François Desquesnes : ne pas scier la branche de LeTec
Depuis douze jours, en Wallonie, les bus du réseau LeTec sont pour la plupart à l’arrêt. Le jeudi 5 février, le gouvernement wallon a décidé de ne pas approuver la taxe communale de 3 euros par passager au départ de l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport (BSCA).
Depuis douze jours, en Wallonie, la plupart des bus du réseau LeTec sont à l’arrêt. Après plusieurs jours de blocage total, la direction et les organisations syndicales ont repris le dialogue. Ce vendredi 6 février, des assemblées du personnel sont prévues pour décider de la poursuite ou non de la grève. Au moment où le ministre était interviewé, la circulation des bus restait perturbée en Wallonie. (NDLR : Entre-temps, les dépôts de Namur et du Brabant-wallon ont décidé de reprendre le travail, contrairement à ceux de Charleroi et Liège.)
La reprise des négociations entre la direction et le syndicat est saluée par le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes : « J’ai appelé depuis plusieurs jours et semaines au sens de la responsabilité tant à l’attention de la direction générale que des représentants syndicaux. Jeudi 5 février, ils ont trouvé un accord. J’espère que le sens des responsabilités et du service public des transports l’emportera. »
Ce mouvement de mécontentement est lié aux négociations sur le nouveau contrat de service public qui doit transformer LeTec. Les employés dénoncent des mesures d’économie demandées par le gouvernement wallon à l’Opérateur de transport de Wallonie (OTW, qui supervise LeTec). François Desquesnes a démenti ces accusations, affirmant qu’il s’agit d’une réforme des grandes missions du réseau LeTec : « Nous demandons, par exemple, au réseau LeTec de faire davantage pour les zones rurales, d’améliorer sa fiabilité, mais aussi, en période de grève, d’assurer un service garanti comme cela se fait à la SNCB. » Pour y parvenir, il appelle à « un dialogue social et une concertation. Chacun doit assumer pleinement ses responsabilités dans le sens du service public de transports. Il faut éviter de scier la branche sur laquelle LeTec est assis. »
En ce qui concerne les accusations des syndicats selon lesquelles le gouvernement wallon détricoterait le contrat social dans les transports publics en Wallonie, le ministre répond que « les conventions datent d’il y a 40, 50 ou 60 ans pour certaines. Elles ne sont plus tout à fait adaptées aujourd’hui à la réalité. L’objectif est que LeTec fonctionne mieux. Nous demandons un TEC moderne, un service public efficace, fiable. »
Le jeudi 5 février, le gouvernement wallon a refusé d’approuver la taxe communale de 3 euros par passager au départ de l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) que les autorités de Charleroi souhaitaient mettre en place. Cette taxe était censée permettre à la ville de générer environ 15 millions d’euros par an. François Desquesnes a justifié cette décision : « Nous voulons que l’aéroport régional de Charleroi puisse se redéployer et pour cela, il ne faut pas qu’il y ait une épée de Damoclès sur sa tête. Cela implique qu’au niveau fédéral, la taxe qui est envisagée soit négociée pour qu’elle soit supportable, mais il faut aussi éviter un matraquage au niveau d’une taxe locale. »
François Desquesnes a également rappelé que la Région wallonne a financé la ville de Charleroi à hauteur de 250 millions d’euros pour équilibrer ses budgets. Il a ajouté que « pour l’année 2026, on parvient à équilibrer sans qu’il n’y ait de taxes supplémentaires ni sur les Carolos ni sur l’aéroport de Charleroi. »
Le projet d’instaurer une vignette autoroutière est sur la table depuis près de 30 ans. François Desquesnes confirme que le projet est toujours en cours : « L’objectif, ce n’est pas d’augmenter globalement la fiscalité sur les citoyens belges en matière automobile. L’objectif, c’est de faire contribuer les plaques étrangères. Ce qui permettra d’augmenter à peu près de 100 millions d’euros les capacités d’investissement en Wallonie. »
Cette vignette autoroutière ne viendrait pas s’ajouter à la taxe de circulation actuelle, précise le ministre. « Nous allons revoir la maquette de la taxe annuelle de circulation, de façon à ce que, globalement, pour les contribuables belges, il n’y ait effectivement pas d’augmentation, » ajoute-t-il.
Concernant la mise en place de cette vignette autoroutière, François Desquesnes a conclu en mentionnant que « le dialogue est entrepris entre les trois régions pour aboutir, de façon plus efficace, à une seule vignette valable pour les trois régions. Les discussions se poursuivront la semaine prochaine. »

