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Cuba prend des mesures : semaine de 4 jours, télétravail, hôtels fermés.

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a annoncé des mesures visant à faire face à la crise énergétique lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision, incluant la réduction à quatre jours de la semaine de travail dans les administrations et les entreprises d’État. Ces mesures s’inspirent des directives prises par l’ancien dirigeant Fidel Castro durant la « période spéciale », qui a suivi la chute en 1991 de l’URSS.


Des « temps difficiles ». Le président cubain Miguel Diaz-Canel a posé le diagnostic lors d’une conférence de presse diffusée à la télévision, s’adressant ainsi aux 9,6 millions de Cubains. En raison de la crise énergétique et de la pression américaine, Cuba doit adopter plusieurs mesures « en premier lieu pour garantir la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement », a souligné le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga sur la télévision d’État.

Parmi les mesures annoncées figurent : la réduction de la semaine de travail à quatre jours dans les administrations et les entreprises d’État, l’instauration du télétravail, des restrictions sur la vente de carburant, une diminution des services de bus et de trains, ainsi que la fermeture temporaire de certains établissements touristiques. Dans le domaine éducatif, les journées de cours seront raccourcies, et les universités fonctionneront selon un format semi-présentiel.

Cette série de mesures vise à économiser du carburant pour favoriser « la production de nourriture et la production d’électricité » et à garantir « la sauvegarde des activités essentielles qui génèrent des devises », a précisé le vice-Premier ministre.

Il a néanmoins rassuré sur le fait que les investissements dans les énergies renouvelables seraient maintenus, et que le pays continuerait ses efforts pour accroître la production de pétrole nationale, qui couvre 30 % de sa consommation. En 2025, 49 parcs photovoltaïques ont été mis en place à travers le pays, augmentant la production d’énergie solaire de 3 % il y a deux ans à 10 % actuellement.

Pour ces mesures, le gouvernement s’est inspiré des directives adoptées par l’ancien dirigeant Fidel Castro durant la « période spéciale », une grave crise économique qui avait suivi l’effondrement de l’URSS en 1991, alors principal allié de Cuba. De nombreux Cubains se remémorent ces années marquées par des coupures de courant de près de quinze heures par jour, des pénuries alimentaires, des usines à l’arrêt, et des rues désertes, à l’exception des bicyclettes.

L’économie de l’île, sous embargo américain depuis 1962, avait commencé à se redresser à partir de 1997, grâce au développement du tourisme et aux investissements étrangers. À partir de 2000, Cuba avait pu compter sur un accord de coopération avec le Venezuela du président Hugo Chávez (1999-2013), qui prévoyait un approvisionnement en pétrole en échange de l’envoi de médecins, enseignants et autres professionnels.

Cependant, ces livraisons ont totalement cessé suite à l’arrestation du président Nicolas Maduro par des forces américaines début janvier, et Donald Trump a intensifié la pression sur l’île communiste, qui subit depuis six ans une grave crise économique.

Le président américain a signé un décret stipulant que les États-Unis pourraient imposer des droits de douane aux pays expédiant du pétrole à La Havane. Il a également affirmé que le Mexique, qui fournit du pétrole à Cuba depuis 2023, cesserait cette collaboration. Pour justifier sa politique, Washington évoque une « menace exceptionnelle » que Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, ferait peser sur la sécurité nationale américaine.

Le gouvernement cubain accuse Washington, qui n’a jamais caché son souhait de voir un changement de régime à La Havane, de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île.