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Un joueur doit partager 1 million d’euros de gain avec un ami.

Le tribunal de première instance de Tui, en Galice, a ordonné au gagnant d’une loterie de verser 100.000 euros à son ami, conformément à un pacte établi. La juge a conclu que l’accord verbal avait une « validité totale et entière » et que le gagnant devait verser la somme à son collègue, ainsi que des intérêts.


C’est une décision surprenante qu’a prise le tribunal de première instance de Tui, en Galice (Espagne). Une juge a en effet ordonné à un homme ayant remporté une loterie de partager son gain avec un ami, rapporte 20 Minutos. Les deux hommes, qui jouaient ensemble depuis des années, avaient convenu que si l’un d’eux remportait 1 million d’euros à un jeu de la ONCE, il verserait 100.000 euros à l’autre.

C’est exactement ce qui est arrivé lorsqu’un habitant de Tomiño a gagné le jackpot grâce à un jeu à gratter « Rasca Mega Millonario » en 2022. Cependant, l’homme n’a pas respecté sa promesse et n’a pas remis une partie de son gain à son collègue. Ce dernier a donc décidé de saisir la justice, apportant certaines preuves de leur accord.

Une conversation téléphonique qui change tout

Bien que cet accord n’ait pas été formalisé par écrit, la juge a estimé qu’il existait des éléments « éclairants » pour trancher en faveur du plaignant. Parmi ceux-ci, des témoignages recueillis le jour même du gain. Une collègue des deux hommes a rapporté que le plaignant lui expliquait l’accord qu’il avait passé avec son ami concernant les 100.000 euros. Peu de temps après, le gagnant a lui-même déclaré que son partenaire de jeu pourrait utiliser la somme à sa guise.

La preuve la plus significative durant l’audience a été une conversation téléphonique enregistrée entre les deux hommes. Dans cet échange, le gagnant confirme leur accord, mais affirme ne pas pouvoir verser les 100.000 euros en raison de l’opposition de sa fille. Une discussion via WhatsApp entre cette femme et le plaignant a également été examinée. La fille du millionnaire y confirme le pacte en déclarant : « Ce genre d’accord ne me semble pas normal. Si c’était l’inverse, ni lui n’accepterait cet argent, ni moi ne le laisserais l’accepter. »

« Un accord verbal a une validité totale et entière »

« La reconnaissance de l’accord dans l’enregistrement (téléphonique) est constante et claire, même s’il (le gagnant) le nie aujourd’hui, y compris devant le tribunal », a conclu la juge. L’homme de Tomiño devra donc s’acquitter des 100.000 euros envers son collègue, ainsi que des intérêts. « Un accord verbal a une validité totale et entière. Le Code civil est clair. La difficulté réside dans la preuve de son existence, car il faut attester la réalité et les circonstances dudit contrat, ce que nous avons réussi à faire dans cette affaire », a déclaré l’avocat du plaignant, cité par El Periodico.