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Epstein files : informations confirmées et désinformation en Belgique

Le 31 janvier 2026, le ministère de la Justice des États-Unis a mis en ligne trois millions de pages, dont plus de 2000 vidéos et plus de 180.000 images en lien avec Jeffrey Epstein. Le nom de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang est mentionné à 673 reprises dans les millions de documents liés à l’affaire Epstein.


Le 31 janvier 2026, le ministère de la Justice des États-Unis a mis en ligne trois millions de pages, incluant plus de 2000 vidéos et 180 000 images relatives à Jeffrey Epstein, un riche financier américain condamné pour crimes sexuels qui est au centre d’un vaste scandale de trafic de mineures impliquant des personnalités influentes.

Évoqué à travers les « Epstein Files », ces documents témoignent de crimes impliquant des personnalités notables. La publication de ces nouveaux éléments par la Justice américaine est justifiée par l’obligation de se conformer à une loi adoptée en novembre de l’année précédente, visant à garantir la transparence autour d’un dossier devenu politiquement sensible.

Donald Trump, qui avait longtemps opposé son veto à une telle divulgation, a finalement promulgué en novembre 2025 une loi permettant la publication des documents sur Epstein, après un vote du Congrès. Cette loi prévoit que l’intégralité des documents non classifiés en possession du ministère de la Justice concernant le financier new-yorkais soit rendue publique.

Une semaine après la mise en ligne de cette base de données accessible grâce à des mots-clés, plusieurs personnalités ont démissionné ou présenté des excuses. Les interrogations se portent sur la nature des documents, leur valeur probante, les conséquences immédiates et les zones d’ombre qui persistent. Cet article dresse un panorama des « Epstein Files » dévoilés.

Les documents du ministère de la Justice sont archivés en PDF et sont indexés dans une base de données accessible au public, qui doit confirmer que les utilisateurs ont plus de 18 ans avant d’accéder aux contenus.

Les archives comprennent des éléments de correspondance par e-mail de Jeffrey Epstein, des messages privés, des photos et vidéos personnelles, ainsi que des notes du FBI, des rapports de police et des signalements non vérifiés. De nombreux documents comportent des marques noires, rendant certaines parties illisibles en raison de caviardages.

Le ministère de la Justice a précisé que certains documents « pouvaient contenir des images, des documents ou des vidéos faux ou présentés de manière trompeuse » et les a publiés conformément à la loi sur la transparence. De plus, il a souligné que « certains de ces documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l’encontre du président Trump ».

Concernant la protection des victimes, le ministère a indiqué que des expurgations avaient été faites pour protéger les victimes et leurs familles. Malgré cela, il a publié des dizaines d’images non censurées de jeunes femmes, dont certaines identifiées comme des adolescentes liées à des dossiers sur Epstein. Une centaine de victimes ont exprimé leur consternation devant cette publication, demandant la fermeture du site gouvernemental. La procureure générale Pam Bondi a reconnu que le ministère avait travaillé ce week-end pour supprimer plusieurs milliers de documents susceptibles d’identifier des victimes, imputant ces erreurs à divers facteurs.

À la suite de la mise en ligne de ces documents, des journalistes et des particuliers ont cherché de nouvelles révélations. Des recherches par mots-clés, comme « Musk », ont permis de retrouver des échanges entre Epstein et des personnalités célèbres. Toutefois, la présence de ces noms ne signifie pas nécessairement un lien établi. Par exemple, les noms de Beyoncé et Rihanna peuvent apparaître en raison de leur inclusion dans une newsletter reçue par Epstein.

Les documents révèlent également des témoignages de victimes décrivant les abus de Jeffrey Epstein, ainsi qu’un diagramme non daté contenant des noms et photos de plusieurs proches collaborateurs, dont Ghislaine Maxwell et Jean-Luc Brunel, un agent de mannequins accusé de viol.

D’autres publications ont captivé l’attention, impliquant des figures politiques et des célébrités. Parmi les informations notables :

– Le nom de Donald Trump est mentionné plusieurs milliers de fois, souvent dans un contexte d’allégations non vérifiées.
– Bill Clinton est souvent cité, ayant voyagé avec Epstein, tout en niant avoir eu connaissance de ses crimes.
– Elon Musk avait demandé à Epstein quand serait la prochaine fête sur son île, sans qu’aucune rencontre soit confirmée.
– Des échanges entre Epstein et Steve Bannon laissent penser qu’ils ont élaboré une stratégie pour changer la perception publique des crimes d’Epstein.
– Des courriels échangés entre Epstein et Bill Gates portent sur des allégations non corroborées de problèmes personnels liés à des relations sexuelles.
– Le financier Howard Lutnick a été mentionné dans des documents alors qu’il affirmait avoir rompu ses liens avec Epstein.
– Noam Chomsky a manifesté son soutien envers Epstein, déplorant le traitement médiatique dont il était la cible.

En Europe, les documents ont impliqué des figures comme le prince Andrew du Royaume-Uni, Peter Mandelson, Richard Branson et la princesse Mette-Marit de Norvège. En France, le nom de Jack Lang apparaît fréquemment tandis que des échanges concernant Louis Aliot et Cédric Villani sont mentionnés.

La Belgique est aussi citée dans les fichiers, avec des références au prince Laurent ayant rencontré Epstein. D’autres noms notables sont également mentionnés dans les « Epstein Files », parmi lesquels Sarah Ferguson, Woody Allen, Ehud Barak, etc.

Les révélations issues de ces documents alimentent les spéculations et théories du complot. Le dossier, bien que riche en informations, soulève aussi de nombreuses questions non résolues. Alors que le ministère de la Justice déclare que cette publication est définitive, des voix se lèvent pour critiquer le caractère incomplet de ces publications. Des passages demeurent masqués et le manque d’informations peut nourrir une atmosphère de conspiration.

Des allégations de cannibalisme ont même émergé, bien qu’elles n’aient pas été corroborées par des faits. L’utilisation de l’intelligence artificielle pour promouvoir certains narratifs douteux a également été constatée.

Près de sept ans après sa mort, Jeffrey Epstein continue de susciter des controverses, laissant planer le doute quant à une closure définitive du dossier.