High-tech

Skoda Epiq : le SUV Volkswagen testé à partir de 25 000 €.

La plateforme MEB+ de Volkswagen, appelée MEB21, arrive sur le marché avec le Skoda Epiq, un SUV abordable attendu à environ 25 000 euros. Les premières versions, notamment l’Epiq 55 avec une puissance de 210 chevaux, seront disponibles en concession à partir de juin 2026.

La plateforme MEB+ (MEB Small), connue en interne sous le nom de MEB21, de Volkswagen fait son entrée sur le marché. C’est un lancement significatif pour le groupe allemand dont fait partie Skoda. Après avoir proposé des essais de la Cupra Raval et de la Volkswagen ID.Polo, Skoda nous offre la possibilité de prendre le volant, en avant-première, de son SUV accessible, l’Epiq, dont le prix est attendu autour de 25 000 euros.

Fiche technique

Modèle Skoda Epiq
Dimensions 4,17 m x 1,80 m x 1,62 m
Puissance (chevaux) 210 chevaux
0 à 100km/h 7,4 s
Niveau d’autonomie Conduite semi-autonome (niveau 2)
Vitesse max 160 km/h
Taille de l’écran principal 13 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Fiche produit

Design : « modern solid »

Depuis 2020, Skoda évoque un design Modern Solid, incarné par le concept Vision 7S. Ce design se caractérise par des lignes épurées et robustes, offrant des proportions généreuses pour un caractère affirmé et un espace confortable à bord.

Le Skoda Epiq s’inscrit dans cette lignée, à l’instar de l’Elroq, son grand frère. À l’avant, une face Tech Deck Face est dotée d’un bandeau noir entre les phares, de forme trapézoïdale, avec un insert de carrosserie au centre. Le bas du pare-chocs présente une grille avec huit fentes pour des volets actifs, rappelant le style de certains modèles Jeep.

Essai Skoda Epiq Prototype

Sur le profil, il n’y a pas de poignées de portes intégrées à la carrosserie, et des barres de toit ajoutent un aspect aventurier. Les passages de roues et les bas de portières disposent d’un habillage noir mat ; curieusement, le bas de caisse est peint dans la couleur de la carrosserie, visible sous cet habillage en plastique. L’inscription Skoda figure sur les piliers C, et les jantes peuvent atteindre 20 pouces dans la version haut de gamme.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

À l’arrière, des optiques fines en forme de T ont été choisies, maximisant l’ouverture du coffre. Un petit déflecteur d’air se trouve sur le passage de roues arrière, et l’effet de huit fentes au bas du pare-chocs est similaire à celui de l’avant.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

Pour le moment, seules des photos du Skoda Epiq camouflé circulent, ornées d’un motif rappelant les ballons du film Là-haut. Le constructeur n’a pas permis la diffusion de photos du modèle non camouflé ; il faudra attendre le lancement officiel pour l’admirer. Vous devez donc me croire sur parole et patienter jusqu’à la présentation complète de l’Epiq, attendue pour le printemps 2026.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

En matière de dimensions, l’Epiq mesure 4,17 m de long, 1,80 m de large et 1,58 m de haut. Ce SUV compact se positionne face aux Peugeot 2008, Renault 4, Kia EV2, future Hyundai Ioniq 2 et Citroën ë-C3 Aircross. Skoda le compare au Kamiq, son équivalent thermique.

Concernant son poids, il atteint 1,6 tonne selon le document d’immatriculation allemand de la version d’essai, qui embarque la batterie la plus grande de la gamme. Le coefficient de pénétration dans l’air (cx) est de 0,275 Cd, un détail sur lequel Skoda a travaillé, se dotant notamment d’un soubassement entièrement caréné.

Habilité : le plus petit SUV Skoda mais suffisant pour une petite famille

Avec ses 4,17 m, l’habitabilité est forcément limitée par rapport à l’Elroq ou à l’Enyaq, les autres SUV électriques de Skoda. Toutefois, elle reste conforme à la réputation de la marque.

Les passagers avant sont bien accueillis, disposent d’un accoudoir central et de nombreux rangements, notamment sous la console intégrant le chargeur de smartphone par induction. Un emplacement est prévu pour le smartphone à la verticale, avec un petit trou sous ce rangement pour laisser passer un câble de charge.

À l’arrière, un adulte mesurant 1,80 mètre peut prendre place sans trop de difficulté. La place centrale de la banquette est exempte d’un tunnel de transmission qui gênerait les pieds, le plancher étant totalement plat.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

On retrouve les astuces « Simply Clever » de Skoda, telles que le parapluie dans la portière conducteur ou le grattoir à givre dans la garniture du hayon. Le coffre offre un volume de 475 litres, ce qui est plutôt convaincant, surtout qu’un espace de rangement significatif est disponible sous la tablette arrière. Ce dernier intègre le caisson de basses du système audio Canton en option et le kit anticrevaison.

