High-tech

Test des Shokz OpenFit Pro : réduction de bruit sur écouteurs ouverts

Les écouteurs Shokz OpenFit Pro intègrent pour la première fois une réduction de bruit sur un format ouvert. Avec la réduction de bruit activée, leur autonomie chute à environ 6 heures sur les écouteurs et 24 heures avec le boîtier.


Depuis ses débuts dans le domaine de la conduction osseuse, Shokz a su poser les jalons de sa vision des écouteurs ouverts. Avec les modèles OpenFit, puis les OpenFit 2 et 2+, la marque a perfectionné l’ergonomie des écouteurs à conduction aérienne, offrant ainsi confort et sécurité pour les amateurs de sport. Toutefois, un inconvénient majeur subsistait : l’absence totale d’isolation phonique, ce qui les rendait peu adaptés aux environnements bruyants, lorsque l’objectif était de profiter de la musique dans de bonnes conditions.

Les OpenFit Pro souhaitent remédier à ce problème. En intégrant pour la première fois une réduction de bruit sur un format ouvert — suite à l’annonce surprenante d’Apple avec ses AirPods 4 ANC — Shokz s’efforce de transformer ses écouteurs en assistants polyvalents au quotidien. La marque a également repensé l’architecture sonore avec un nouveau transducteur à double membrane, mais c’est surtout la fonction de réduction du bruit qui suscite le plus d’intérêt.

Après plusieurs semaines d’utilisation intensive — que ce soit pendant des jogging ou les trajets en transport — j’ai pu déterminer si ces nouveaux écouteurs étaient à la hauteur de leurs promesses.

### Shokz OpenFit Pro : spécifications techniques

*Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Shokz.*

### Design : une touche premium bienvenue

Les OpenFit Pro conservent l’ADN visuel de la lignée tout en gagnant en sophistication. Le design tour d’oreille reste inchangé, épousant l’oreille sans jamais pénétrer dans le conduit auditif. Cependant, dès la première prise en main, on constate l’effort de Shokz pour élever son standard.

L’ajout d’éléments métalliques — autour du corps acoustique et sur le boîtier de charge — apporte une touche de sophistication appréciable. Les surfaces varient entre plastique mat et alliage nickel-titane, tandis que les zones en contact avec la peau bénéficient du silicone ultra-doux déjà proposé sur les OpenFit 2. Ce matériau exclusif à Shokz, avec une **dureté bien équilibrée**, garantit un confort immédiat et durable.

La certification IP55 demeure, assurant une résistance adéquate à la transpiration et aux éclaboussures, idéale pour le sport, même si il est déconseillé de nager avec (pour cela, Shokz propose l’OpenSwim Pro).

En revanche, ces améliorations ont un coût : chaque écouteur pèse désormais 12,3 grammes contre 9,4 grammes pour les OpenFit 2. De même, le boîtier de charge passe à 74 grammes contre 58 grammes précédemment. Bien que ce poids puisse constituer une préoccupation sur le papier, en réalité, la différence reste imperceptible grâce à la répartition efficace du poids sur l’ensemble du tour d’oreille.

Les crochets d’oreille en alliage nickel-titane offrent juste ce qu’il faut de flexibilité pour s’adapter à différentes morphologies sans exercer trop de pression. Même après plusieurs heures d’utilisation — lunettes comprises — ils provoquent peu de gêne ou de fatigue. Aucun problème non plus avec un bonnet ou un casque de vélo.

En bonus, Shokz fournit des ailettes en silicone optionnelles pour ajuster légèrement l’espacement entre les écouteurs et le tour de l’oreille, permettant ainsi d’améliorer la stabilité lors d’activités particulièrement intenses.

Le boîtier de charge, légèrement plus long et affiné que celui des OpenFit 2, abandonne le rangement superposé des écouteurs pour offrir à chacun un emplacement dédié. **La charge sans fil Qi** est présente, une fonctionnalité absente des modèles précédents, à l’exception des OpenFit 2+.

En enfin, Shokz a fait le choix avisé de conserver des boutons physiques plutôt que des commandes tactiles, particulièrement utiles lors d’activités sportives nécessitant précision et rapidité. Chaque écouteur est équipé d’un bouton multifonction facilement localisable au toucher.

### Un écosystème complet

La **détection de port** est intégrée aux OpenFit Pro grâce à un système hybride combinant **capteurs optiques et capacitifs**. Cela évite les erreurs de détection pendant les activités sportives, car la lecture se met automatiquement en pause lorsqu’un écouteur est retiré et reprend dès qu’il est remis.

