le 12 juin 2026, inclut la Tunisie parmi sept pays tiers considérés comme sûrs pour l’examen des demandes d’asile, aux côtés du Bangladesh, de la Colombie, de l’Égypte, de l’Inde, du Kosovo et du Maroc.

Cette décision, adoptée par une large majorité de députés européens, a pour objectif d’accélérer le traitement des demandes d’asile jugées peu susceptibles de donner lieu à une protection internationale.

Selon les nouvelles règles, les ressortissants des pays figurant sur cette liste auront leurs demandes d’asile traitées selon une procédure accélérée, étant présumées moins susceptibles d’être fondées, à moins que l’intéressé ne puisse prouver un risque individuel sérieux s’il est renvoyé dans son pays d’origine.

La classification de la Tunisie comme “pays d’origine sûr” ne supprime pas le droit de demander l’asile, mais modifie le cadre procédural : les autorités européennes pourront mettre en place des règles autorisant un examen plus rapide des demandes des ressortissants tunisiens, avec une présomption générale d’absence de persécution ou de menace grave sur le territoire tunisien.

D’après les textes approuvés par le Parlement européen, cette liste commune de pays d’origine sûrs devrait contribuer à réduire les disparités existantes entre les systèmes d’asile nationaux des États membres, à diminuer les délais d’examen et à orienter les ressources sur les demandes jugées fondées.

Cette décision a été saluée par certains responsables européens comme une avancée significative dans la réforme du système d’asile, estimant que l’harmonisation des critères de traitement aiderait les États membres à faire face à des flux migratoires complexes.

Cependant, cette mesure suscite déjà les critiques de certaines organisations de défense des droits humains et de la société civile, qui estiment que la situation des droits fondamentaux dans certains pays mentionnés, dont la Tunisie, nécessite une évaluation plus nuancée et craignent que la procédure accélérée n’entrave l’accès réel à une protection individuelle.

La mise en œuvre complète de ces nouvelles règles aura lieu en juin 2026, après l’adoption définitive de la réforme par les institutions européennes.