Des sacoches pour ranger le câble de charge sont fournies, se fixant au dossier de la banquette, côté coffre. On peut également envisager d’y glisser des chaussures de marche sales après une sortie en forêt. Un coffre avant (frunk) de 18 litres sera également proposé sur la version de série, espace qui, bien que petit, permettra de stocker le câble de charge ou le kit anticrevaison pour libérer un peu d’espace dans le coffre.

L’habitabilité est acceptable, et Skoda a fait des efforts dans ce domaine. En effet, contrairement à ses autres modèles électriques, le moteur a été placé à l’avant pour optimiser l’espace intérieur et le volume du coffre. Il n’existera donc pas de version à quatre roues motrices de l’Epiq.

Infodivertissement : le secret est bien gardé

Lors de mon essai, l’écran d’infodivertissement était recouvert. J’ai pu interagir brièvement avec la version non camouflée lors d’une présentation statique, mais je n’ai pas pu en prendre de photos.

L’écran, qui sera en série, mesure 13 pouces ; il est réactif et performant, comparable à celui proposé dans l’ensemble du groupe Volkswagen, et supportera Apple Carplay et Android Auto.

La présentation du système ressemble à celle du MIB4, utilisé par d’autres modèles de Skoda et Volkswagen, mais quelques modifications ont été apportées.

Le combiné d’instrumentation, assez simple, est un écran de 5 pouces que l’on trouve sur des modèles comme l’ID.7 ou l’ID.3 de Volkswagen. Il affiche la vitesse, l’autonomie, le pourcentage de batterie restant, ainsi que la consommation et le régulateur de vitesse adaptatif. Toutefois, il est impossible d’afficher toutes les informations en même temps. Il faudra faire des choix, car uniquement 5 pouces imposent cette contrainte. Son design minimaliste ne distrait cependant pas trop de la conduite.

Au quotidien, les clients apprécieront la fonction Digital Key, qui permet de déverrouiller le véhicule avec un smartphone et d’enregistrer plusieurs appareils pour cela.

Aides à la conduite : ce que vous attendiez

Dans cette gamme d’entrée de marché, Skoda ne peut pas se permettre d’intégrer de nouvelles technologies d’aides à la conduite. Cependant, une caméra Top View, offrant une vue à 360 degrés du véhicule lors des manœuvres, est proposée.

Sur la route, le système Travel Assist, qui permet une conduite autonome de niveau 2, combine le maintien dans la voie avec le régulateur de vitesse adaptatif. Un classique, mais utile sur autoroutes et voies rapides.

Skoda a indiqué que la fonction Crossroad sera intégrée. Elle aide à entrer dans une intersection en analysant le trafic jusqu’à 60 km/h afin d’éviter les collisions. Toujours dans un souci de sécurité, l’ensemble des équipements modernes est inclus : détection des piétons et cyclistes, lecture des panneaux, et freinage d’urgence en marche avant et arrière.

Je n’ai pas pu tester le planificateur d’itinéraire. Skoda a restreint nos interactions avec le système d’infodivertissement à la simple commande de la climatisation ; l’exemplaire à ma disposition avait un cache sur l’écran central. Je ne peux donc pas vous donner mon avis à ce sujet, mais il est probable qu’il fonctionne comme les autres véhicules électriques du groupe Volkswagen.

Conduite : plus confort que les cousines citadines

J’ai eu l’occasion d’essayer le Skoda Epiq autour de Porto sur un parcours côtier avec des sections périurbaines, urbaines et quelques voies rapides. La voiture semble bien équilibrée ; sur la route détrempée, elle n’a pas montré de comportements inquiétants, aidée par l’antipatinage et le contrôle de trajectoire.

La prise en main est rapide et intuitive. Pour ceux qui sont habitués aux automobiles modernes, cela ne posera pas de problème. De plus, un bouton physique pour choisir le mode de conduite est facilement accessible sous l’écran, permettant de basculer entre Eco, Normal, Sport et Individual d’une simple pression.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

Sur autoroute, l’insonorisation est satisfaisante. Ne pouvant pas utiliser le système d’infodivertissement, nous avons roulé sans musique. À 100 km/h, le bruit des gouttes d’eau sur la route détrempée ne gênait pas la conversation avec le passager.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

En milieu urbain, la suspension offre un bon confort aux passagers. Les pavés ne sont pas trop pénibles, et la voiture se montre appropriée sur les ralentisseurs. C’est un bon point, sachant que les véhicules électriques ont tendance à être plus rigides que leurs homologues thermiques en raison du poids supplémentaire des batteries. Cependant, le poids de 1 618 kg du Skoda Epiq 55 ne nécessite pas un raffinement excessif des ressorts d’amortisseurs.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

Dans un contexte urbain, le freinage régénératif à plusieurs niveaux est intéressant, avec des niveaux allant de 1,5 m/s² à 2,2 m/s², tout en offrant la fonction One-Pedal. Le conducteur a la possibilité de choisir de l’utiliser ou non.

