Affaire Sambrienne : un rapport de Charleroi parle de manquements.
Il y a près de trois semaines, le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, avait présenté une liste d’une trentaine de questions au comité de direction de la Sambrienne. Selon Thomas Dermine, le rapport montre clairement « des manquements et des dysfonctionnements » répétés dans le chef de la direction de certains services au sein de la Sambrienne et dans le chef du conseil d’administration de la société de logements carolo.
Il y a près de trois semaines, le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, a soumis une liste d’environ trente questions au comité de direction de la Sambrienne. Ces questions concernaient principalement les problématiques soulevées dans le reportage d’Investigation : les lacunes en matière de sécurité incendie, l’insalubrité des logements, leur élevé taux d’inoccupation, ainsi que le vandalisme.
Lors du conseil communal de ce lundi soir, le bourgmestre a présenté les premières réponses à ces questions. Selon Thomas Dermine, ce rapport met en évidence « des manquements et des dysfonctionnements » persistants de la part de la direction de certains services de la Sambrienne et du conseil d’administration de la société de logements carolo. « Il y a des manquements au niveau de la communication, de l’organisation interne, la gestion des plaintes, les délais d’intervention pour les travaux, la maintenance […]« , a énuméré Thomas Dermine.
Le rapport souligne en particulier que le conseil d’administration de la Sambrienne n’a pas rempli sa mission principale, selon le bourgmestre : « On remarque au sein de la direction de la Sambrienne une forme de dispersion des tâches, et un manque de priorités stratégiques. Le rôle premier d’une société de logements doit être que les locataires existants sont dans des conditions dignes, qu’ils puissent faire appel à des services techniques dans des délais corrects pour vivre dans des logements corrects. »
Dans l’ensemble, d’après ce rapport commandé par la Ville, la Sambrienne a donc manqué d’une vision stratégique sur le long terme. Thomas Dermine prend pour exemple la gestion des subsides reçus par la société, ainsi que les près de 1200 logements inoccupés à cause de la lenteur des travaux. Le conseil d’administration aurait également négligé sa mission de contrôle : « Force est de constater que cette mission n’a pas été pleinement effectuée, sinon nous n’aurions pas eu besoin d’un reportage du média de service public pour nous alerter sur ces dysfonctionnements. »
Après ces constats, les premiers enseignements commencent à émerger. Le bourgmestre a exprimé son intention d’améliorer la communication avec les locataires. La Ville porte en effet une responsabilité en matière de prévention incendie et de sécurité. Cette responsabilité est également soulignée par l’opposition. Pauline Boninsegna, cheffe de file PTB, appelle à un plan d’action de la part de la Ville : « Je vois qu’on (la Ville) renvoie la balle à l’organe d’administration, à la région wallonne, à la zone de secours, etc. Mais la Ville de Charleroi a besoin de son plan d’action aussi, que ce soit en matière de prévention incendie et d’insalubrité, et cela, je l’attends toujours malheureusement. Du côté du MR, on estime que la responsabilité du PS est pleinement engagée dans ces manquements. Les libéraux envisagent de demander la démission du Président de la Sambrienne lors du prochain Conseil d’Administration.
Cependant, cette affaire n’en est qu’à ses débuts. D’autres enseignements surgiront sans doute dans les semaines à venir, car ce rapport de la Ville de Charleroi n’est pas le dernier. Un audit externe a été demandé par la ministre de tutelle. Cécile Neven du MR a également commandé un audit de la Sambrienne, ainsi que de la Société Wallonne du Logement.

