High-tech

Le sac analogique, nouvel it-bag des cool girls.

Le « sac analogique » est un accessoire destiné à lutter contre le scroll intempestif et l’infobésité, et il contient des activités manuelles pour se détourner des écrans. D’après le dernier baromètre du numérique, 42 % des Français estiment passer trop de temps devant leurs écrans pour un usage personnel, et un quart d’entre eux affirment y passer plus de 5 heures par jour.


Pas besoin d’être sur liste d’attente pour acquérir le it-bag de l’année 2026. Ce sac n’est ni en cuir grainé, ni associé à une princesse monégasque ou britannique, et encore moins signé par une grande maison de luxe. En réalité, son esthétique n’a rien à voir avec sa popularité. Ce n’est pas le contenant, mais le contenu qui attire sur les réseaux sociaux, où il a déjà accumulé des centaines de milliers de vues. Ironiquement, il est conçu pour lutter contre… le défilement incessant et l’infobésité.

Ce « sac analogique », ainsi nommé par Sierra Campbell, créatrice de contenu à l’origine de cette tendance, prend la forme d’un tote bag, d’un véritable sac à main ou d’un sac de sport. Peu importe son apparence, ce it-bag d’un nouveau genre renferme tout le nécessaire pour se détourner de son smartphone. « Voici ce que j’utilise pour rester loin de mon téléphone », déclare la tiktokeuse dans une vidéo.

Elle dévoile le contenu de son sac : des mots croisés, un pull à tricoter, un appareil photo instantané, une boîte d’aquarelles, un agenda… En somme, toutes sortes d’activités manuelles pour occuper le temps, que ce soit dans un café ou dans les transports en commun, où le défilement incessant est devenu la norme. « Une excellente façon de lutter contre la dépendance à la technologie et de vous redonner votre vie », conclut la jeune femme.

Certains diront qu’il n’y a rien d’extraordinaire. Pourtant, la vidéo a été maintes fois vue et partagée, suscitant clairement l’adhésion du public, en tout cas celle des socionautes. « J’adore cette idée. La technologie est censée n’être qu’un outil, et elle doit rester à sa place », commente un abonné. « Oh ! Nous avons toujours ces activités pour nos enfants, mais je n’ai jamais pensé à le faire pour moi-même », affirme une autre. Pour certains, les réflexes demeurent tenaces : « Ok ! Mais comment j’apprends à faire toutes ces activités sans mon téléphone ? », peut-on lire.

Selon le dernier baromètre du numérique*, 42 % des Français estiment passer trop de temps devant leurs écrans pour un usage personnel, et un quart de la population admet y passer même plus de 5 heures par jour. Autant de temps considérable, qui n’est pas consacré à des loisirs plus créatifs ou constructifs, comme le déplore Sierra Campbell dans ses nombreuses vidéos dédiées aux « sacs analogiques ». Cela n’a rien d’étonnant, sachant que le smartphone permet d’avoir tout à portée de main, sans se poser de questions.

« L’idée que l’on puisse simplement s’asseoir en position du lotus et entrer dans un état de béatitude méditative est totalement irréaliste pour la grande majorité d’entre nous », explique le journaliste David Sax, auteur du livre *The Revenge of Analog: Real Things and Why They Matter*, dans *The Guardian*. Il défend l’idée de remplacer cette habitude par une autre, comme le fait Sierra Campbell avec ses « sacs analogiques ». « Nos téléphones contiennent tout ce dont nous pouvons rêver, donc nous avons besoin d’une alternative pour combler ce vide », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, la créatrice de contenu, à l’instar de nombreux autres utilisateurs, partage régulièrement des activités à intégrer dans son sac pour se détacher des technologies. À priori, un simple livre peut aisément remplacer le temps passé sur les écrans – il n’est donc pas nécessaire de défiler sans cesse sur son compte pour découvrir de nouvelles activités.

*Le baromètre a été réalisé par le CREDOC, auprès d’un échantillon représentatif de 4.066 personnes de 12 ans et plus, interrogées par téléphone et en ligne.