Belgique

Le Royaume-Uni prévient : le déclin de la nature menace la sécurité nationale.

Le Royaume-Uni importe 40% de ses denrées alimentaires, dont un quart provient d’Europe. Le rapport indique que « la nature est un pilier de la sécurité nationale », car la perte de biodiversité a des conséquences globales sur l’approvisionnement en eau, en nourriture, en air pur et en ressources essentielles.


Avec un niveau de confiance jugé « élevé », ce rapport met en exergue que la détérioration des écosystèmes et leur effondrement menacent la sécurité nationale ainsi que la prospérité du Royaume-Uni. « Sans intervention majeure pour inverser la tendance actuelle, il est très probable que cela se poursuive jusqu’en 2050 et au-delà », précise ce document, qui met en lumière l’impact de cette situation sur l’approvisionnement du pays en ressources alimentaires.

« Sans une augmentation significative de la résilience du système alimentaire et de la chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni, il est peu probable que le pays soit en mesure de maintenir sa sécurité alimentaire si l’effondrement des écosystèmes entraîne une concurrence géopolitique pour l’accès à la nourriture », souligne le rapport.

Ce dernier insiste également sur le fait que « tous les pays sont exposés aux risques d’effondrement des écosystèmes », dépassant les frontières.

### Des conséquences systémiques

La perte de biodiversité constitue une menace à l’échelle mondiale, notent les auteurs de ce rapport, qui inclurait des membres des services de sécurité (MI5 et MI6) selon la BBC, ayant contribué aux services gouvernementaux.

« La nature est un pilier de la sécurité nationale », stipule le rapport, car la perte de biodiversité a des répercussions sur l’approvisionnement en eau, en nourriture, en air pur et en ressources essentielles.

Des récoltes insuffisantes, des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et intenses, une montée des épidémies et des conflits viennent aggraver l’instabilité politique ainsi que l’érosion de la prospérité économique mondiale. Le manque de ressources naturelles ne fera qu’intensifier les conflits entre différents acteurs, qu’ils soient étatiques ou non, menaçant ainsi la sécurité et la prospérité à l’échelle mondiale. Ces risques systémiques, déjà signalés par les scientifiques depuis longtemps, sont cette fois formulés par des instances gouvernementales au Royaume-Uni.

### La dépendance alimentaire

Le rapport indique que le Royaume-Uni importe 40% de ses denrées alimentaires, dont un quart provient d’Europe. Le pays « n’est actuellement pas en mesure d’assurer son autosuffisance alimentaire », étant fortement tributaire des importations de fruits frais, de légumes et de sucre. En ce qui concerne l’élevage, il dépend également des importations de soja d’Amérique du Sud. Il n’y a pas suffisamment d’engrais produits localement pour améliorer les rendements.

Marc Dufrêne, enseignant en écologie à la Faculté de Gembloux Agro-Bio Tech de l’ULiège, explique que « ce qui est surprenant, c’est le fait que ce soit acté comme un enjeu national, au même titre que le terrorisme. C’est une traduction claire de l’enjeu que représente la biodiversité à l’échelle mondiale, en précisant que cela risque d’impacter non seulement l’État, mais les citoyens anglais, et donc également les citoyens européens. Il n’y a pas de raison que le Royaume-Uni soit plus vulnérable que le reste de l’Europe ou que tous les citoyens du monde. On est tous concernés par ces enjeux liés à l’extinction de la biodiversité et à l’effondrement des écosystèmes. »

Selon le quotidien britannique The Guardian et son chroniqueur George Monbiot, cette évaluation concernant la sécurité nationale face à la perte de biodiversité et à l’effondrement des écosystèmes aurait dû être publiée bien plus tôt, en octobre 2025, mais « ses conclusions étaient jugées ‘trop négatives' », rapporte-t-il dans sa chronique. Il cite également le Times, lequel a rapporté que le document, finalement publié suite à une demande d’accès à l’information initiée par le groupe de réflexion écologique britannique Green Alliance, avait été considérablement « tronqué » en omettant les conclusions les plus alarmantes.