Affaire Epstein : Consensus politique suite à la démission de Jack Lang
Jack Lang a présenté sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) samedi, sous la pression de l’Elysée et de Matignon. Le Parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire contre lui et sa fille Caroline Lang pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Une question d’« exemplarité », « la seule décision possible », « il était temps »… La classe politique était unanime ce dimanche, au lendemain de la démission de Jack Lang, mis en cause pour ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA).
« Je crois que Jack Lang a pris la seule décision possible », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur France Info. « La situation était, me semble-t-il, intenable. Ce sera à la justice de dire pour l’ensemble des parties prenantes quelles sont les responsabilités », mais, dans son cas, il y a aussi « une question morale qui se pose, me semble-t-il, de façon évidente ».
Le premier secrétaire du PS a émis une réaction similaire : « La justice, elle doit passer pour les puissants comme pour les autres […], mais la responsabilité, l’exemplarité, supposaient qu’il parte », a relevé Olivier Faure sur France 3.
Sous pression de l’Elysée
Jack Lang, ancienne figure du Parti socialiste, célèbre ministre de la Culture sous François Mitterrand et connu pour avoir lancé le concept de la Fête de la musique à travers le monde, a présenté samedi sa démission de la présidence de l’IMA. Il était sous pression de l’Elysée et de Matignon, l’entourage d’Emmanuel Macron l’exhortant à « penser » à l’IMA pour éviter que le prestigieux institut ne soit éclaboussé par cette affaire. L’Elysée a sobrement déclaré samedi « prendre acte » de sa démission.
« Je pense que c’était absolument nécessaire qu’il quitte sa fonction », a déclaré dimanche l’ex-Premier ministre (LR) Michel Barnier sur LCI, mettant en garde contre « le sentiment d’impunité » des puissants, qui est « insupportable » et « donne du carburant au vote dégagiste ou au vote populiste ». « C’est bien qu’il démissionne. Il aurait dû le faire tout de suite, immédiatement », a affirmé la députée écologiste Sandrine Rousseau sur BFMTV.
Lang mentionné 673 fois dans des échanges avec Epstein
« Il était temps », a souligné le vice-président du RN, Sébastien Chenu, invité du Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6. « Il a peut-être fraudé l’impôt », « était probablement ami de Jeffrey Epstein ». « C’était la bonne décision [à prendre] plutôt qu’on ne l’y oblige », a estimé Éric Coquerel, cadre de LFI, soulignant que des liens étaient « avérés […] au moins de nature financière », selon des enquêtes de médias.
Bien qu’aucune charge ne pèse pour l’instant contre l’ancien ministre, la mention de son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein ainsi que ses liens d’intérêt avec le financier américain avaient conduit de nombreux membres de la classe politique à exiger son départ. Le Parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire contre lui et sa fille, Caroline Lang, pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
« Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », a assuré samedi Jack Lang dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans lequel il propose sa démission.

