Propos de la ministre Galant sur la RTBF : l’opposition ne croit pas.
L’opposition a demandé à la ministre des Médias Jacqueline Galant de clarifier sa position concernant ses propos tenus à Walhain, notamment en ce qui concerne la RTBF. Mercredi, plusieurs motions ont été déposées par le PS, Ecolo et le PTB, incluant une demande de retrait des compétences « médias » à la ministre Galant.
L’opposition a rapidement réagi. « À Walhain, vous nous avez donné le fond de votre pensée », a déclaré Martin Casier, chef de groupe PS au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à la ministre.
Ce député a critiqué l’argument de la majorité qui soutient qu’il faut faire la distinction entre les actions de la ministre et ses déclarations devant des militants du MR à Walhain. Selon cette majorité, la ministre n’aurait pas agi de manière à interférer avec la RTBF ni à porter atteinte à la liberté de la presse.
« Quand on est ministre, un propos est un acte », a estimé Martin Casier, évoquant une « tentative d’ingérence » vis-à-vis de la RTBF. Il a ensuite reproché à la ministre : « Vous dites regretter la polémique. Regretter une polémique, ce n’est pas regretter vos propos. »
Le député PS a également rappelé l’intégralité des propos de la ministre à Walhain concernant la direction de la RTBF, les journalistes et la présidente du conseil d’administration. « Entre la ministre des Médias qui tient des discours rassurants au Parlement et celle qui s’exprime à Walhain, qui dois-je écouter ? », a-t-il interpellé.
« Vous êtes la ministre censée faire respecter la liberté de la presse. Ces attaques sont inadmissibles », a déclaré la députée PTB Amandine Pavet, qui a souligné la déclaration de la ministre concernant une « ligne un peu différente qui ira de l’autre côté de l’échiquier politique » à la RTBF. Elle a demandé à la ministre de clarifier sa position : « Vous excusez-vous pour les propos tenus à l’égard de la RTBF ? »
Pour Ecolo, Margaux De Ré a jugé que la ministre n’est plus en capacité d’exercer son rôle. Elle a affirmé qu’il était « trop tard » pour des excuses, en illustrant son propos par : « Quand le dentifrice est sorti du tube, on ne peut pas le remettre dedans ». Elle a ajouté, « Vos déclarations prises ensemble relèvent de l’ingérence politique » et a demandé à la ministre de prouver que son travail peut continuer sereinement.
Bénédicte Linard, pour Ecolo, a posé la question : « Maintenez-vous les propos tenus à Walhain dans leur entièreté ? »
Fabien Maingain, député LIB-RES, a noté que « vos propos sont dans la droite ligne de la guerre culturelle que mène le MR ». Il a critiqué la ministre en lui demandant sur quelles bases factuelles elle jugeait qu’il y avait beaucoup de « gauchos » parmi la nouvelle génération de journalistes. Il s’est interrogé sur la procédure de recrutement d’un nouvel administrateur général à la RTBF en se demandant si un candidat favorable au gouvernement ne sera pas favorisé.
Du côté de la majorité, Armelle Gysen (Les Engagés) a qualifié les déclarations de la ministre Galant d’ »insultantes ». Elle a exprimé ses inquiétudes quant à l’impact des polémiques sur la procédure de recrutement de la nouvelle direction de la RTBF, craignant un « exode de profils de très haut niveau ». Cependant, elle a affirmé que l’on pouvait « condamner des propos et garder confiance en l’action du gouvernement ».
Olivier Maroy, député MR, a exprimé son regret vis-à-vis de la manière dont la ministre s’était exprimée, ajoutant qu’elle avait parfois à répondre à des « questions brut de décoffrage ». Il a demandé si l’opposition ne faisait pas un « procès d’intention » à la ministre.
Diana Nikolic a estimé que « transformer l’expression d’un espoir en tentative d’ingérence, c’est un raccourci dangereux ». Selon elle, « dans les faits, il n’y a aucun acte, aucune décision, aucune ingérence » qui aurait porté atteinte à la RTBF.
Jacqueline Galant, la ministre des Médias, a déclaré qu’elle comprenait les questions. Elle a exprimé son regret face à « la polémique » et souhaité « clarifier les choses sereinement ». Elle a précisé son point de vue sur le droit des citoyens à être représentés par leur média de service public et a affirmé croire qu’un traitement plus équilibré de l’information et du pluralisme pouvait être réalisé à la RTBF. Elle a insisté sur le fait que ses convictions et son espoir concernant le pluralisme à la RTBF ne signifient pas qu’elle présente une volonté d’ingérence, faisant référence à une analyse du CSA.
Concernant la désignation du futur administrateur général de la RTBF, elle a assuré qu’elle se ferait sans ingérence, et que seul un gouvernement pouvait garantir une telle procédure transparente. La ministre a également souligné l’importance d’un média public fort et indépendant, notant les défis auxquels la presse écrite devait faire face.
Enfin, les députés de l’opposition ont exprimé leur mécontentement car la ministre n’avait pas apporté de réponses à de nombreuses questions, ce qui a conduit à une suspension de séance. Des motions ont été déposées par le PS, Ecolo et le PTB, qui seront discutées lors de la prochaine séance plénière. Le PS a demandé le retrait des compétences médias à la ministre Galant et une vigilance renforcée sur la procédure de désignation de l’administrateur général de la RTBF, affirmant qu’ils pourraient demander sa démission. Ecolo a jugé que la ministre ne prenait pas la mesure de son rôle, tandis que le PTB appelait la majorité à prendre une position claire contre les propos de la ministre.

