Agression d’une professeure dans le Var : « Effroi » et « acte isolé »
Une professeure d’arts plastiques a été poignardée mardi après-midi à 14 heures dans sa classe d’un collège de Sanary-sur-Mer, dans le Var, par un élève de 14 ans qui a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Âgée de 60 ans, la victime avait un pronostic vital engagé en début de soirée mardi, mais le ministre de l’Éducation nationale a précisé qu’elle était dans un état stable plus tard dans la soirée.

Suite à une nouvelle agression d’une grande violence, les enseignants se trouvent une fois de plus « sous le choc ». Mardi après-midi, une professeure d’arts plastiques a été poignardée dans sa classe au collège de Sanary-sur-Mer, situé dans le Var. Cet acte de violence a suscité « un vif émoi » au sein de la communauté éducative, et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, s’est rendu sur le site du collège La Guicharde.
Ces derniers mois, plusieurs agressions à l’arme blanche ont secoué les membres du personnel éducatif : en septembre, une enseignante avait été attaquée dans un collège de Benfeld (Bas-Rhin). À Antibes, un ancien élève avait blessé au couteau un camarade et une professeure dans un lycée horticole. En juin, une surveillante avait été tuée à Nogent (Haute-Marne) par un adolescent de 14 ans lors d’une fouille de sac par des policiers. En avril, un lycéen a tué une adolescente de 15 ans à Nantes. De nombreux professeurs évoquent encore Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie décapité en octobre 2020 par un individu radicalisé. Actuellement, le procès en appel est en cours à Paris. 20 Minutes fait donc le point sur cette nouvelle agression violente contre une professeure.
Quels sont les faits ?
L’agression a eu lieu autour de 14 heures mardi à Sanary-sur-Mer, une station balnéaire en bord de Méditerranée. La professeure a été blessée par trois coups de couteau au niveau de l’abdomen et un à l’avant-bras, portés par un élève de 14 ans. Ce dernier a ensuite été « appréhendé dans la cour de récréation par un membre du personnel de l’établissement » et placé en garde à vue pour tentative d’assassinat, a indiqué le procureur de Toulon, Raphaël Balland, dans un communiqué.
« Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade » et « nous savons seulement qu’il y avait eu des tensions récemment avec cette professeure », a précisé Raphaël Balland lors d’un point de presse dans l’après-midi.
Quel est l’état de santé de la professeure ?
La victime, âgée de 60 ans, avait, selon le parquet, un pronostic vital engagé en début de soirée mardi. Plus tard, le ministre de l’Éducation nationale a informé qu’elle était sortie du bloc opératoire de l’hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon : « Il faut rester très prudent, mais elle est ce soir dans un état stable ».
Où en est l’enquête ?
L’enquête se poursuit et se penche désormais sur le profil de l’élève, dont le ministre a indiqué qu’il avait une « situation familiale compliquée ». Selon le procureur, « un signalement avait été effectué en mars » par le collège en raison « de suspicions de violences parentales » sur sa jeune sœur. En septembre, un juge des enfants « avait ordonné […] une mesure d’assistance éducative » pour les deux enfants.
Salvant « l’extraordinaire sang-froid » des équipes, le ministre a également souligné que l’« on est face à un acte isolé dans un établissement généralement perçu comme exemplaire en termes de climat scolaire ».
Quelles mesures ont été prises dans cette école à la suite de l’agression ?
Ce mercredi matin, les cours seront suspendus, mais un accueil sera organisé avec une cellule psychologique pour les adultes et une autre pour les enfants. Les enseignements devraient reprendre jeudi avec le maintien des dispositifs d’aide.
Quelles ont été les réactions ?
« Nous soutenons totalement l’enseignante, sa famille, ses proches, ses collègues », a affirmé Habiba Hamames, présidente de la FCPE (parents d’élèves) du Var. Selon ses informations, « l’agression a eu lieu au moment de la remise des copies, et les élèves ont vu l’enseignante souffrir ».
« Comment éviter ce genre de drame ? Il est crucial de déployer davantage de moyens humains, notamment pour le contrôle des sacs. Cet établissement est situé dans une petite ville… nous ne sommes pas à l’abri d’un tel acte dans n’importe quel établissement », s’est indigné Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Au-delà de « l’effroi », « il existe également une forme de ras-le-bol, car il y a une série d’agressions visant des personnels qui ne font que leur métier et qui se trouvent agressés », a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat, principal représentant des collèges et lycées. Pour elle, au-delà des « réponses uniquement sécuritaires », il est nécessaire d’avoir « une politique éducative ambitieuse ».
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« Ce que révèle le drame de ce soir et d’autres précédents est qu’il y a également un enjeu social et sociétal : nous devons collectivement aboutir à une forme de désescalade de la violence », a estimé le ministre de l’Éducation nationale. Édouard Geffray a par ailleurs rappelé qu’entre mars et décembre, 12.000 contrôles effectués aux abords des établissements ont permis de découvrir 525 armes blanches. Cependant, il a admis que « l’interception du couteau ne permet pas d’intercepter le criminel ».

