Vapotage : La cigarette électronique a des effets négatifs, même sans nicotine.
Plus de trois millions de personnes vapotent, selon le Baromètre de Santé publique France de 2024. L’Anses a identifié « des effets sanitaires possibles à moyen et long termes » pour les vapoteurs, y compris en l’absence de nicotine dans les produits.
L’utilisation de la cigarette électronique continue de croître. Plus de trois millions de personnes vapotent, d’après le Baromètre de Santé publique France de 2024. Parmi elles, on trouve de nombreux anciens fumeurs ou des individus tentant d’arrêter, mais également des jeunes qui n’ont jamais fumé. Toutefois, cette pratique n’est pas sans conséquences et soulève des interrogations sur la santé, selon une étude publiée ce mercredi par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Voici un résumé fourni par 20 Minutes.
### Quels sont les risques identifiés ?
L’Anses a relevé « des effets sanitaires possibles à moyen et long termes » pour les vapoteurs, même en l’absence de nicotine dans les produits. Lorsqu’ils contiennent de la nicotine, des effets cardiovasculaires sont mis en avant, tels qu’une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, ainsi qu’un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins. À long terme, l’organisme s’inquiète de la possibilité d’infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou de maladies coronariennes. Des symptômes comme la toux, des sifflements, une irritation pulmonaire, et une association potentielle avec la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) peuvent également se manifester.
Même sans nicotine, le vapotage peut affecter les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et contribuer à la cancérogenèse (le processus de développement d’un cancer). De plus, pour les femmes enceintes, il existe des risques en ce qui concerne le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus, que la mère vapote avec ou sans nicotine.
### Comment expliquer ces risques ?
Ces risques découlent de l’inhalation répétée de substances toxiques présentes dans le liquide ou formées lors du vapotage. Plusieurs aldéhydes, qui sont des molécules de synthèse reconnues pour leur toxicité, notamment cancérogène, demeurent dans les émissions des produits de vapotage. L’évaluation effectuée par l’Anses révèle que l’inhalation de ces substances comporte un risque pour la santé.
### Que faire alors ?
L’Anses recommande de ne pas encourager toute action qui inciterait les non-fumeurs et les jeunes à vapoter. « La consommation par les adolescents est largement motivée par un effet de mode et l’attrait pour certains produits de vapotage au goût fruité », précise-t-elle, ajoutant qu’il est crucial d’« éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique ». Selon l’agence, il est urgent de faire respecter l’interdiction de vente de ces produits aux mineurs et de stopper leur publicité.
Quant aux fumeurs, l’Anses estime que le vapotage ne doit être considéré que comme « une option transitoire pour les personnes ayant des difficultés à arrêter de fumer ». L’agence précise que son utilisation doit s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique, accompagnée des dispositifs de soutien existants.

