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Super Bowl : Bad Bunny célèbre l’Amérique, « une gifle à notre pays » selon Donald Trump

L’événement a été regardé par 100 millions de téléspectateurs à travers les Etats-Unis lors du Super Bowl Halftime Show à Santa Clara, Californie. Bad Bunny, qui a chanté essentiellement en espagnol, a finalisé le spectacle en détournant le « God Bless America » pour en faire un hommage à tout le Continent, tout en recevant des critiques de Donald Trump qualifiant le concert d' »affront à la grandeur de l’Amérique ».


L’événement était l’un des plus attendus de l’histoire du Super Bowl Halftime Show, le concert se déroulant lors de la finale de la ligue de football américain NFL, à Santa Clara en Californie, et regardé par 100 millions de téléspectateurs aux États-Unis. La dimension politique potentiellement explosive s’ajoutait à l’attrait de celui qui est aujourd’hui l’artiste le plus populaire au monde, formant un cocktail inédit.

Cependant, même si Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, a présenté sur la pelouse du Levi’s Stadium ses chansons engagées et son univers culturel, presque entièrement en espagnol, il a évité les critiques et les accusations. Cela n’a pas rassuré Donald Trump, qui a décrit le concert comme un « affront à la grandeur de l’Amérique » sur son réseau Truth Social quelques minutes après la fin du show. Le président américain a également évoqué un « show (qui) n’est rien moins qu’une gifle à notre pays ». « Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type », a-t-il écrit, en référence à Bad Bunny, qui chante et s’exprime presque exclusivement en espagnol, langue parlée par plus de 41 millions de personnes aux États-Unis, selon des chiffres officiels.

Accompagné d’une troupe de danseurs, Bad Bunny a déambulé dans les allées d’un village portoricain reconstitué pour l’occasion, avec un salon de beauté, un vendeur de glaces (piraguas) et des joueurs de domino, interprétant plusieurs de ses tubes. « Titi Me Pregunto », « Nuevayol » ou « Monaco » ont résonné dans l’enceinte, tandis qu’une impressionnante brochette d’invités de marque du monde hispanique était présente, allant de l’acteur Pedro Pascal à la chanteuse Karol G, en passant par Cardi B.

La plus grande surprise est venue de l’apparition de Lady Gaga, qui a interprété une version salsa de son titre à succès « Die With A Smile », avec Bad Bunny remplaçant Bruno Mars pour l’occasion. Vêtu d’un costume croisé blanc crème et de baskets assorties, Bad Bunny est resté décontracté, amusant le public par quelques facéties, notamment l’écroulement (préparé) du toit d’un cabanon sur lequel il se trouvait.

Il a clôturé le spectacle en détournant le « God Bless America » pour en faire un slogan célébrant tout le continent, accompagné d’une procession de drapeaux latino-américains. Pour Duane Welty Rivera, un supporter portoricain des Seahawks présent à Santa Clara, la politique était secondaire dans un tel format, seule comptant « l’énergie ». « Nous devons nous concentrer sur le fait que nous sommes unis, » a-t-il souligné, même si Porto Rico a un statut hybride et ne fait pas pleinement partie des États-Unis.

Le Halftime Show n’a cependant jamais été aussi politique, Bad Bunny ayant même annulé des concerts aux États-Unis pour éviter de mettre en danger ses fans latinos. Une semaine auparavant, lors de la cérémonie des Grammy Awards, l’artiste avait appelé à mettre « ICE dehors », en référence à la police américaine de l’immigration, qu’il n’a pas mentionnée dimanche. « Nous ne sommes pas des animaux […] nous sommes humains et nous sommes américains », avait-il scandé, remportant trois trophées dont celui d’album de l’année. Mais il avait également appelé cette soirée-là à renoncer à la haine pour privilégier l’amour, une ligne à laquelle il s’est tenu le dimanche suivant.

Le Super Bowl représente aussi une vitrine pour les annonceurs, et les marques rivalisent pour créer des publicités hors normes mettant en scène des superstars. Ces publicités sont diffusées lors des nombreuses pauses du match. Cette année, Matthew McConaughey et Bradley Cooper ont vanté un service de livraison de repas, Ben Affleck a promu des donuts, tandis que la chanteuse Sabrina Carpenter s’est fabriqué un prince en chips. Le coût estimé pour une publicité de 30 secondes ? Entre 8 et 10 millions de dollars, un tarif en hausse par rapport à l’année précédente. Cela illustre que, malgré les polémiques, les annonceurs jugent toujours rentable d’être présents au Super Bowl.