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L’Allemagne ne compte pas dépendre de Dassault pour son avion de combat.

Lundi, des industriels allemands ont annoncé que l’Allemagne devrait développer son propre avion de combat, dénonçant l’attitude du français Dassault sur le programme d’avion de combat européen SCAF. Ce projet clé de la coopération militaire franco-allemande, lancé en 2017, vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.


Lundi, des industriels allemands ont déclaré que l’Allemagne devrait développer son propre avion de combat, critiquant l’attitude de l’entreprise française Dassault concernant le programme d’avion de combat européen SCAF.

« Depuis près d’un an, l’entreprise française Dassault revendique de facto la mainmise sur le projet », ont exprimé lundi dans le quotidien allemand Handelsblatt le vice-président du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall, Jürgen Kerner, et la présidente de la Fédération allemande des industries aéronautiques, Marie-Christine von Hahn.

**Berlin se donne les moyens de muscler son armée**

Désigné comme maître d’œuvre, l’avionneur français exige plus d’autonomie dans sa fabrication, ce qui suscite le mécontentement de l’Allemagne et de l’Espagne, qui a intégré le programme en 2019. L’attitude de Dassault est qualifiée de « invitation à nous renier sur le plan industriel : ça ne peut pas passer », dénoncent-ils.

Avec l’Allemagne maintenant disposée à augmenter son budget militaire face à la menace russe, l’heure n’est plus à rejoindre « un projet multinational », mais à lancer « notre propre programme », en cherchant « des partenaires voulant y participer », avancent les deux signataires. « Conduite sans pilote, capteurs, mise en réseau, propulsion, armement : tout doit interagir de manière innovante », soulignent-ils, en insistant sur le fait que le SCAF ne se limite pas à un avion, mais repose sur un ensemble de systèmes.

« Pourquoi nous accrocherions-nous donc à un super-jet unique qui devrait tout faire et satisfaire tous les intérêts ? La réponse cohérente est la suivante : deux avions au sein d’un SCAF européen commun », ont conclu Jürgen Kerner et Marie-Christine von Hahn. Pour eux, un tel changement ne serait pas un échec, mais bien « l’entrée dans la maturité » du projet.

**Un projet de coopération militaire franco-allemande**

Ce projet clé de la coopération militaire franco-allemande, lancé en 2017, vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.

Fin janvier, le chancelier Friedrich Merz a annoncé que la décision concernant la poursuite du programme était de nouveau reportée, tout en assurant maintenir un « dialogue intensif avec la France ».

Les médias allemands évoquent un possible revirement de l’Allemagne en faveur du projet concurrent GCAP, qui associe le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.