Formation professionnelle : la réforme s’inscrit dans la durée face aux exigences du marché.
En septembre dernier, le ministre de tutelle, Riadh Chaoued, a déclaré que le secteur de la formation professionnelle traverse une mauvaise passe et nécessite des réformes urgentes. Lors de la conférence nationale des directeurs d’établissements de formation à Borj Cedria, il a révélé que « ce processus de réforme est basé sur une vision stratégique qui tient compte des capacités de stagiaire en tant qu’axe central de la formation ».

La réforme de la formation professionnelle a été mentionnée à plusieurs reprises, sans que des actions concrètes ne soient entreprises. L’idée a continuellement interpellé le département ainsi que les responsables des centres concernés. Ce secteur traverse une période difficile et nécessite des réformes urgentes, souligne, en septembre dernier, le ministre de la tutelle, Riadh Chaoued. Six mois plus tard, il a réaffirmé ce besoin lors de la conférence nationale des directeurs des établissements de formation de l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (Atfp), qui s’est tenue à Borj Cedria.
La Presse —Il a déjà été beaucoup question de ce sujet, mais il est temps que des engagements soient pris cette fois-ci. La formation nécessite une réflexion sur son innovation pour s’adapter aux nouveaux défis socioéconomiques.
Toutefois, cela doit être fait de manière précise, en adoptant une approche pragmatique et réaliste.
L’état des lieux dressé
En août dernier, les réunions régionales des responsables des centres et directeurs des structures de formation ont mis en lumière une certaine synergie autour des problèmes financiers et structurels qui impactent toujours la formation. Parmi ces difficultés, on peut citer la réticence à la formation en raison de la mauvaise qualité des services, la vétusté des équipements, un modèle pédagogique obsolète, des spécialités à faible taux d’employabilité, ainsi que d’autres lacunes dans l’accueil.
Un état des lieux a donc été réalisé, tenant compte des enjeux et des objectifs à atteindre, selon les recommandations formulées par les acteurs du secteur. Le devenir de la formation a été envisagé comme un levier pour le succès et un tremplin vers l’emploi.
La formation aurait dû tirer parti de sa nouvelle image et de l’expérience acquise au fil du temps, mais elle n’est toujours pas parvenue à sortir des sentiers battus.
Des discussions ont eu lieu afin de développer les contenus de la formation pour les adapter aux nouvelles exigences du marché.
Il est également reconnu que certaines spécialités et filières doivent être remplacées ou complètement rénovées.
Les questions pédagogiques, la formation des formateurs, l’inscription en ligne, l’information et la communication, ainsi que l’implication effective des entreprises dans la formation par alternance, ont également été abordées.
Par ailleurs, les orientations stratégiques, les priorités à court terme et le plan d’action pour l’avenir figurent parmi les axes principaux de l’apprentissage, devant dessiner l’avenir du secteur en fonction des tendances de l’économie nationale.
La crise ne date pas d’hier !
De plus, «ce processus de réforme est basé sur une vision stratégique qui tient compte des capacités de stagiaire en tant qu’axe central de la formation, des choix des filières d’orientation, de l’amélioration des services qui lui sont fournis, du développement des contenus pédagogiques à travers l’exploitation des technologies modernes», a déclaré la semaine dernière le ministre lors de la réunion avec les directeurs des centres de formation à Borj Cedria. C’est ce qu’il aurait fallu réaliser depuis des années.
Il est évident que cette crise de la formation ne date pas d’hier. Quoi qu’il en soit, mieux vaut tard que jamais.
D’ailleurs, cette conférence périodique des directeurs des établissements de formation visait à unifier la vision en matière d’emploi et de formation, ces deux secteurs étant étroitement liés.
Il n’y a pas d’emploi sans formation. Pour dynamiser les deux, il est impératif d’investir et de passer à l’action. Le besoin de réforme s’est fait ressentir depuis que l’on a constaté que le choix de la formation ne séduit plus autant de candidats.
À présent que les professionnels du secteur ont décidé d’accélérer les initiatives, pour le bien de plus de 60 000 apprenants en formation, il serait absurde de reculer ou de s’arrêter en si bon chemin. La réforme doit s’inscrire dans la durée.

