L’avance sur salaire : un soutien parfois apprécié des employeurs
Danielle, mère célibataire en fin de carrière, a soumis pour la première fois à son employeur une demande d’avance sur salaire en raison de la maladie de son enfant adulte à revenu extrêmement faible. En 2025, environ 500 demandes d’avance sur salaire ont été soumises à la Stib, représentant une augmentation de 5% par rapport à l’année précédente.
Ça ne lui était jamais arrivé auparavant. Danielle (nom d’emprunt) est mère célibataire et arrive en fin de carrière. Pour la première fois, elle a fait une demande d’avance sur salaire à son employeur. « J’ai un enfant adulte mais qui a un revenu extrêmement faible, explique-t-elle. Il a eu besoin de soins de santé en urgence, et on n’avait pas d’autres solutions. »
Après une carrière parsemée de hauts et de bas et un soutien constant à ses enfants, Danielle n’a pas réussi à économiser. Un emprunt bancaire lui aurait coûté trop cher, et solliciter sa famille ou ses amis reste délicat. « Et là on se dit que l’employeur, c’est aussi de l’argent qui peut être facilement prêté dans le sens où on peut rembourser plus facilement sur son salaire. »
Bien que la pratique soit connue, elle n’est généralement pas si courante. Selon Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, le contexte économique des dernières années pousse certaines personnes à y recourir : « Aujourd’hui, il y a une difficulté, surtout pour les personnes isolées et les familles monoparentales, et c’est vraiment une confrontation aux besoins immédiats de la vie. » Santé, mobilité, logement, les sources de problèmes sont diverses.
À Bruxelles, la Stib, le plus grand employeur de la région, constate une augmentation continue de ce type de demandes depuis 2022. Parmi les environ 10 000 employés de l’entreprise, environ 500 demandes ont été déposées en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente.
Aucun cadre légal précis ne régit les demandes d’avance sur salaire. Ce n’est pas un droit, l’employeur peut refuser la demande. En cas d’acceptation, il est conseillé de signer une convention précisant le montant prêté et le délai de remboursement. L’avance sur salaire demeure une forme d’endettement avec des risques auxquels il faut rester vigilant.