L’application Shokz permet un contrôle complet des écouteurs. L’interface est claire et intuitive, affichant les niveaux de batterie des écouteurs et du boîtier. Parmi les fonctionnalités notables, on trouve :

– Un égaliseur 10 bandes (5 bandes sur les OpenFit 2+) pour une personnalisation sonore précise.
– Cinq préréglages audio : Standard, Vocal, Basses renforcées, Aigus renforcés et Privé (ce dernier réduit les fuites sonores dans les hautes fréquences).
– Le contrôle de la réduction de bruit avec un ajustement manuel.
– L’activation du Dolby Atmos avec suivi des mouvements de tête.
– La fonction « Localiser mes écouteurs ».
– Les paramètres d’appairage multipoint.
– L’activation de la détection de port.
– Un mode faible latence pour le gaming et le visionnage de vidéos.
– La personnalisation des commandes des boutons physiques, avec possibilité d’ajustement du volume.

La possibilité de créer des profils audio personnalisés est un véritable atout pour adapter le son à différents contextes d’écoute.

La connexion Bluetooth 6.1 s’établit instantanément à l’ouverture du boîtier. La portée de 10 mètres est fiable et la stabilité de la connexion ne souffre d’aucune critique, même en extérieur ou dans des environnements encombrés. Les OpenFit Pro prennent également en charge l’appairage multipoint, permettant de connecter simultanément deux appareils.

### Réduction de bruit : une vraie surprise

C’est indéniablement la **principale innovation** des OpenFit Pro, de plus, leur argument de vente le plus captivant. Comment peut-on réduire le bruit ambiant avec des écouteurs qui, par définition, laissent l’oreille totalement ouverte ?

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre aux performances d’écouteurs fermés haut de gamme tels que les Sony WF-1000XM5 ou les Bose QuietComfort Ultra Earbuds 2e génération. La physique impose des limites : sans isolation passive, l’ANC (réduction active de bruit) ne peut pas créer une bulle de silence hermétique. Ce n’est d’ailleurs pas le but recherché.

Néanmoins, le résultat est agréablement surprenant. Dans un bureau avec des conversations environnantes, les OpenFit Pro réussissent à atténuer sensiblement les voix perturbatrices sans les faire disparaître complètement. Dans les transports en commun, les bruits de roulement et de ventilation se font assez discrets pour rendre l’écoute musicale plus agréable. **Ce n’est pas miraculeux, mais cela fonctionne clairement.**

L’algorithme ajuste automatiquement l’intensité de la réduction en fonction du niveau sonore ambiant. Toutefois, il est également possible de procéder à un ajustement manuel via l’application.

La comparaison avec les AirPods 4 ANC d’Apple est inévitable. Les écouteurs d’Apple, grâce à leurs transducteurs plus proches du conduit auditif et une conception légèrement moins ouverte, offrent une atténuation sonore bien supérieure. Cela dit, il est pratiquement impossible de faire du sport avec eux sans qu’ils tombent. Il est donc à noter qu’une marque comme Shokz parvienne à obtenir un résultat comparable avec un format tour d’oreille mérite d’être salué.

Dans les environnements très bruyants — rue passante, métro bondé, aéroport — leur efficacité reste évidemment limitée. Les OpenFit Pro ne remplaceront pas des écouteurs à isolation passive dans ces situations extrêmes. Cependant, pour des occasions quotidiennes — au travail, à la salle de sport, lors de trajets urbains modérés — ils apportent un confort indéniable.

Un inconvénient à prendre en compte est l’autonomie. Avec la réduction de bruit activée, celle-ci est divisée par deux. Ce qui représente un écart conséquent qui oblige à faire des choix stratégiques : il peut être judicieux de réserver cette fonction aux moments où elle est véritablement bénéfique. Cet écart s’explique par le fait que pour annuler les bruits sourds, les **transducteurs doivent produire des sons inversés à un volume plus élevé que des écouteurs classiques**, ce qui entraîne une consommation d’énergie accrue.

### Audio : Shokz hausse clairement le niveau

Les écouteurs ouverts font face à un inconvénient structurel connu : le manque d’isolation du conduit auditif entraîne une perte importante des basses fréquences. Plus les fréquences sont graves — et donc peu directrices — plus elles finissent par s’envoler dans l’air ambiant, au lieu d’être transmises efficacement au conduit auditif. Le résultat est souvent un son éthéré, sans profondeur ni impact dans le bas du spectre.

