JO 2026 – Biathlon : Lou Jeanmonnot et Julia Simon, équipe de France toujours invincible
Lou Jeanmonnot a touché sa médaille d’or pendant son passage de quatre minutes en zone d’interview, 1h30 après le sacre de l’équipe de France sur le relais mixte des JO d’hiver 2026. Julia Simon a remporté sa première médaille d’or olympique avec un tir parfait de 10/10 et une avance finale de 25,8 secondes sur l’Italie.

De notre envoyé spécial à Anterselva,
Lou Jeanmonnot, à peine une heure et demie après la victoire historique de l’équipe de France de biathlon dans le relais mixte aux JO d’hiver 2026, a passé quatre minutes en zone d’interview, durant lesquelles elle n’a cessé de toucher sa médaille d’or. Émue et sereine, elle justifie amplement son statut de leader du classement général. En tant que troisième relayeuse et pour sa première expérience olympique, elle a pris le relais dans une situation délicate, alors que son équipe se trouvait en troisième position, avec un retard de 21,2 secondes sur la Norvège et de 5,4 secondes sur l’Allemagne.
Transformée en Breezy Johnson, elle a permis à Julia Simon de prendre une avance considérable, presque 20 secondes devant le trio Norvège-Allemagne-Italie. Pour mesurer l’impact de cette athlète exceptionnelle, il suffit de demander à Karoline Knotten ce qu’elle pense de la phénoménale Jurassienne, qui a réalisé un impressionnant 9/10 sur le pas de tir.
Le « sang froid » de Lou Jeanmonnot pour ses premiers JO
« OK, j’étais déjà contente d’avoir une vingtaine de secondes d’avance au moment de m’élancer, » confie la Norvégienne. « Mais pour me sentir un peu en confiance, il aurait fallu que j’aie 1 minute d’avance sur elle. Elle montre depuis la saison passée un niveau tellement incroyable, avec un tel sang froid, et elle m’a encore impressionnée aujourd’hui. » La Norvège, finalement 4e et frustrée à Anterselva, a dû faire face à une Julia Simon qui, ce dimanche, ne ressemblait en rien à la 12e du classement général de la Coupe du monde (et seulement 5e Française).
Après un début de saison difficile pour des raisons extra-sportives, la détentrice du gros globe 2023 a retrouvé sa formidable froideur et sa précision chirurgicale sur le pas de tir. « Avec Julia, on sait que si ça doit se jouer sur un dernier tir debout, non seulement elle ne se rate jamais, mais en plus ses adversaires en ont la trouille. Donc notre choix de l’aligner aujourd’hui n’était pas innocent, » indique Stéphane Bouthiaux, directeur des équipes de France de biathlon.
Julia Simon d’un calme « étrange » sur le dernier tir
Julia Simon, en dernière relayeuse, a réalisé un 10/10 au tir et a terminé avec un avantage final de 25,8 secondes sur l’Italie et 1’05 » sur l’Allemagne, savourant ainsi sa première médaille d’or olympique (après l’argent du relais mixte à Pékin). Elle évoque son dernier tir debout en tant que patronne : « C’est étrange mais je me suis sentie très calme à ce moment-là, alors que j’étais vraiment stressée avant la course. On sait à quel point Lisa Vittozzi tire très vite, mais je ne lui ai pas ouvert la porte. »
À l’inverse, Quentin Fillon Maillet a connu des difficultés lors des tirs, malgré un excellent départ d’Eric Perrot (2e à 3,2 secondes du Norvégien Martin Uldal). Bien que performant sur les skis, le héros des JO 2022 a affiché une fébrilité déconcertante au tir couché, avec trois échecs, puis deux autres debout. En tout, il a laissé à lui seul plus de balles en route que toute l’équipe allemande (trois) et autant que l’Italie.
Quand Fillon Maillet « merdouille » sur le pas de tir
Conscient de son échec, « QFM » ne souhaitait pas revenir sur ce moment difficile après la course. « Je n’ai pas envie de parler d’un moment négatif. On a déjà eu plein de succès en Coupe du monde et en Championnats du monde malgré des tours de pénalité et des situations très complexes. Même si ma course n’était pas parfaite, on a quand même une médaille d’or autour du cou. »
Stéphane Bouthiaux résume son passage à vide : « On a frôlé la correctionnelle : il pioche trois balles et s’il rate une pioche, il va tourner sur l’anneau. Là, ça aurait été vraiment compliqué de revenir devant. OK, Quentin a merdouillé, mais il aurait pu carrément merder et on ne voyait pas le podium. » Grâce aux performances de ses coéquipières, les Bleues ont réussi à rendre le suspense moins tendu, même en considérant la 4e place de « QFM » à la sortie du tir debout.
Julia Simon compte vite regoûter à l’or
« On a un énorme atout dans cette équipe, c’est d’avoir les meilleures filles du monde, » sourit Eric Perrot. « Avec les gars, on a montré cette année qu’on faisait aussi partie des meilleurs. Mais comme disent les Norvégiens, notre cheat code, c’est les filles, et elles l’ont encore prouvé aujourd’hui. » Une anecdote amusante, car Quentin Fillon Maillet avait précédemment affirmé au micro de France Télévision : « Les garçons allemands m’ont dit que nos filles, c’était le code secret de la France, et clairement elles l’ont montré. »
Au sein du biathlon européen, une chose est désormais certaine : nos biathlètes féminines sont redoutées. Julia Simon conclut avec une réflexion qui ne rassurera pas ses rivales : « Ce sont des émotions tellement éphémères qu’une fois qu’elles sont terminées, on veut les revivre. » Désolé, chères Italiennes, Allemandes, Norvégiennes ou Suédoises, il va vous falloir rapidement accepter que remporter des médailles de bronze, voire même d’argent, serait déjà un bel exploit face à nos « cheat codes ».

