Gouvernement Lecornu : Dati, Ferrari… Qui ne sera pas concerné par le mini-remaniement ?
Un remaniement est attendu « dans les jours à venir », selon la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, et devrait intervenir au plus tard le 22 février. La ministre de la Culture Rachida Dati, qui brigue la mairie de Paris, est annoncée comme la seule ministre d’envergure à quitter le gouvernement.
Va-t-on bientôt voir de nouveaux visages au sein du gouvernement ? Un remaniement est anticipé « dans les jours à venir », selon la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, qui s’est exprimée sur RTL. Ces modifications, en partie liées aux élections municipales, devraient se concrétiser au plus tard le 22 février, selon la radio.
La principale raison de ce mini-remaniement est le départ annoncé de la ministre de la Culture Rachida Dati, qui se présente aux élections pour la mairie de Paris.
Elle pourrait être remplacée par Catherine Pégard, ancienne conseillère culturelle de Nicolas Sarkozy, qui a présidé le château de Versailles de 2011 à 2024 et qui conseille Emmanuel Macron depuis septembre, ce dernier la poussant à se porter candidate.
Qu’en est-il du sort de Gérald Darmanin ?
Rachida Dati devrait être la seule ministre importante à quitter le gouvernement. Cependant, l’avenir d’un autre personnage clé suscite des interrogations.
Alors que Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de rester « éloignés » de la présidentielle, son ministre de la Justice Gérald Darmanin, ami de longue date, ne cache pas ses ambitions.
Il a ainsi exprimé mercredi sur RTL qu’il y avait « urgence à s’entendre » pour que le centre et la droite « n’aient qu’un seul candidat à l’été » pour l’élection présidentielle, sans s’exclure lui-même de la course. Il souhaite également rester au gouvernement. « Je suis totalement concentré sur ma tâche et le Premier ministre le sait », a-t-il ajouté, ayant deux projets de loi en cours.
Malgré leur proximité, le Premier ministre est conscient que la présence d’un candidat à l’Élysée dans son équipe pourrait lui coûter cher. Il avait démissionné le 6 octobre après le départ remarqué de Bruno Retailleau, prétendant potentiel à la présidentielle, de son premier gouvernement, le plus éphémère de la Ve République.
Une ministre souhaite redevenir députée
D’autres ministres ont exprimé leur souhait de quitter leurs postes lors de ce remaniement prévu avant la fin du mois. La ministre (Horizons) Charlotte Parmentier-Lecocq, en charge de l’Autonomie et des personnes handicapées, a fait savoir qu’elle souhaitait retrouver son poste de députée du Nord, son suppléant étant en passe de devenir maire.
Cette responsable du parti d’Edouard Philippe, candidat déclaré à l’élection présidentielle, pourrait ainsi retrouver sa liberté de parole et s’engager dans la campagne de son mentor.
En plus de Rachida Dati, deux autres ministres sont candidats aux municipales : Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité), respectivement à Aix-les-Bains (Savoie) et aux Voivres (Vosges).
Michel Fournier, maire des Voivres (300 habitants) où il se représente, précise qu’un éventuel départ ne serait pas lié à ce scrutin. « Si je n’arrive pas à faire bouger certaines lignes, il n’y a aucune raison que je reste dans le gouvernement ».
Marina Ferrari, qui fait face à une crise au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques de 2030 après trois démissions, ne souhaite pas quitter son poste.
Des changements à l’Écologie et à l’Intérieur ?
Il reste également à savoir si la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Marie-Pierre Vedrenne sera tenue responsable de la confusion gouvernementale entourant la naturalisation de l’acteur américain George Clooney et de sa famille. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu cette décision après les réserves exprimées par Marie-Pierre Vedrenne, qui avait dénoncé un « deux poids deux mesures ». Le Premier ministre ne soupçonne aucune malice, bien que cette décision de naturaliser George Clooney soit en réalité dépendante des services de Marie-Pierre Vedrenne. « Marie-Pierre Vedrenne travaille très en confiance avec Laurent Nuñez », assure son entourage, qui rejette des « pronostics » sans fondement.
La ministre de l’Écologie Monique Barbut, peu active dans les médias ou à l’Assemblée nationale, a révélé qu’elle n’était pas demandeuse d’entrer au gouvernement et qu’elle n’aurait aucun problème à en sortir.
Cependant, « vu les séquences qui s’ouvrent, ce serait étrange de retirer celle qui est entrée pour ses compétences internationales », souligne une source ministérielle. Un conflit l’a récemment opposée à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou concernant l’exploitation d’hydrocarbures dans les territoires ultramarins, avant que le gouvernement n’arbitre en sa faveur.

