Logement chez une connaissance : tendance en hausse freinée en Belgique.
Dans son 31e rapport annuel, la Fondation pour le Logement évoque une crise du logement en 2025, en soulignant que « des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise ». En Belgique, près de 50.000 personnes sont en attente d’un logement social en Région Wallonne, et une personne sur 5 vit dans un logement de mauvaise qualité.
Plus de pauvreté, davantage d’emplois précaires, une augmentation des familles monoparentales, des démarches difficiles pour obtenir un titre de séjour, tels sont quelques facteurs poussant des personnes ou des familles à renoncer à un logement privé et à chercher un lit ou un canapé ailleurs.
Dans son 31e rapport annuel, la Fondation pour le Logement met en lumière une diversité de situations menant à cette perte de logement ; pour 2025, elle évoque même une année sombre. « Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise du logement », dénonce l’association.
En France, près de 600.000 personnes sont logées par des amis, des cousins ou leurs propres enfants. Ce besoin d’ »hébergement chez un tiers » concerne de plus en plus les ménages modestes, qui se paupérisent face à la crise du logement.
La Fondation souligne également des situations souvent inéquitables entre l’hébergeur et l’hébergé. Ce dernier, écrit-elle, « dispose de peu de marges de manœuvre pour négocier ses conditions de vie ou refuser des comportements abusifs ».
**Et en Belgique ?**
En Belgique, les conditions d’accès au logement sont aussi difficiles : montants des loyers et prix de l’énergie élevés, auxquels s’ajoutent des mesures récentes visant à limiter les allocations de chômage. En Région Wallonne, près de 50.000 personnes attendent un logement social, un chiffre encore plus élevé dans les Régions bruxelloise et flamande. De plus, une personne sur cinq vit dans un logement de mauvaise qualité.
Concernant l’hébergement contraint chez un tiers, le Réseau de lutte contre la pauvreté constate le même phénomène que la Fondation française : « Certaines cohabitations peuvent être choisies, mais pour une large part des personnes que nous rencontrons, il s’agit avant tout de solutions contraintes, imposées par la crise actuelle. »
Ces stratégies de solidarité sont largement entravées par l’application du statut de cohabitant.
Pour l’association, « Ces stratégies de solidarité sont largement empêchées par l’application du statut de cohabitant. » Accueillir une personne sous son toit peut avoir un impact sur les allocations perçues par l’hébergeur comme par l’hébergé.
Le résultat est paradoxal, s’alarme le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté : « Dans un contexte de pénurie de logements et d’explosion des coûts, les politiques sociales découragent la mise en commun des ressources et fragilisent davantage celles et ceux qui tentent de s’en sortir collectivement. » Et d’ajouter : « Sur le terrain, nous observons ainsi des personnes qui renoncent à vivre avec un proche, ou qui choisissent de rester seules dans des logements inadaptés ou plus chers, simplement pour préserver un minimum de revenus. Vivre seul devient une condition d’autonomie budgétaire, et non un choix de vie. »
La législation sur le statut de cohabitant sera d’ailleurs durcie en mars prochain, une mesure qui suscite des inquiétudes auprès de l’association, qui demande depuis longtemps la suppression de ce statut.
Plus globalement, une étude d’Eurofound, la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, constate que « l’inaccessibilité du logement est un problème dans tous les pays de l’UE. (…) Le logement est devenu l’un des principaux défis de l’Europe, avec environ 1 ménage européen sur 10 vivant dans les villes et surchargé par les coûts du logement et de l’énergie. »

