Belgique

QRÂ : pourquoi le gouvernement encourage les flexi-jobs.

Les flexi-jobs sont des emplois complémentaires à un travail principal, nécessitant de travailler au moins à 4/5e. Le gouvernement fédéral a déjà augmenté le plafond de revenu annuel autorisé pour ces flexi-jobs de 12.000€ à 18.000€, avec effet rétroactif au 1er janvier 2025.


Les flexi-jobs sont des emplois complémentaires à un travail principal (il est nécessaire de travailler au moins à 4/5e pour pouvoir exercer un flexi-job) ou en complément d’une retraite. Ils offrent un revenu additionnel, dont le montant est limité annuellement, servant d’appoint au revenu principal (salaire ou pension).

Ces flexi-jobs consistent généralement à travailler le soir dans un restaurant ou le week-end dans un supermarché afin d’arrondir les fins de mois. Les travailleurs ne sont pas imposés sur ces revenus : le salaire brut correspond au salaire net. En revanche, les employeurs doivent s’acquitter de charges sociales plus élevées pour ces contrats (28% au lieu de 25% pour les contrats habituels). Grâce à ces cotisations, les flexi-jobs contribuent aux caisses de l’État, mais d’une manière moins significative que des contrats de travail classiques.

Le gouvernement fédéral en place encourage le développement des flexi-jobs. Il a déjà relevé le plafond de revenu annuel autorisé, le faisant passer de 12.000€ à 18.000€, avec effet rétroactif au 1er janvier 2025. De plus, à partir du 1er avril prochain, la possibilité de recourir aux flexi-jobs sera étendue à tous les secteurs, tant privé que public, alors qu’elle est actuellement restreinte à certains secteurs (HORECA, grande distribution, petits commerces, salles de spectacles…).

Par ailleurs, les règles concernant les jobs étudiants, qui sont également moins taxés que les contrats traditionnels, seront assouplies pour favoriser leur utilisation.

**Quel intérêt pour le gouvernement ?**

Le raisonnement du gouvernement De Wever est que, sans ces dispositifs fiscaux avantageux, ces heures supplémentaires ne seraient pas effectuées ou seraient réalisées au noir.

Pour le gouvernement, même si ce type de travail apporte moins de contributions aux caisses de l’État et à la sécurité sociale, il stimule l’emploi et augmente le pouvoir d’achat des personnes désireuses de travailler davantage. Cela répond également à un besoin de flexibilité pour les entreprises, qui peuvent engager des flexi-jobs en fonction des réservations dans un restaurant, par exemple, ou lors des périodes de forte affluence (soldes, fêtes…).

David Clarinval, ministre fédéral de l’Emploi, se réjouit des réformes dans les domaines des jobs étudiants et des flexi-jobs, qualifiant ces mesures de « nouvelle étape importante pour flexibiliser notre marché du travail, mieux récompenser le travail et renforcer la compétitivité de nos entreprises ». Il ajoute que cela répond à une demande des employeurs qui souhaitent davantage de flexibilité pour gérer leurs pics d’activité, tout en permettant aux salariés d’augmenter leurs revenus ou de diversifier leurs activités. Selon lui, cette réforme constitue une « opération gagnant-gagnant » : les employeurs peuvent recruter du personnel supplémentaire de façon flexible et rentable, tandis que les travailleurs peuvent bénéficier d’un revenu complémentaire.

**Des critiques**

Dans l’opposition et parmi les syndicats, on critique ce type de contrat pour son incapacité à permettre à un plus grand nombre de personnes de travailler, se contentant de faire travailler davantage ceux qui ont déjà un emploi (ou qui sont à la retraite). Cette situation nuirait à la sécurité sociale, car les travailleurs en flexi-job ou en emploi étudiant ne cotisent pas et ils entrent en concurrence avec d’autres types de contrats offrant de meilleures conditions de travail.

Cette situation donne lieu à deux interprétations : pour certains, ces contrats remplaceraient des emplois stables par des emplois précaires ; pour d’autres, et c’est l’approche du gouvernement, ils offrent de nouvelles opportunités de travail et une flexibilité indispensable pour la compétitivité des entreprises.