France

Un ex-conseiller de Sarkozy dans le scandale Epstein : homophobie, racisme…

Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, apparaît dans des courriels échangés entre 2013 et 2018 avec Jeffrey Epstein, où le ton de certains textes relève du racisme, de l’homophobie et du sexisme. Le 13 octobre 2013, Olivier Colom a déconseillé à Epstein une promenade dans le Marais à Paris en disant : « Il y a trop de gays là-bas ».


Les révélations concernant le criminel sexuel Jeffrey Epstein continuent de toucher de nombreuses personnalités dans le monde. En France, des milliers de pages de documents judiciaires américains impliquent plusieurs figures publiques, dont un ancien conseiller à l’Élysée.

Olivier Colom, qui a été conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012 et cadre dirigeant du groupe Edmond de Rothschild, apparaît dans des emails échangés entre 2013 et 2018 avec Epstein. Certains de ces messages sont teintés de racisme, d’homophobie et de sexisme. L’ancien conseiller de 56 ans n’a pas encore réagi à ces révélations.

Dans cette correspondance, Olivier Colom utilise son réseau diplomatique au profit d’Epstein. L’un des passages les plus sensibles concerne Bruno Le Maire. Le 9 septembre 2013, Colom sollicite Epstein pour préparer la visite de ce responsable politique à New York. Il écrit : « Un de mes amis, Bruno Le Maire, ancien ministre de Sarkozy et futur candidat à l’élection présidentielle, sera aussi en ville. » Son objectif est clair : « j’aimerais l’aider à lever des fonds. Une idée ? »

Suite à ces révélations, l’entourage de Bruno Le Maire a affirmé qu’il n’avait jamais eu de relations avec Epstein, que ce soit avant ou après ce bref échange de septembre 2013, insistant sur le caractère « professionnel » du déplacement et déplorant l’association de son nom avec celui du milliardaire.

Olivier Colom cherche également à maintenir une diplomatie parallèle, affirmant sa loyauté envers Nicolas Sarkozy. Le 12 octobre 2013, il déclare : « Je suis toujours loyal envers les gens qui m’ont aidé. C’est pourquoi je suis resté cinq ans, jusqu’à la fin, avec Sarkozy. » Quelques jours plus tard, le 6 novembre 2013, il demande à Epstein : « Pourrais-tu organiser une rencontre discrète entre Sarko et Hillary Clinton à NY ? Si non, à qui devrions-nous demander ? »

Au-delà de l’assistance apportée, les échanges révèlent une certaine familiarité entre les deux hommes, teintée de discours racistes et sexistes. Par exemple, le 18 juin 2013, une conversation dérive vers le racisme lorsque Jeffrey Epstein compare les femmes à des « crevettes » dont on « jette la tête pour garder le corps ». Olivier Colom renchérit en exprimant ses préférences raciales : « Je suis définitivement plus porté sur le blanc que sur n’importe quelle autre couleur. » Epstein répond alors : « Je ne peux même pas imaginer l’odeur d’une crevette noire. Beurk. » Loin de prendre cela mal, Colom conclut : « Nous sommes à nouveau – d’accord. »

Cette tonalité discriminatoire est fréquente dans leur correspondance. Le 13 octobre 2013, Colom déconseille à Epstein de se promener dans le Marais à Paris en raison de la présence « trop de gays là-bas ». Quelques mois auparavant, il lui avait même conseillé d’embaucher une assistante « pas trop jolie », validant ainsi la vision qu’Epstein a des femmes.