États-Unis : le Congrès américain met fin à la paralysie budgétaire
La promulgation attendue par Donald Trump permettra de conclure officiellement le « shutdown » qui sévit depuis samedi sur fond de dissensions entre républicains et démocrates concernant le financement de la police de l’immigration (ICE). Les démocrates s’indignent de la mort fin janvier d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations à Minneapolis.
La promulgation attendue par Donald Trump mettra fin officiellement à ce « shutdown » qui dure depuis samedi, conséquence de désaccords entre les républicains, majoritaires, et les démocrates concernant le financement de la police de l’immigration (ICE), suite à des événements récents à Minneapolis.
Le texte a été adopté de justesse, malgré le refus de 21 républicains de renégocier le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), exigence des démocrates. Vingt-et-un démocrates ont cependant voté en faveur, compensant ainsi les voix des réfractaires républicains. Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, a consacré une grande partie des deux derniers jours à négocier avec les élus réticents de son parti.
Pour les convaincre, il a pu s’appuyer sur un soutien de poids, avec le message de Donald Trump destiné aux parlementaires lundi. « Nous devons rouvrir le gouvernement et j’espère que tous les républicains et les démocrates se joindront à moi pour soutenir cette loi », a déclaré le président. Il avait aussi exprimé son souhait d’une promulgation « sans délai » pour mettre un terme à ce « shutdown », qui découle des récents événements à Minneapolis.
Les démocrates s’indignent de la mort d’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, tué par balle par des agents fédéraux lors de manifestations contre la présence de l’ICE dans cette ville du nord des États-Unis. Ce décès est survenu moins de trois semaines après celui de Renee Good, également abattue par des agents fédéraux à Minneapolis. Depuis lors, les démocrates ont affirmé leur refus de voter tout budget pour le DHS tant que d’importantes réformes de l’ICE ne sont pas mises en place. Ils demandent notamment l’utilisation systématique de caméras portables pour les agents, l’interdiction de porter des cagoules et qu’un mandat judiciaire soit exigé avant toute arrestation.
Le texte adopté mardi approuve cinq des six volets budgétaires, tandis que la partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations dans les deux semaines à venir. En cas d’échec des négociations, le DHS pourrait se retrouver en situation de paralysie budgétaire. Il disposerait toutefois, pour fonctionner, de plusieurs milliards de dollars déjà approuvés l’année dernière par le Congrès dans un texte séparé. Entre octobre et novembre derniers, les États-Unis avaient connu le plus long « shutdown » de leur histoire, durant 43 jours, période pendant laquelle républicains et démocrates s’étaient affrontés sur la question de subventions pour l’assurance santé de millions d’Américains.

