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La Pologne dépassera bientôt la France et l’Italie dans l’économie.

En 2025, la Pologne a enregistré 3,6 % de croissance, ce qui la place 20e puissance économique mondiale avec un PIB dépassant 1000 milliards de dollars. La population du pays pourrait passer de 38 millions aujourd’hui à 30 millions en 2060 en raison d’un taux de fécondité autour de 1 enfant par femme.


Les chiffres sont éclairants. En 2025, la Pologne a enregistré une croissance de 3,6 %, la plaçant devant l’Allemagne, la France et l’Italie. Son PIB a dépassé le cap symbolique des 1 000 milliards de dollars, plaçant le pays au 20e rang des puissances économiques mondiales. Le taux de chômage demeure très bas, autour de 3 %. De plus, près de 67 % des Polonais se déclarent satisfaits de leur situation matérielle, un chiffre record.

Ce dynamisme repose sur une structure économique solide. L’industrie représente 25 % du PIB, bien au-dessus des niveaux français et même allemand. Des villes comme Varsovie, Gdansk et Katowice se sont affirmées comme des pôles industriels et logistiques majeurs. Parallèlement, la Pologne s’est imposée parmi les grands européens du secteur de la défense, avec un effort atteignant 4,8 % du PIB et une armée comptant plus de 210 000 militaires. Le pays joue également un rôle de plus en plus important dans le secteur numérique, devenant le premier pôle technologique d’Europe de l’Est.

### La recette du succès économique de la Pologne

Comment un pays longtemps jugé périphérique a-t-il pu se métamorphoser en moteur de la croissance européenne ? Plusieurs étapes expliquent ce succès :

– Tout d’abord, les réformes radicales des années 1990, à la suite de la chute du communisme. La Pologne a libéralisé son économie, modernisé son système éducatif et assoupli son marché du travail en misant sur la compétitivité et l’amélioration de la qualité.
– Ensuite, l’adhésion à l’Union européenne en 2004 a joué un rôle clé. La Pologne est le pays qui a le plus bénéficié des fonds européens parmi les États membres de cette année-là. Ces financements ont permis de moderniser les infrastructures, d’équiper les PME et de développer les secteurs de l’énergie, des transports et, plus récemment, de la défense. Aujourd’hui encore, 65 % des fonds du plan de relance européen restent à être déboursés, soutenant ainsi la croissance jusqu’en 2026.
– Troisième élément : une économie résiliente, qui a mieux résisté que ses voisines aux crises successives, qu’elles soient financières, de la dette ou liées à la pandémie. Les exportations demeurent robustes. Les investissements étrangers restent importants, notamment grâce à un mouvement de relocalisation industrielle en Europe centrale.
– Enfin, la Pologne a connu un fort effet de rattrapage grâce à une main-d’œuvre qualifiée, plus abordable pendant longtemps, et une volonté collective de « rattraper l’Occident ». Varsovie évolue chaque deux à trois ans, affichant des infrastructures modernes, des services publics efficaces et une qualité de vie nettement améliorée.

La Pologne détient désormais plus d’or que la Banque centrale européenne, renforçant ainsi la position de Varsovie dans l’architecture financière européenne.

### Les défis de l’économie polonaise

Cependant, ce tableau très positif présente aussi des défis. Le plus préoccupant est la démographie : avec un taux de fécondité d’environ 1 enfant par femme, la Pologne est devenue le pays le moins fécond d’Europe. Sa population pourrait passer de 38 millions aujourd’hui à 30 millions en 2060, ce choc démographique pourrait impacter le marché du travail, la croissance future et le financement des retraites. L’intégration des immigrants ukrainiens — près d’un million — pourrait constituer une solution, mais la société polonaise reste réticente.

Une autre fragilité réside dans les dépenses sociales et militaires, qui ont creusé un déficit atteignant près de 7 % du PIB. La dette frôle les 60 %, et la marge de manœuvre budgétaire est limitée, d’autant plus que la situation politique rend difficiles les arbitrages. À cela s’ajoute un niveau d’investissement privé insuffisant : seulement 17 % du PIB, soit cinq points de moins que la moyenne européenne. À long terme, ce manque d’investissement pourrait avoir des répercussions sur l’innovation et la productivité.

### Un meilleur niveau de vie que l’Italie et la France d’ici peu

Si les tendances actuelles se poursuivent, la Pologne pourrait dépasser l’Italie en termes de niveau de vie dès 2032, puis la France en 2034. Cet essor attire de nombreux Polonais : après des décennies d’émigration, près de 100 000 d’entre eux reviennent chaque année, souvent des ingénieurs, des cadres et des diplômés, séduits par un pays qui offre désormais des opportunités comparables à celles de l’Ouest. En 40 ans, la Pologne est passée du statut de périphérie européenne à celui de moteur économique.