High-tech

L’adoption de l’IA générative serait « fulgurante » en France, d’après le Crédoc.

En 2025, 48 % des Français avaient recours à l’intelligence générative, soit un bon de + 15 % en un an. La proportion des utilisateurs d’IA générative varie selon l’âge, atteignant 85 % chez les 18-24 ans et seulement 15 % chez les 70 ans et plus.


On a l’habitude de se concentrer sur les chiffres du Baromètre du numérique annuel réalisé par le Crédoc, qui mettent en avant la France 2.0. Cependant, les taux d’équipement en téléphonie, informatique, connexions Internet et objets connectés passent cette année au second plan. En effet, la grande enquête* menée auprès de plus de 4.000 personnes révèle « l’adoption fulgurante de l’IA générative » par nos concitoyens.

« Fulgurante » : selon le Larousse, cela se réfère à « d’une très grande vitesse ou de ce qui progresse avec une extrême rapidité ». Il est probable que le Crédoc** ait réfléchi à deux fois avant d’utiliser ce terme pour décrire la manière dont les Français ont embrassé l’IA générative en trois ans. Les données parlent d’elles-mêmes.

La même vitesse qu’aux Etats-Unis

En 2025, 48 % des Français utilisaient l’intelligence générative dans leur quotidien. En un an, cela représente une hausse de + 15 %, et + 28 % en deux ans ! « La connexion à Internet à domicile a mis cinq ans pour atteindre les foyers français de manière similaire, le smartphone a mis trois ans », indique le Crédoc. De plus, cette vitesse d’adoption de l’IA générative semble comparable à celle observée aux Etats-Unis, un véritable tsunami numérique.

Comme prévu, ce sont les plus jeunes qui utilisent le plus l’IA générative, avec 85 % des 18-24 ans qui y ont recours ! Signe des temps : 68 % des 12-17 ans et 73 % des 18-24 ans l’utilisent déjà pour les devoirs, 74 % d’entre eux citant le gain de temps et l’ergonomie de l’IA comme premiers facteurs d’adoption. Parmi les usages privilégiés figurent la rédaction et la traduction de texte, la création de contenus, ainsi que la programmation informatique et le traitement de données. Les jeunes préfèrent désormais l’IA aux moteurs de recherche traditionnels, tels que Google ou Safari, voire à des outils numériques comme des logiciels.

Un écart qui se creuse avec l’âge

Sur le podium des outils d’IA générative les plus utilisés par les Français, ChatGPT arrive largement en tête avec 70 % des utilisateurs, suivi par Gemini (31 %) et Le Chat (14 %). Grok, l’IA générative d’Elon Musk, n’est utilisée que par 1 % des personnes âgées de 12 ans et plus.

Cela dit, l’usage s’effectue principalement à titre personnel selon le Crédoc, qui estime que 42 % des Français ont intégré l’IA générative dans leur vie privée, tandis que 30 % affirment l’utiliser dans leur vie professionnelle. Un point saillant est que la « fracture numérique » (terme qui désigne les inégalités d’accès et d’usage des technologies numériques) semble se renforcer avec l’IA générative. Si son adoption varie selon les catégories sociales, les écarts d’appropriation se révèlent beaucoup plus marqués selon les âges, allant de 85 % pour les 18-24 ans à seulement 15 % pour les 70 ans et plus. Cet écart de 70 points se creuse rapidement, alors qu’il n’était que de 55 points il y a deux ans.

* Réalisée en juin 2025 pour l’Arcep, l’Arcom, le CGE et l’ANCT auprès d’un échantillon de 4.145 personnes représentatives de la population française.

** Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, un institut français d’études sur la consommation et la société, fondé en 1953.