France

Présidentielle 2027 : « Guedj ne vise pas l’électorat de droite »

Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne de 54 ans, a déclaré officiellement sa candidature à la présidentielle de 2027. Il a refusé de participer à la primaire organisée le 11 octobre par les socialistes et les écologistes, la qualifiant de « baroque ».


Un candidat inattendu. Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne âgé de 54 ans, est devenu ce jeudi le premier socialiste à annoncer officiellement sa candidature à la présidentielle de 2027. Lors d’une interview sur France Inter, l’élu a exprimé son désir de représenter une « gauche républicaine, européenne, universaliste, laïque, sociale et écologiste », se positionnant clairement en rupture avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Jérôme Guedj a également refusé de participer à la primaire que prévoient d’organiser le 11 octobre socialistes et écologistes, la qualifiant de « baroque ».

20 Minutes a sollicité Stéphane Rozès, politologue et président de Cap (Conseils, analyses et perspectives), qui enseigne à l’Institut catholique de Paris, pour analyser cette candidature.

Comment apprécier l’annonce de candidature de Jérôme Guedj ?
Cette annonce doit être perçue comme un acte de conviction d’un député qui s’est toujours distingué au sein de la gauche par ses positions républicaines et laïques. Sous la présidence de François Hollande, Jérôme Guedj a fait partie d’un courant à gauche à l’intérieur du Parti socialiste. Il s’est montré singulier en refusant de s’allier avec La France insoumise, notamment lors des législatives de 2024, critiquant ce parti pour son communautarisme et son éloignement des valeurs républicaines. Il s’est également illustré, aux côtés de Laurence Rossignol, par son soutien indéfectible à Boualem Sansal, écrivain français incarcéré en Algérie pendant près d’un an, alors que le Parti socialiste restait silencieux.

Qui Jérôme Guedj espère-t-il rassembler ?
Jérôme Guedj vise un électorat de gauche républicaine qui a été déçu par le positionnement néolibéral, c’est-à-dire post-national, et communautariste d’une gauche qui s’est éloignée des valeurs républicaines.

Pourquoi refuse-t-il de participer à la primaire que socialistes et écologistes prévoient d’organiser, alors que le chef de file PS Olivier Faure y est favorable ?
Jérôme Guedj considère que cette primaire sera limitée, avec peu de candidats, et ressemblera à une élection de petits appareils politiques sans véritable consistance.

Quels sont les espoirs de Jérôme Guedj, sachant qu’il faut 500 parrainages pour être candidat à la présidentielle ?
Il n’est pas clair aujourd’hui si Jérôme Guedj souhaite influer sur l’élection présidentielle et le candidat qui émergera lors de la campagne, ou s’il envisage de mener sa candidature jusqu’au bout. La réponse sera révélée par l’accueil de sa candidature et sa capacité à engendrer une dynamique politique en rassemblant des élus de gauche qui ne se reconnaissent pas dans l’évolution actuelle de leur parti. Si cela se produit, il pourra alors obtenir les soutiens nécessaires pour recueillir les 500 signatures.

Comment évaluer les candidats déclarés et putatifs de gauche à la présidentielle, tels que François Ruffin, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain, François Hollande ?
Lorsqu’entendant la gauche faire état de ses divisions, je suis convaincu que c’est exactement l’inverse qui est vrai. C’est parce que la gauche s’est éloignée du peuple français qu’elle est divisée, et non pas le contraire. Le véritable enjeu pour elle, face à un déclin historique et dramatique, est de comprendre ce qui se passe dans la société et d’analyser le peuple français afin de savoir quoi lui dire. Une question essentielle concerne l’Europe : propose-t-on une Europe fédérale ou une Europe des nations ? Ce qui représente deux visions fondamentalement différentes.

Par ailleurs, je considère que la candidature de Jérôme Guedj est intéressante car, en se déclarant « républicain », il pourrait mettre en lumière et clarifier des problématiques fondamentales sur la relation entre la gauche et la République.