Avec les OpenFit Pro, Shokz s’attaque résolument à ce problème grâce à une architecture acoustique complètement repensée. Bye-bye au système à deux voies (woofer + tweeter) des OpenFit 2. Place à un transducteur unique de 11 × 20 mm équipé d’une double membrane : une **membrane en aluminium PMI pour les aigus**, et **une autre en silicone pour les basses**. Cette technologie, nommée SuperBoost, promet 50 % de basses supplémentaires par rapport aux précédentes générations, et une extension de fréquence jusqu’à 40 kHz.

La courbe de mesure confirme globalement cette ambition. Dans les graves, la présence est perceptible jusqu’à 60 Hz, ce qui procure une **sensation de profondeur inégalée** chez les concurrents, ainsi qu’une capacité d’impact dans le haut-grave (100 Hz) aussi meilleure que celle des écouteurs des autres marques.

Ainsi, dans les graves (20-250 Hz), les OpenFit Pro surpassent tous les écouteurs ouverts que nous avons testés jusqu’à présent — et de loin. La remontée commence dès 100 Hz et atteint son apogée autour de 120 Hz avant de redescendre progressivement. Bien qu’on n’atteigne pas la profondeur et l’impact physique d’écouteurs fermés, la différence par rapport aux modèles précédents est manifeste. Les lignes de basse sont présentes, et les coups de batterie possèdent une consistance. Ce n’est pas explosif, mais c’est agréablement musical pour le format.

Les médiums (250 Hz – 2 kHz) affichent un profil globalement équilibré, avec une légère atténuation entre 400 Hz et 1 kHz, suivie d’une remontée progressive vers les hautes fréquences. **Les voix sont clairement intelligibles.** Elles ne sonnent ni nasales ni creuses, défaut fréquent chez les écouteurs ouverts d’entrée de gamme.

Les aigus (2 kHz et au-delà) montrent plusieurs pics de présence : un premier vers 3,5 kHz (zone de présence vocale), un second autour de 6-7 kHz (clarté et détails), et un dernier autour de 12-15 kHz (brillance).

### Une scène sonore aérée

La **scène sonore**, un des atouts principaux des écouteurs ouverts, apparaît vaste et aérée. Les instruments se détachent, l’espace entre les différentes sources sonores semble naturel. Sur de bons enregistrements, la sensation de spatialité dépasse largement celle de nombreux écouteurs intra-auriculaires fermés. L’activation du **Dolby Atmos avec suivi des mouvements de tête** accentue cette impression d’ouverture, bien que **l’effet reste modeste** et n’apporte pas une révolution à l’expérience.

Cependant, la **dynamique** et les **micro-détails** souffrent de la distance entre le transducteur et le tympan. Dans des morceaux très chargés en nuances — jazz acoustique, musique classique, productions électroniques complexes — on peut constater une perte de subtilité par rapport à d’excellents écouteurs fermés. Les transitoires manquent de piquant, et les variations de tonalité s’estompent.

Toutefois, **replacés dans leur catégorie, les OpenFit Pro s’imposent indéniablement en haut de l’échelle.** Shokz offre aujourd’hui le meilleur son parmi les écouteurs ouverts grand public, toutes marques confondues. La restitution sonore est globalement équilibrée, cohérente et suffisamment attractive pour satisfaire la majorité des mélomanes.

### Impression d’écoutes

**« Espresso » de Sabrina Carpenter** : le kick électronique a une présence inhabituelle pour des écouteurs ouverts, apportant du punch au morceau. La voix de Sabrina Carpenter se distingue clairement, et les harmonies vocales restent distinctes dans le mix. Les synthétiseurs pétillent sans saturer. C’est convaincant.

**« Beautiful Things » de Benson Boone** : la guitare acoustique sonne naturelle, avec une belle rondeur dans les graves. La voix puissante de Boone occupe pleinement le spectre des médiums, bénéficiant d’une dynamique convaincante lors des montées. Les percussions en arrière-plan gardent leur définition. Un bon résultat.

**« Paint The Town Red » de Doja Cat** : les basses électroniques sont bien présentes, apportant le groove nécessaire, même si elles manquent de profondeur par rapport à des écouteurs fermés. Le flow de Doja Cat reste parfaitement intelligible, et les différents éléments de production se superposent sans confusion.

**« Cruel Summer » de Taylor Swift** : la production synthpop de Jack Antonoff profite grandement de la scène sonore ouverte. Les nappes de synthétiseurs, la basse pulsante et les voix se répartissent harmonieusement dans l’espace. Le refrain énergique offre suffisamment d’impact pour captiver l’auditeur.

