France

Quatre médias ne sont pas des relais fiables sur la désinformation climatique.

En 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) a décompté six cent soixante-cinq fake news concernant la désinformation climatique dans les médias français. Selon Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat, au total, deux cas de mésinformation sur le climat par heure ont été décomptés par l’OME.


Six cent soixante-cinq fake news. C’est le résultat qu’a établi, en 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME). Il diffuse ce jeudi son premier rapport annuel sur la désinformation climatique au sein des médias français. Le sujet climatique, de plus en plus présent dans les médias audiovisuels, paraît favoriser l’augmentation des infox.

« Même si 2025 est la première et unique année complète pour laquelle ce bilan a pu être établi, on observe une montée de cette désinformation concernant les enjeux environnementaux depuis le début de 2024, avec la crise agricole. Depuis lors, la tendance ne s’est pas vraiment stabilisée, elle s’est même plutôt accentuée », analyse pour 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat, qui a contribué à la réalisation de ce premier rapport.

**Une normalisation de la désinformation**

L’année précédente, seuls 5 % du temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets en lien avec l’écologie ou la problématique climatique dans son ensemble. Bien que cette part soit minime, elle a néanmoins permis la prolifération des fake news, souvent diffusées à des heures de grande écoute.

« Le phénomène n’est pas négligeable et nous sommes très préoccupés par ce volume », confirme Eva Morel, qui indique que les pratiques de désinformation climatique commencent à se normaliser. « Nous avons surveillé le temps d’information sur les chaînes généralistes et les chaînes d’information en continu. Nous remarquons que ces sujets sont abordés lors des temps d’écoute qui enregistrent les meilleures audiences, précise-t-elle. Ils apparaissent également dans des émissions de plus en plus populaires, comme  »l’Heure des Pros », laissant entendre que certains faits établis sont, en réalité, sujets à débat d’opinion. »

**Jusqu’à deux cas de mésinformation par heure**

« Quatre médias se distinguent aujourd’hui comme des relais proactifs de désinformation, et pour lesquels la régulation est le seul levier capable de les freiner. Il s’agit de Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC », détaille la secrétaire générale de QuotaClimat. La station de radio privée de Courbevoie se classe au premier rang des médias diffusant une part significative d’infox relatives au climat. En moyenne, l’OME a recensé deux cas de mésinformation sur le climat par heure, contre un cas toutes les 35 minutes sur CNews.

Parmi les thèmes les plus attaqués par la désinformation figurent les énergies renouvelables et les voitures électriques. Cela ne surprend pas vraiment Eva Morel : « Ce sont les deux principales cibles des politiques publiques en matière de décarbonation en France. Nous constatons un transfert de la désinformation vers une décrédibilisation stratégique de ces solutions. »

**L’espoir d’une véritable « feuille de route »**

Néanmoins, une note d’espoir apparaît : « Plus les médias d’information généralistes informent, moins ils désinforment », affirme la responsable de QuotaClimat.

Elle espère que cette tendance se maintienne, encouragée par une résolution adoptée à la mi-janvier par l’Assemblée nationale. Bien que non contraignante, celle-ci « vise à garantir l’intégrité de l’information sur le changement climatique face à la désinformation climatique et aux ingérences étrangères ». Elle appelle également les institutions européennes et le gouvernement français à élaborer une feuille de route « opérationnelle spécifique » pour combattre la désinformation climatique. « Maintenant, bien sûr, comme toujours, il faut que cela soit suivi d’effets », conclut Eva Morel.