Belgique

Batibouw 2026 : construire et rénover malgré les obstacles (primes, matériaux…)

Pour Batibouw, le secteur de la construction fait face à des défis liés à la pression sur les consommateurs et investisseurs, avec plus de 200.000 visiteurs l’année passée. La 67e édition du Salon se tient cette année jusqu’au dimanche 15 février, proposant des conférences, des ateliers et des séminaires, ainsi que des événements comme la remise des prix BAEXA.


Pour Batibouw, le défi est double : le secteur de la construction est sous pression, tout comme les consommateurs et investisseurs. De plus, le Salon est en phase de récupération après la période du Covid. « Il y a un enjeu de survie après le Covid, qui a été terrible pour le secteur des foires et salons », déclare le directeur de Batibouw, Joan Condijts. « Ça a bien repris, mais il fallait se réinventer, recréer des nouvelles choses. C’est ce que nous avons fait et ce que nous continuons à faire, année après année. »

Le Salon a pour objectif de « recréer du lien avec les visiteurs, avec les exposants, essayer de bien comprendre les attentes des uns et des autres et y répondre le plus efficacement possible. » Par ailleurs, il doit « développer l’attrait pour les professionnels. »

Sur les 45.000 mètres carrés d’exposition, il y aura également des conférences, des ateliers pour les particuliers, des séminaires pour les professionnels, ainsi que des événements, comme la remise des prix BAEXA pour l’excellence architecturale belge et internationale, pour la deuxième année consécutive.

L’espoir est d’attirer à nouveau les visiteurs, qui étaient un peu plus de 200.000 l’année dernière. Le secteur espère un impact positif de cette 67e édition, car les difficultés rencontrées sont inédites.

### « On compte plus que jamais sur ce Salon »

« Ça a toujours été un facteur déclencheur d’investissements pour beaucoup de personnes donc on compte plus que jamais sur ce Salon, qui est un partenaire depuis des dizaines d’années de notre fédération », explique le secrétaire général d’Embuild, Laurent Schiltz.

Cette confiance est d’autant plus nécessaire après une année 2025 particulièrement difficile. Le secteur observe une baisse nette du nombre d’entreprises, une première en dix ans, représentant une perte de 1.402 entreprises de construction. De plus, il y a eu une diminution de 7% du nombre de nouveaux entrepreneurs.

La baisse d’activité est particulièrement marquée à Bruxelles. Les primes pour la rénovation sont à l’arrêt, sans visibilité sur l’avenir en raison de l’absence de gouvernement. « Beaucoup de personnes ont reporté voire annulé des travaux qui étaient prévus dans l’attente d’avoir une vision plus claire sur le soutien financier à Bruxelles en matière de rénovation énergétique. » Pour l’heure, il est impossible d’apporter cette clarté.

Laurent Schiltz souligne également une « perte de confiance » de la part des investisseurs privés, ce qui se traduit par une réduction de la production de logements neufs à Bruxelles. Parallèlement, des marchés publics sont également à l’arrêt en raison du manque de visibilité budgétaire et d’investissement public.

Cette combinaison de facteurs entraîne une situation rarement rencontrée à Bruxelles, avec d’importantes baisses d’activité. Cette crise de la demande, d’origine politique, fait suite à celle liée à l’augmentation des coûts des matériaux, elle-même consécutive à celle provoquée par le Covid. Certaines entreprises qui avaient réussi à résister se retrouvent aujourd’hui en difficulté.

### À quoi faut-il s’attendre pour le portefeuille ?

Des changements ont eu lieu concernant les primes en Wallonie et en Flandre. Bien qu’il y ait eu une diminution pouvant décourager les consommateurs, il existe au moins une clarté politique qui fait défaut à Bruxelles.

« Le pire, c’est l’incertitude », juge Laurent Schiltz. Pendant le Salon, des espaces d’information sont prévus pour expliquer les changements intervenus dans les régions flamande et wallonne, ainsi que des conseils généraux pour aider les visiteurs à décider d’investir ou non dans des travaux.

En ce qui concerne les prix des matériaux, on ne parle plus d’une flambée, mais d’une stabilisation. « On a repris une courbe de croissance plus normale », commente Laurent Schiltz. « Mais si certains espèrent encore un retour en arrière sur les prix, nous pensons que cela n’arrivera pas. »

Du côté du Salon, l’accent est mis sur l’énergie et le logement abordable. « Depuis la guerre en Ukraine et tout ce qui en a découlé sur les prix de l’énergie et des matériaux, le portefeuille est devenu d’autant plus important, même s’il l’était déjà avant », explique Joan Condijts, le directeur de Batibouw. « Ce sont vraiment des préoccupations que nous mettons en avant et auxquelles nous essayons de répondre par des solutions très concrètes pour les gens. »

Le Salon, en rassemblant les acteurs du secteur, facilite aussi les comparaisons et propose des offres temporaires qui pourraient aider au financement des projets. Cette année, il se déroule jusqu’au dimanche 15 février.