Les Etats-Unis évoquent une « transition » après Maduro au Venezuela.
La nouvelle cheffe de mission diplomatique des Etats-Unis au Venezuela, Laura Dogu, a évoqué lundi la nécessité d’une « transition » au Venezuela, un mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine. Le ministre des Affaires étrangères Ivan Gil a affirmé en soirée que « l’installation, tant au Venezuela de la représentation diplomatique du gouvernement des Etats-Unis qui sera dirigée par Mme Laura Dogu, que de notre représentation diplomatique à Washington, se fera dans les prochains jours ».
La nouvelle cheffe de mission diplomatique des États-Unis au Venezuela, Laura Dogu, a discuté lundi, lors de sa première rencontre avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, de la nécessité d’une « transition » au Venezuela, un mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine. « J’ai rencontré Delcy Rodríguez et Jorge Rodríguez (président de l’Assemblée nationale) pour réitérer les trois phases que (le chef de la diplomatie américaine Marco) Rubio a proposées pour le Venezuela : stabilisation, reprise économique et réconciliation, et transition », a écrit sur X Mme Dogu, arrivée samedi à Caracas.
Parallèlement, Mme Rodriguez a nommé l’ancien ministre des Affaires étrangères Félix Plasencia comme chef de mission diplomatique aux États-Unis. Cette nomination marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, qui avaient été rompues en 2019 lorsque les États-Unis, sous le premier mandat du président Donald Trump, avaient contesté la première réélection à la présidence de Nicolas Maduro et choisi de reconnaître un gouvernement parallèle dirigé par l’opposant Juan Guaido.
« L’installation, tant au Venezuela de la représentation diplomatique du gouvernement des États-Unis, qui sera dirigée par Mme Laura Dogu, que de notre représentation diplomatique à Washington, se fera dans les prochains jours », a déclaré en soirée le ministre des Affaires étrangères Ivan Gil.
« Le gouvernement (vénézuélien) a souligné la nécessité de construire un agenda productif, de paix, de respect, un agenda qui s’aligne parfaitement sur les principes du droit international (…) afin que nous puissions définitivement orienter les relations entre les États-Unis et le Venezuela vers un chemin de bonheur pour les deux peuples », a poursuivi M. Gil. Il a également appelé à la levée des sanctions économiques américaines « dans le cadre de la diplomatie ».
La cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, a également utilisé le terme « transition » en évoquant une éventuelle rencontre avec Mme Rodriguez. « S’il est nécessaire d’échanger lors d’une rencontre pour définir le calendrier d’une transition, ce sera fait », a déclaré Mme Machado, selon une transcription d’une rencontre virtuelle avec des médias colombiens mise à disposition par son service de presse. Cependant, elle a qualifié le gouvernement provisoire de Mme Rodríguez de « mafia ».
Alors que Donald Trump normalise ses relations avec l’exécutif vénézuélien, suite à la capture par les États-Unis du président Maduro et de son épouse lors d’une opération militaire à Caracas, le rôle de Mme Machado dans le futur paysage politique du pays reste incertain.
Mme Rodriguez a donné des signes de bonne volonté à M. Trump avec une réforme de la loi pétrolière et l’annonce d’une amnistie générale. Toutefois, elle a nommé lundi Daniella Cabello, fille du puissant ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, au poste de ministre du Tourisme. Ce dernier est sous le coup d’une prime de 25 millions de dollars fixée par les États-Unis pour sa capture. La nomination de la fille de Diosdado Cabello reflète la puissance toujours considérable de ce dernier.
La nouvelle ministre du Tourisme a été sanctionnée par le Trésor américain en 2024, accusée d’avoir soutenu les ordres de M. Maduro visant à « réprimer la société civile ». La même année, elle avait été désignée par M. Maduro directrice de l’Agence de promotion des exportations du Venezuela et d’un organisme de promotion touristique.
Diosdado Cabello incarne l’aile radicale du chavisme, une doctrine d’inspiration socialiste fondée par le défunt président Hugo Chavez, et il est considéré comme l’un des dirigeants les plus puissants du pays.

