La réunion de Madrid sur le Sahara marocain : Pas de réaction des parties prenantes.
La réunion consacrée à la question du Sahara marocain s’est tenue dimanche dernier à l’ambassade des Etats-Unis à Madrid, avec la participation de plusieurs ministres des Affaires étrangères, dont Nasser Bourita et Ahmed Attaf. Au cours de cette réunion, le Maroc a soumis une version élargie de son initiative d’autonomie, qui compte désormais environ quarante pages, répondant ainsi à une demande des États-Unis, de la France et de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU.
La réunion sur le Sahara marocain s’est tenue dimanche dernier à Madrid, en Espagne, sous l’égide des États-Unis. Cette rencontre, qui a eu lieu à huis clos à l’ambassade américaine, a vu la participation de plusieurs acteurs clés, dont Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, ainsi que Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères du Maroc, Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, et Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre mauritanien des Affaires étrangères. Le polisario était représenté par Mohamed Yeslem Beissat.
Selon des sources, la réunion aurait été guidée par les récentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier la résolution 2797, qui soutient l’initiative marocaine d’autonomie, jugée sérieuse et crédible, et valide le rôle du Maroc comme acteur clé dans la recherche d’une solution politique durable, respectant sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Un point notable a été la participation inattendue de l’Algérie. Bien que ce pays ait souvent rejeté sa présence aux tables rondes sur le Sahara marocain en affirmant ne pas être partie prenante dans le conflit, il a finalement été contraint de participer. Cette situation est interprétée par plusieurs observateurs comme une admission implicite de son rôle dans ce différend. Certains estiment que l’Algérie ne peut plus éviter un processus international qui la désigne comme une partie prenante.
Un autre aspect marquant a été le silence total concernant le contenu des discussions. Aucun détail n’a été communiqué par les participants, ce qui nourrit diverses interprétations et souligne la délicatesse des échanges.
Le quotidien espagnol El Pais a mis en lumière ce mutisme entourant les pourparlers à Madrid. Selon le journal, « C’est Washington qui semble avoir imposé un silence absolu, une discrétion totale, comme condition essentielle à l’organisation d’une nouvelle série de pourparlers à son ambassade à Madrid, où le gouvernement espagnol joue uniquement un rôle de facilitateur. » Le journal note également que Masad Boulos, envoyé spécial de Donald Trump pour l’Afrique, et Michael Waltz, représentant des États-Unis aux Nations unies, sont présents pour coordonner la réunion avec Staffan de Mistura.
Lors de ces négociations, il semblerait que le Maroc ait proposé une version enrichie de son initiative d’autonomie. Selon le journal Atalayar, à la demande des États-Unis, de la France et de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, le Maroc a étoffé sa proposition initiale de 2007. Ce document, qui comptait à l’origine trois pages, a été transformé en un rapport structuré d’environ quarante pages, précisant les aspects politiques, institutionnels et administratifs du projet d’autonomie.
Atalayar a souligné que « cette décision reflète le sérieux du Maroc et sa volonté d’entrer dans une phase décisive des négociations. Rabat participe à ces discussions avec un avantage important : une version élargie de son plan d’autonomie, qui compte désormais une quarantaine de pages. Ce document, élaboré par plusieurs conseillers royaux et ministres clés, vise à renforcer la proposition d’autonomie pour les provinces du Sud avec une approche plus solide au niveau institutionnel. »
En somme, la réunion de Madrid sur le Sahara marocain s’inscrit dans un cadre diplomatique qui renforce la position marocaine et indique que la résolution du dossier du Sahara s’oriente de plus en plus vers une solution politique basée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine.

