Municipales 2026 : « Les adultes pensent que c’est trop cher »… Rêves d’enfants pour leur ville ?
Dans le cadre de la quatrième édition du budget participatif des enfants de la ville, plusieurs dizaines d’enfants étaient réunis pour présenter leurs projets et les soumettre au vote. Selon Dyhia, 9 ans, il faudrait « moins de racisme, moins de bagarres, moins de vols » dans leur quartier.
Et si nous prenions le temps de vraiment les écouter ? Sans les interrompre pour leur dire que leur idée est bonne mais qu’elle coûte trop cher ou qu’elle n’est pas réalisable. Et si nous arrêtions cinq minutes de penser que nous, les adultes, savons tout et que nous allons tout résoudre ? Alors que la campagne pour les élections municipales de 2026 n semble pas susciter un grand engouement, 20 Minutes a rencontré des enfants du quartier du Landry, à Rennes, pour leur demander ce qu’ils envisagent pour leur avenir. Dans le cadre de la quatrième édition du budget participatif destiné aux enfants de la ville, plusieurs dizaines d’entre eux se sont réunis pour présenter leurs projets et les soumettre au vote. Cela nous a donné l’occasion de leur poser cette question : Et toi, quel est ton rêve pour la ville ?
« Moi, je voudrais une piscine. Une piscine chauffée pour les habitants du quartier. Et aussi des espaces pour jouer, pour que les enfants s’amusent », répond Olivia, 9 ans. « Moi, mon rêve, ce serait qu’on ait un grand parc. Très grand, avec plein de jeux et des terrains de sport. Et aussi des endroits avec de grands arbres pour que nous puissions construire des cabanes entre enfants et adultes. Et puis, pour voir tout ça, il faudrait une grande montgolfière. Pour qu’on puisse monter dedans et s’envoler pour voir le quartier. », déclare Sarah, 10 ans.
Élève de CM2, Sarah a beaucoup d’idées pour sa ville et son quartier. Son projet pour le budget participatif ? Construire une cabane de lecture où l’on pourrait venir même quand il pleut. On y déposerait des livres, qui seraient mis gratuitement à disposition des habitants. « Le problème, c’est que quand on en parle aux adultes de nos idées, ils nous disent tout le temps que ce n’est pas possible ou que c’est trop cher. » Pour la montgolfière, effectivement, cela risque d’être compliqué.
« Moins de racisme, moins de bagarres, moins de vols »
Cependant, la plupart des enfants que nous avons interrogés ont des idées assez claires et loin d’être insensées. « Moi, j’aimerais qu’il y ait moins de déchets dans la ville », témoigne Clémence, 10 ans. « Moi, je pense qu’il faudrait éviter la pollution, qu’on arrête de voir du plastique partout par terre », ajoute Dyhia, 9 ans. Lorys rêve également d’une planète « moins polluée » avec « plein d’arbres ». À 9 ans, cet élève de CM1 aspire à devenir policier. « Pour que les gens arrêtent de rouler trop vite en voiture. » Comme beaucoup de ses camarades, Lorys utilise souvent le mot « genre » dans ses phrases. Mais quand on lui demande ce qu’il attend pour sa ville, il répond immédiatement : « Moins de racisme, moins de bagarres, moins de vols. »
La sécurité, premier enjeu de cette campagne des municipales, semble également faire partie des préoccupations essentielles des jeunes citoyens que nous avons interrogés. Car, tout comme leurs aînés, les enfants souhaitent vivre dans un quartier apaisé. « Je voudrais qu’on arrête les violences, le racisme, le harcèlement. Le fait que des gens se font violenter, ça me rend triste, ça me décourage », explique Pauline. Clémence hésite un peu. « Je ne sais pas trop comment le dire… Mais je pense qu’il faudrait moins de racailles », confie cette élève de l’école Châteaugiron Landry. Mais alors, comment définir une racaille ? « Des personnes qui dégradent, qui cassent, qui font des tags. Des personnes malveillantes quoi. » Dyhia acquiesce et enchaîne. « Il faudrait aussi arrêter le harcèlement. Parce que ça blesse les gens. Je l’ai vécu et c’est difficile. Mais il ne faut pas abandonner. » Élue déléguée, elle se dit « à l’écoute » de ses camarades. « Je porte leurs idées, je les défends », explique-t-elle avec assurance.

Le droit de vote à partir du collège ?
Alors que Clémence, Pauline ou Dyhia réclament toutes de la sécurité, c’est aussi parce qu’elles n’ont plus toute leur liberté. En quelques décennies, les enfants ont littéralement disparu de l’espace public en France, et particulièrement dans les villes. Par crainte d’un accident, d’une mauvaise rencontre ou même d’un enlèvement, les parents n’autorisent plus les moins de 10 ans à sortir seuls. En conséquence, les enfants restent à l’intérieur, bougent moins et passent davantage de temps sur les écrans. Les conséquences de ce manque d’activité sur la santé mentale et physique des plus jeunes sont préoccupantes. « Moi, je pense que les enfants devraient pouvoir s’amuser quand ils veulent. Mais j’ai l’impression qu’on n’a jamais le droit de choisir. Quand on dit quelque chose aux animateurs, ils ne nous écoutent pas », explique Wala. Élève de CM2 à l’école Robert-Doisneau, elle rêve de « d’aider les gens qui dorment dehors » et souhaite également « que les personnes en situation de handicap ne soient pas moquées ».
Avoir 9 ou 10 ans les empêche donc de voter avant plusieurs années. Cependant, la plupart comprennent déjà ce qu’est le droit de vote et peuvent citer le nom de la maire actuelle de Rennes (le connaissez-vous ?). Certains, comme Armelle, attendent même avec impatience de pouvoir déposer un bulletin dans une urne. « Moi, je pense qu’on devrait pouvoir voter. Les parents ne savent pas tout. Il faut aussi un mental d’enfant, c’est important », déclare cette enfant de 10 ans, qui raconte avoir écrit à Emmanuel Macron. « Il n’a jamais répondu », se désole-t-elle. Quand on lui explique qu’en France, il faut avoir 18 ans pour voter, Armelle répond sans hésiter. « Je pense que nous devrions tous pouvoir voter quand nous arrivons au collège. Parce que c’est là que nous avons la maturité. » Il lui faudra néanmoins patienter bien plus longtemps.

