Affaire Epstein : L’Élysée sous pression pour l’Institut du monde arabe.
La situation se tend autour de Jack Lang après la publication de millions de documents liés à Jeffrey Epstein. L’exécutif redoute les conséquences pour l’Institut du monde arabe, que l’ancien ministre de la Culture préside depuis 2013.
La situation devient délicate pour Jack Lang suite à la publication de millions de documents concernant Jeffrey Epstein. Selon des sources proches d’Emmanuel Macron, « l’Élysée et Matignon ont demandé au ministre des Affaires étrangères de (le) convoquer » afin qu’il réponde aux questions soulevées par cette affaire. Le Quai d’Orsay a confirmé qu’il était « convoqué », une réunion pouvant avoir lieu dans les prochains jours.
Le gouvernement craint les répercussions sur l’Institut du monde arabe, dirigé par l’ancien ministre de la Culture depuis 2013. Il devrait « penser à l’institution », a précisé la même source. Contacté, Jack Lang n’a pas immédiatement répondu.
### Jack Lang cité à 673 reprises dans les documents
Mercredi, l’ancien ministre de François Mitterrand, âgé de 86 ans, a catégoriquement refusé de démissionner. Il avait déclaré lundi « assumer pleinement (ses) liens » passés avec le financier américain, invoquant sa « naïveté » et assurant qu’il ignorait le passé criminel de Jeffrey Epstein lors de leur rencontre il y a « une quinzaine d’années », organisée par le réalisateur Woody Allen.
Aucune accusation ne pèse contre lui et sa présence dans ces trois millions de documents « n’implique de sa part aucun acte répréhensible ». Son nom y figure cependant à 673 reprises, alimentant la controverse et touchant également sa fille Caroline Lang, qui a démissionné lundi de la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma.
### « C’était un ami, ce n’était pas un intime »
« C’était un ami, ce n’était pas un intime. Il n’était pas du tout dans mon cercle proche d’amis », a-t-elle déclaré sur BFMTV. « Comment pouvait-on imaginer des horreurs pareilles ? […] je ne pouvais pas savoir. Et mon père non plus », a-t-elle ajouté pour défendre leur bonne foi.
Les appels à la démission se multiplient, y compris au sein du Parti socialiste. Son premier secrétaire, Olivier Faure, a estimé sur franceinfo que « ce qui d’ores et déjà heurte, c’est la façon dont il évoque aujourd’hui l’affaire », tout en notant qu’« à ce stade, rien ne l’implique dans les scandales sexuels ». Ségolène Royal a estimé que « sa démission devrait aller de soi », tandis que Renaud Muselier, membre de Renaissance et ancien président de l’IMA, a également demandé qu’il « démissionne ».

