Reprise des pourparlers Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi pour la paix en Ukraine
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il souhaitait que Vladimir Poutine « mette fin à la guerre ». L’Ukraine traverse cet hiver la pire crise énergétique depuis le début de la guerre, après que les frappes russes ont dévasté le réseau électrique et l’approvisionnement en chauffage et en eau.
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il souhaitait que Vladimir Poutine « mette fin à la guerre », en réponse aux bombardements qui ont touché Kiev après quelques jours de calme grâce à son intervention.
Cette offensive russe, impliquant des centaines de drones et de missiles, a causé de nouvelles interruptions de chauffage et d’électricité dans la capitale et dans plusieurs grandes villes d’Ukraine, alors que les températures nocturnes plongent à -20°C.
« Chaque frappe russe de ce type confirme que l’attitude de Moscou n’a pas changé : ils continuent de miser sur la guerre et la destruction de l’Ukraine, et ils ne prennent pas la diplomatie au sérieux », a dénoncé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Il a assuré que « le travail de l’équipe de négociation (ukrainienne) sera adapté en conséquence », sans fournir de détails supplémentaires.
Les représentants russes, ukrainiens et américains s’étaient déjà réunis aux Émirats arabes unis à la fin de janvier pour discuter du plan proposé par Washington pour mettre fin au conflit.
Déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, cette guerre est devenue le plus grave conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, entraînant des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de morts, ainsi que des millions de réfugiés.
Le principal point de tension demeure la question des territoires : Moscou exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk.
L’Ukraine refuse cette demande, mais craint que Washington ne soutienne la position russe, comme cela a déjà été le cas par le passé.
**Négociateur russe sous sanction**
Ce territoire industriel et minier de l’est de l’Ukraine, revendiqué par Moscou, est devenu le cœur des combats et abrite les plus puissantes défenses ukrainiennes face aux assauts russes.
Kiev milite pour un cessez-le-feu sur la ligne de démarcation actuelle et un gel du front.
Un nouveau cycle de pourparlers est prévu mercredi et jeudi, après un report dû à ce que le Kremlin a qualifié de problèmes de calendrier entre les trois équipes de négociateurs.
La délégation ukrainienne est dirigée par le chef du Conseil de sécurité nationale et ancien ministre de la Défense, Roustem Oumerov, reconnu pour ses talents de diplomate.
Elle comprend également le nouveau chef de l’administration présidentielle, Kyrylo Boudanov, ancien chef du renseignement militaire ukrainien, dont la présence, selon des médias ukrainiens, a permis d’améliorer l’efficacité des discussions.
Le principal négociateur russe est Igor Kostioukov, chef du renseignement militaire et officier de marine de carrière, sanctionné par les pays occidentaux en raison de son rôle dans l’invasion de l’Ukraine.
Lors des précédentes négociations, l’équipe américaine était menée par l’émissaire spécial Steve Witkoff, et cela devrait être à nouveau le cas.
La Russie, qui contrôle près de 20 % du territoire ukrainien, a menacé d’atteindre ses objectifs par la force si la diplomatie échoue.
Volodymyr Zelensky a aussi déclaré que Kiev se tenait prêt à poursuivre les combats.
**Mise en scène**
L’Ukraine fait face cet hiver à la pire crise énergétique depuis le début de la guerre, due aux frappes russes ayant dévasté le réseau électrique et l’approvisionnement en chauffage et en eau.
Après une brève accalmie obtenue grâce à une demande du président américain Donald Trump adressée à Vladimir Poutine, l’armée russe a repris mardi ses opérations massives sur l’Ukraine.
Cette offensive a gravement endommagé des centrales, laissant des centaines de milliers de personnes dans le froid, une situation sans précédent depuis le début du conflit.
Sur le front, les forces russes ont intensifié leurs avancées en janvier, s’emparant de près de deux fois plus de territoire que le mois précédent, selon une analyse de l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) américain.
À ce rythme, il faudrait aux forces russes 18 mois supplémentaires pour conquérir complètement le Donbass, à l’est de l’Ukraine, d’après les calculs de l’AFP.
Dans un contexte de fatigue des forces engagées, d’épuisement et de difficultés de recrutement dans l’armée ukrainienne, ce rythme d’avancée pourrait toutefois augmenter dans les mois à venir.
Malgré les efforts diplomatiques, les Ukrainiens interrogés par l’AFP doutent de la possibilité d’un accord avec Moscou.
« Je pense que tout cela n’est qu’une mise en scène pour le public », a déclaré Petro, un habitant de Kiev. « Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur. »

