Parcs de batteries pour stocker l’énergie : bénéfices pour les usagers ?
Des centaines de batteries alignées au pied de tours de refroidissement le long de la Senne à Vilvoorde constituent le dernier parc de batteries lithium-ion d’Engie, d’une capacité de 200 mégawatts, raccordé au réseau électrique depuis la semaine dernière. En 2025, 17,4% des voitures neuves immatriculées dans l’Union européenne seront 100% électriques, soit 1 voiture sur 6, contre une sur huit l’année précédente.
Des centaines de batteries sont disposées au pied de tours de refroidissement le long de la Senne à Vilvoorde : c’est l’apparence du dernier parc de batteries lithium-ion d’Engie. Avec une capacité de 200 mégawatts, ce parc est désormais intégré au réseau électrique depuis la semaine dernière.
« Ces batteries, c’est une technologie connue depuis des dizaines d’années. Cela permet de stocker de l’énergie quand on en a trop par rapport aux besoins des ménages et des industries », rappelle Remy Balegamire, développeur de projets chez Cluster TWEED, une organisation wallonne qui regroupe plus de 200 entreprises opérant dans le domaine de l’énergie durable.
Ce type de stockage est particulièrement utile lorsqu’un fournisseur souhaite « acheter de l’énergie lorsqu’elle est moins chère, ce qui se produit généralement lorsque la production solaire ou éolienne est abondante. Il peut ensuite revendre cette énergie quand la production photovoltaïque ou éolienne est plus faible », précise Remy Balegamire.
Avec la transition énergétique, la demande d’électricité augmente en grande partie en raison du nombre croissant de voitures électriques. En 2025, 17,4% des voitures neuves immatriculées dans l’Union européenne seront entièrement électriques, soit une voiture sur six, alors qu’elles étaient à peine une sur huit l’année précédente. On observe également une électrification de certains processus industriels. Cependant, il est crucial que le réseau reste capable de distribuer et de transporter de l’énergie sans perturber les ménages et les entreprises.
En Europe, le point d’équilibre du réseau est fixé à 50 Hertz. Si trop d’électricité est injectée sans être consommée, les centrales risquent de se déconnecter. À l’inverse, une surconsommation fait baisser la fréquence, ce qui augmente le risque de black-out.
Le stockage d’énergie « contribue à maintenir l’équilibre du réseau. Cela permet d’éviter des situations de black-out total comme celles vécues au Portugal et en Espagne en avril 2025 », explique Remy Balegamire. « Le risque de black-out est réduit en Belgique grâce à l’interconnexion du réseau. Toutefois, si cela se produisait, cela aurait un coût, que le Bureau du Plan a estimé en 2014 à 125 millions d’euros par heure. Corrigé pour l’inflation, cela équivaut à 170 millions d’euros par heure », ajoute le responsable de projet de Cluster TWEED.
Ces parcs de batteries pourraient également influencer notre facture d’énergie. « Les ménages ne vont pas signer un nouveau contrat pour avoir de l’énergie issue de ces batteries », précise Remy Balegamire.
L’avantage économique pour les ménages se manifeste de manière indirecte : « Sur la facture d’énergie des ménages et des entreprises, il y a une part dédiée à la maintenance et au développement du réseau. Si l’on doit réduire les investissements dans cette maintenance et ce développement grâce au stockage, ces économies pourraient se traduire par une baisse des factures des consommateurs dans le futur ».
Engie construit également des parcs de batteries à Drogenbos et à Calloo, tous deux situés en Flandre. Cependant, « la Wallonie n’est pas à la traîne », conclut Remy Balegamire. Dans le sud du pays, le premier parc wallon de batteries a été inauguré à Bastogne en 2021. L’année dernière, un autre parc de ce type a été ouvert au Roeulx dans le Hainaut.

