Affaire Epstein : Keir Starmer ne démissionne pas avec le soutien des ministres.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé lundi soir devant les députés travaillistes qu’il ne démissionnerait pas. Il a nommé Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis en décembre 2024, mais a dû le démettre de ses fonctions en septembre 2025 après la publication de documents sur ses liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein.
« Après m’être battu si durement pour pouvoir changer notre pays, je ne suis pas prêt à partir. » Le Premier ministre britannique Keir Starmer, en fonction depuis juillet 2024, a réaffirmé lundi soir devant les députés travaillistes qu’il ne démissionnerait pas, soutenu par des membres influents de son gouvernement.
Bien que le soutien de ses ministres lui offre un moment de répit, Starmer fait face à une crise de confiance et d’autorité sans précédent, suite à sa nomination en 2024 de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, alors qu’il savait que ce dernier avait eu des liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein.
Il a également insisté sur la nécessité d’empêcher l’ascension du parti anti-immigration Reform UK dirigé par Nigel Farage, avertissant que cela « va diviser, diviser, diviser, et cela déchirera le pays ».
Soutiens et démissions autour de Keir Starmer
Lundi, Anas Sarwar, le chef du Labour en Écosse, un véritable bastion du parti travailliste, s’est joint aux appels à la démission de Starmer, qui jusqu’à présent provenaient principalement de l’opposition et de quelques députés travaillistes. « Il faut mettre fin à ce sujet de distraction, la direction de Downing Street doit changer », a déclaré Anas Sarwar. Cependant, plusieurs figures de proue du gouvernement, dont la ministre des Finances Rachel Reeves, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper et le ministre de la Justice David Lammy, ont publiquement exprimé leur soutien à Keir Starmer sur les réseaux sociaux. Le Premier ministre a ensuite reçu des applaudissements de la part du groupe parlementaire travailliste, selon des sources médiatiques britanniques.
Plus tôt dans la journée, un porte-parole de Keir Starmer avait déjà affirmé que ce dernier restait « concentré sur son travail », alors que son directeur de la communication, Tim Allan, venait d’annoncer sa démission. Ce départ est intervenu moins de 24 heures après celui de Morgan McSweeney, le chef de cabinet de Starmer, qui faisait face à des critiques pour avoir recommandé la nomination de Peter Mandelson.
Ces démissions fragilisent davantage la position de Keir Starmer, à 15 jours d’une élection législative partielle dans le nord-ouest de l’Angleterre, et à trois mois d’élections locales cruciales pour le Labour, notamment face à un Reform UK qui mène dans les sondages. Nigel Farage, le chef de ce parti, a également exigé la démission de Starmer lundi lors d’un meeting à Birmingham, affirmant que son parti était « en ordre de bataille pour des élections générales ».
Nomination en décembre 2024
Keir Starmer avait nommé Peter Mandelson ambassadeur à Washington en décembre 2024, un poste stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Toutefois, il a dû destituer Mandelson de ses fonctions en septembre 2025 après la publication de documents révélant l’ampleur des liens entre Mandelson et le pédocriminel.

De nouveaux documents récemment divulgués ont exacerbé la controverse, suggérant que Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d’affecter les marchés, notamment durant son mandat ministériel de 2008 à 2010. La police a ouvert une enquête et a effectué des perquisitions vendredi à deux adresses liées à Peter Mandelson.
Keir Starmer s’efforce depuis de contenir le scandale sans succès. Il a d’abord exprimé des regrets quant à la nomination de Peter Mandelson. Puis, jeudi, il a présenté ses excuses aux victimes du pédocriminel, décédé en prison en 2019, en se disant « désolé d’avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson », tout en affirmant sa détermination à rester à Downing Street.
« On devrait passer à autre chose »
Bien qu’il soit très impopulaire, certains Britanniques craignent également le chaos politique. « Je ne crois pas qu’il devrait démissionner, il y a déjà beaucoup d’agitation dans le pays et dans le monde », a confié Aya, 40 ans, rencontrée dans les rues de Londres. « Il a reconnu son erreur, maintenant on devrait passer à autre chose. »
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Pour Patrick Diamond, ancien conseiller politique et actuellement professeur de sciences politiques, la position de Starmer n’est pas « irrémédiablement compromise », car il bénéficie d’une large majorité au Parlement, et le Labour « a tendance à faire preuve de loyauté envers ses dirigeants ». En effet, aucun successeur potentiel à Starmer ne semble émerger pour le moment.