**« Vampire » d’Olivia Rodrigo** : le piano et la voix en introduction révèlent une belle intimité. Lors de l’explosion de la production, avec la batterie et les guitares saturées, les OpenFit Pro gèrent correctement la densité sonore sans excessivité ni durcissement des timbres.

### Appels : une clarté vocale exemplaire

La qualité des appels téléphoniques est souvent un point faible des écouteurs True Wireless. Sur les OpenFit Pro, Shokz a mis l’accent sur l’amélioration de cet aspect.

Chaque écouteur dispose d’un système de trois microphones associés à un algorithme de traitement vocal aidé par l’intelligence artificielle. Selon Shokz, cette configuration permet de réduire jusqu’à 99 % des bruits de fond tout en conservant la clarté de la voix.

Dans des environnements calmes — bureau ou domicile — mes interlocuteurs n’ont pas remarqué de différence significative par rapport à un appel téléphonique standard. La voix passe de manière naturelle, sans compression excessive ni artefacts audibles.

Cependant, dans un environnement urbain, la situation se complique. Sur une rue passante, dans les transports en commun, ou dans un café animé, les OpenFit Pro s’en sortent honorablement malgré un niveau sonore élevé. Le système de réduction de bruit parvient à isoler efficacement la voix des bruits environnants, même si ces derniers ne sont pas totalement absorbés.

Shokz annonce également une technologie anti-vent capable d’assurer une clarté d’appel jusqu’à 25 km/h. Cela fonctionne, et peut être utile si l’on souhaite passer un appel en courant ou en faisant du vélo. Cependant, sur la plage ou dans des conditions venteuses, les résultats peuvent varier.

### Autonomie : éternel compromis

L’autonomie des OpenFit Pro varie beaucoup selon que la réduction de bruit est activée ou non. C’est le prix à payer pour cette fonctionnalité novatrice.

**Sans réduction de bruit** : Shokz avance une autonomie de 12 heures d’écoute sur une charge des écouteurs, et jusqu’à 50 heures au total avec le boîtier de charge. Mes tests corroborent ces chiffres. À un volume moyen (environ 60-70 %), les écouteurs tiennent effectivement entre 11h30 et 12h30 selon le contenu écouté. À mi-volume, les 12 heures sont assurées.

C’est une excellente autonomie pour des écouteurs True Wireless, permettant plusieurs jours d’utilisation normale sans avoir besoin de les recharger.

**Avec réduction de bruit activée** : l’autonomie chute à environ 6 heures sur les écouteurs et 24 heures avec le boîtier. Soit exactement la moitié. Cette réduction drastique peut s’expliquer par la consommation des algorithmes de traitement en temps réel et des trois microphones utilisés en permanence.

Six heures demeurent une performance honorable pour une journée de travail standard, mais une marge un peu plus large aurait été appréciée. En effet, les environnements où la réduction de bruit est la plus utile sont généralement ceux où l’on passe le plus de temps : bureau, transports quotidiens, activités en salle…

La **charge rapide** compense partiellement cette limitation : 10 minutes de recharge suffisent pour récupérer 4 heures d’écoute (lorsque les écouteurs sont déchargés).

### Un positionnement premium mais raisonnable

Affichés à 249 euros, les Shokz OpenFit Pro se trouvent à la pointe de la gamme de la marque et du marché des écouteurs ouverts. Ce tarif est supérieur de 50 euros par rapport aux excellents OpenFit 2+ (199 euros) et est nettement plus élevé que celui de certains concurrents directs comme les Huawei FreeClip 2 (199 euros) ou les Bose QuietComfort Ultra Open (environ 200 euros).

Ce tarif premium se justifie par des avancées concrètes : **réduction de bruit fonctionnelle**, qualité sonore nettement améliorée avec le **meilleur rendu audio du segment**, égaliseur 10 bandes, détection de port automatique, Bluetooth 6.1, charge sans fil et finitions métalliques.

Face aux Huawei FreeClip 2 vendus 50 euros moins chers, les OpenFit Pro se distinguent clairement sur le plan acoustique — le format tour d’oreille de Shokz offrant intrinsèquement de meilleures performances sonores que le format clip-on. L’ajout de l’ANC, absent chez Huawei, renforce encore cet écart.

Dans la catégorie entrée de gamme, les Anker Soundcore AeroClip (119 euros) et Motorola Buds Loop (129 euros) évoluent dans une catégorie inférieure, avec une qualité audio moins convaincante.