Espérance de vie : L’Europe se divise en deux vitesses selon l’étude
Une étude menée par l’Institut national d’études démographiques (INED) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France avec l’Institut fédéral allemand de recherche démographique (BiB) révèle qu’une « fracture territoriale inquiétante » est apparue depuis 2005, illustrant une Europe à deux vitesses en matière d’espérance de vie. En 2019, les territoires avec les niveaux d’espérance de vie les plus élevés atteignaient près de 83 ans pour les hommes et 87 ans pour les femmes, où les femmes gagnaient environ un mois et demi d’espérance de vie par an.
Une récente étude démographique révèle l’émergence d’une Europe à deux vitesses en matière de longévité, avec des disparités croissantes entre des régions où l’espérance de vie progresse et celles où elle stagne, voire décline.
Cette étude, portant sur 450 régions d’Europe occidentale, a été réalisée par l’Institut national d’études démographiques (INED) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France, en collaboration avec l’Institut fédéral allemand de recherche démographique (BiB). Elle souligne qu’après une réduction des disparités régionales dans les années 1990 et au début des années 2000, « la tendance s’est inversée vers 2005 ».
Les chercheurs, qualifiant cette situation de « fracture territoriale inquiétante », notent que dans les régions où l’espérance de vie était historiquement plus basse (comme l’est de l’Allemagne, la Wallonie, certaines parties du Royaume-Uni ou les Hauts-de-France pour les hommes), « les gains d’espérance de vie ont aujourd’hui quasiment disparu ». Ils ajoutent que « cette divergence crée une Europe de la longévité à deux vitesses : d’un côté, des régions en avance qui poursuivent leur progression ; de l’autre, des territoires en retard où la dynamique s’essouffle, voire s’inverse ».
Les données précisent que dans les zones où l’espérance de vie est la plus élevée, celle-ci continue d’augmenter d’environ deux mois et demi par an pour les hommes et d’un mois et demi par an pour les femmes. Cependant, depuis le milieu des années 2000, une Europe à deux vitesses se dessine : certains territoires continuent d’évoluer positivement, tandis que d’autres stagnent ou reculent, en particulier à cause d’une mortalité accrue chez les 55-74 ans.
Bien que les discussions scientifiques sur une limite à la longévité humaine soient significatives, les auteurs de l’étude notent que les régions présentant les niveaux d’espérance de vie les plus élevés continuent d’afficher des progrès similaires à ceux des décennies précédentes. En 2019, ces régions (qui incluent le nord de l’Italie, la Suisse, certaines provinces espagnoles et des départements français tels que Paris, les Hauts-de-Seine ou les Yvelines) avaient une espérance de vie proche de 83 ans pour les hommes et 87 ans pour les femmes. Dans ces zones, les femmes gagnent environ un mois et demi d’espérance de vie par an, tandis que les hommes, en rattrapant progressivement leur retard, gagnent environ deux mois et demi par an.
« Ce résultat démontre donc qu’un potentiel d’amélioration existe encore et qu’un hypothétique plafond de la longévité humaine ne semble pas avoir été encore atteint », souligne l’INED dans un communiqué résumé des résultats de l’étude publiée dans la revue scientifique « Nature Communications ».
Bien que l’étude, réalisée sur près de 400 millions d’habitants entre 1992 et 2019, ne permette pas d’identifier les causes exactes de ces évolutions, l’Institut français d’études démographiques mentionne plusieurs pistes issues de la littérature scientifique récente, notamment l’augmentation des comportements à risque (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation, sédentarité) pour les cohortes atteignant actuellement ces âges charnières, ainsi que les conséquences d’une divergence économique régionale observée depuis le milieu des années 2000 en Europe.