J’ai également noté une amélioration du ressenti de la pédale de frein ; certaines électriques du groupe Volkswagen étaient sujettes à une sensation spongieuse. Le Skoda Epiq présente une pédale plus directe, offrant un meilleur ressenti.

Un autre atout du Skoda Epiq est son rayon de braquage de seulement 10,15 m. Ce rayon est également présent sur son grand frère, l’Elroq, bien que l’Epiq soit une traction et non une propulsion, et cela devrait normalement compliquer les manœuvres.

Durant l’essai, j’ai observé une consommation de 16,4 kWh/100 km. Il est difficile de tirer des conclusions, car la route était ouverte par un membre de Skoda, le rythme était dynamique et la forte pluie a joué un rôle non négligeable.

Il faudra attendre un essai plus long et plus libre pour évaluer l’efficacité du Skoda Epiq. Les versions d’essai n’étaient pas équipées de pompe à chaleur, une option qui sera proposée dans la gamme.

Autonomie, batterie et recharge

Lors de cet essai, j’ai pris le volant du Skoda Epiq 55, la première motorisation à arriver en concession.

Elle délivre 210 chevaux et 290 Nm, alimentée par une batterie LFP d’une capacité nette de 51,7 kWh (pesant 297 kg). Skoda prévoit une autonomie WLTP d’environ 430 km, ce qui est supérieur à la Renault 5 dont la batterie est de taille comparable, mais qui appartient à un segment plus compact.

La version 55 peut accepter une puissance de charge de 133 kW, permettant de passer de 10 à 80 % en 23 minutes. Cette motorisation sera disponible en juin 2026, selon Skoda.

blank
Essai Skoda Epiq Prototype

Les versions 30 et 45 du Skoda Epiq arriveront en novembre 2026. Pour ces deux modèles, la batterie embarquée est une NMC d’une capacité brute de 38,5 kWh. L’autonomie prévue est de 310 km en cycle WLTP, les rendant plus adaptées à un usage urbain, moins polyvalentes.

La différence entre les deux modèles réside dans la puissance : 85 kW, soit 115 chevaux pour l’Epiq 30, et 99 kW, soit 135 chevaux pour l’Epiq 45, ainsi que dans la puissance de charge. L’Epiq 45 supporte jusqu’à 90 kW de puissance maximale, permettant un temps de charge de 10 à 80 % en 28 minutes.

Pour l’Epiq 30, la puissance de charge ne dépasse pas 50 kW. Skoda n’a pas encore communiqué sur le temps de charge pour cette motorisation, mais il est raisonnable de penser qu’il atteindra au moins 45 minutes.

Prix, concurrence et disponibilité

Le prix officiel n’a pas encore été communiqué. Depuis le premier concept de l’ID.2, qui est devenu ID.Polo, ou encore en ce qui concerne le Skoda Epiq, un tarif de 25 000 euros est souvent mentionné.

Cependant, le Skoda Epiq pourrait être légèrement plus cher en France. Le constructeur devrait décider de ne pas importer la finition de base prévue à 25 000 euros. Ainsi, le prix devrait commencer à 26 000 euros en France, avec un équipement correct et des finitions supérieures, car il est vrai que les prototypes d’essai n’étaient pas très convaincants à cet égard.

La bonne nouvelle est que ce prix de 26 000 euros est vraisemblablement avant bonus écologique (Coup de pouce CEE), soit celui affiché au catalogue de Skoda. Étant produit en Espagne, à Pampelune, le Skoda Epiq bénéficiera de l’aide gouvernementale pour l’achat d’un véhicule électrique, ainsi que d’une sur-prime pour une batterie d’origine européenne. En cumulant toutes ces aides, le prix pour les clients français devrait se situer autour de 20 000 euros.

Si cela se confirme au printemps, lors de l’arrivée du Skoda Epiq, le SUV tchèque pourrait connaître un grand succès et mettre à mal la concurrence. Pour obtenir confirmation, il faudra patienter jusqu’en juin prochain, date de lancement commercial du Skoda Epiq.